LIVRE V. CHAPITRE III
En cas de réescompte des effets ou de remise en recouvrement, on peut ajouter une colonne indiquant cette espèce de sorties. Mais dès qu’on remet du papier à long terme, on n’a plus aucun moyen commode de constater qu'on est libre des risques de l’endossement.
Cette comptabilité , suivie à jour, tient le banquier au courant, sur simple inspection , de l’état réel de ses affaires avec l’ayant compte , parce qu’elle met constamment le solde en évidence et indique d’un coup d’œil le montant des engagements escomptés ou passés en crédit au compte courant et non encore échus.
Mais ce livre n’appartient point à la comptabilité proprement dite; c’est plutôt un livre de renseignements. On peut en dire autant du Livre de Risques, où on inscrit, effet par effet, le montant des endossements consentis par la maison.
On peut ranger dans la même catégorie le Livre d'échéances qui n’est qu’un livre d’ordre. Tous les jours de l’année, dimanches et fêtes exceptés, y sont inscrits en tète des pages, à des intervalles plus ou moins éloignés, suivant l’importance présumée des échéances. On donnera, par exemple, plus de pages aux 5, 10, 15, 20, 25 et fins de mois qu’aux jours ordinaires, plus de pages à tel mois qu'à tel autre. En somme, ce livre est une sorte d’agenda réglé par trois colonnes de francs et centimes à droite de la page. On y inscrit d’abord, le jour même de l’entrée, le numéro de l’effet, le nom du cédant, du souscripteur ou de l’accepteur, et le montant de la somme y exprimée. Puis, au jour de l’échéance, si l’effet est payé, on en rapporte le montant dans la seconde colonne; et s’il n'est pas payé, dans la troisième. L’effet impayé est retourné le jour même du protêt ou de la présentation, s’il est sans frais, au cédant qui en doit rembourser le montant ou reprendre l’effet et en donner récépissé, s’il a un compte créditeur. Dans le premier cas, il n’y a pas lieu de passer de nouvelles écritures ailleurs que sur le livret de service de caisse; dans le second, l’effet et les frais, s’il y en a, sont passés au débit du compte du cédant. Si l’effet reste à la banque, il passe sur un livre spécial d’effets en souffrance ou au remboursement.
Le Livre d’effets à payer est un journal sur lequel on inscrit, à la date de leur échéance, les billets souscrits par la maison le jour même de leur création, les lettres acceptées le jour de l’ac-
ceptation. On n'est pas dans l’usage d’y inscrire les avis de correspondants qui, en effet, n’engagent pas la maison d’une manière formelle. Us sont inscrits sommairement par sommes, avec les effets à payer proprement dits, sur un livre d’échéances réglé comme le livre d’échéances actives.
Par une exception remarquable, le livre d’effets à payer est tenu à l’inverse des autres; le crédit est inscrit à gauche et le débit à droite, parce que ce livre est effectivement la reproduction de ceux des porteurs d’engagements de la maison dont le crédit constitue le débit de la maison et réciproquement.
Enfin l’on sépare ordinairement le compte Profits et Pertes en frais généraux de commerce et agios actifs ou passifs, changes et commissions. I)e là deux livres spéciaux, sur le premier desquels sont portés les appointements des employés, les réparations ou le loyer, les frais de bureau, d’entretien du mobilier, etc. Sur le second viennent se placer les escomptes, commissions et changes perçus ou payés par la maison.
On comprend qu’il est facile de subdiviser en un très-grand nombre de livres, selon les matières et les besoins du service, tous les livres que nous avons énumérés, l/î journal d’effets à recevoir peut être scindé, par exemple, par la distinction des effets sur place et des effets sur le dehors ou l’étranger, des effets sur nantissement de marchandises ou sur dépôt de titres, soit.de rentes, d’actions ou autres valeurs.
En réduisant les livres auxiliaires à leur expression la plus simple, on trouve quatre journaux, correspondant aux quatre grands comptes généraux : Caisse, Effets à Recevoir ou portefeuille, Effets à Payer et Profits et Pertes. Ces livres sont plus ou moins divisés, selon que la maison passe un nombre d’articles plus ou moins considérable; mais ces subdivisions ne changent [joint le caractère de ces livres et n’altèrent en rien l’exactitu le de la comptabilité.
Le livre d’entrée des effets ou des numéros, celui de sortie, les deux livres d’échéances actives ou passives, le livre des risques ne sont que des livres d’ordre ou de renseignements généraux. Le livre d’entrée se subdivise, pour la facilité du travail, par ordre alphabétique. Ainsi on inscrit sur un même volume les effets sur lesquels le nom du cédant commence par les lettres