‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 271 sur 328 · LIVRE V. CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAPITRE III

et dont les opérations sont rares et lentes peuvent seules se soustraire à la nécessité de tenir à jour leurs écritures; encore, pour ces maisons mêmes, la négligence a des inconvénients graves et plus d’une fois elle a été chèrement expiée. Dans une maison vigilante, chaque matin, tous les articles inscrits la veille au journal sont collationnés par le chef de comptabilité ou sous sa direction avec les divers livres auxquels ils se rapportent; le chef de comptabilité vérifie aussi l’inventaire de caisse, etc.

La journée commence par le dépouillement de la correspondance qui apporte des billets de banque, des remises, des avis : il faut que tous ces articles soient passés avant l’heure où le public fréquente les bureaux. Puis vient le public dont les communications remplissent la main-courante de caisse, le livre d’entrée, d’effets à recevoir, etc. Le soir, lorsque les bureaux sont fermés, il faut classer et résumer au journal, pointer et vérifier les mains-courantes. Le travail de la comptabilité est rude en banque; il absorbe forcément toute la journée.

La manière d’établir des relations avec le public peut abréger beaucoup le travail de la comptabilité ou, tout au moins, l’accélérer et le simplifier. Autrefois, par exemple, et cet usage dure encore dans quelques départements, on portait au livre des comptes courants les remises des correspondants du dehors et des ayants compte en général, effet par effet, et on les détaillait au livre des comptes courants, sur lequel on n’établissait les intérêts et les changes qu’au momeni de relever les comptes. De là un travail extraordinaire et considérable à certaines époques de l’année et des chances d’erreur nombreuses. On obvie aujourd’hui à ces inconvénients en faisant le travail presque jour par jour, et en le communiquant à mesure à l’intéressé.

Un bordereau est présenté. Aussitôt le comptable examine les effets qui le composent, constate qu’ils sont en forme et acceptables, et fait le décompte des intérêts, commission et change. Puis, selon les conventions, on crédite l’ayant compte du montant du bordereau et on le débite de l’agio, ou bien on le crédite du net produit seulement, comme 3’il avait versé la somme en espèces. Le compte des négociations, écrit sommairement sur le bordereau même, lequel est établi sur une feuille fournie et réglée à l’avance par le banquier , est transmis à l’ayant compte qui

peut le vérifier. Au livre des comptes courants, e comptable de la banque n'a plus que le net à inscrire.

l^a Banque de France, le Comptoir national et quelques maisons importantes donnent un livret à leurs ayants compte. Mais il semble que les commerçants, soit négligence ou esprit de routine, répugnent à s’en servir et préfèrent des feuilles volantes. Il y aurait cependant avantage pour le négociant à avoir toujours sous sa main un état détaillé de son compte courant en capital. Quant aux intérêts, ils sont calculés bien plus facilement et plus vite, lorsqu’on débarrassse le compte du détail des remises et que tous les effets sont passés valeur au jour de la négociation. Cette manière de compter appliquée aux comptes de banquier à banquier abrège très-utilement les longues écritures des comptes courants.

Dans les villes où la Banque de France n’a pas de succursale, il faut encore tenir une petite comptabilité des recouvrements sur place. Il est vrai que cette comptabilité établie seulement sur des livrets, ne rentre pas dans les écritures générales. A Paris et dans les villes où la Banque de France a des succursales, les banquiers préfèrent avec raison avoir la majeure partie de leur caisse en compte courant à la Banque et charger cet établissement de tous leurs encaissements : la Banque fait ce service gratis. En ce cas, les effets à recouvrer ou, comme on les appelle, les effets au comptant, sont remis à la Banque quelques jours avant l’échéance, inscrits, valeur au lendemain de l’échéance, au compte courant et passés par caisse chez le banquier. Le montant des effets impayés doit être remboursé à la Banque, bien qu'elle ne l’ait pas avancé, parce que le compte courant du banquier en a été crédité chez elle.

Les effets remis en recouvrement par des particuliers sans compte ouvert au préalable, forment une branche peu importante et considérée en quelque sorte comme fortuite dans les affaires du banquier. Ils sont l’objet d’un livret auxiliaire où est inscrit le nom du déposant : les écritures de ce livre indiquent le numéro de l’effet, le montant de la somme y exprimée et l’époque où, en raison de l’échéance, le paiement doit être effectué. On demande au déposant inconnu la consignation préalable du montant des frais éventuels du protêt, et on a soin, en adressant l’ef*

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