‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 272 sur 328 · LIVRE V. CHAPITRE Ul · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAPITRE Ul

fet au correspondant qui doit le recouvrer, d'y joindre une note pour lui demander avis de recouvrement : il sait que l’effet doit être retourné aussitôt, s’il n’est acquitté; et s’il est acquitté, que le banquier cédant doit en être avisé sur-le-champ.

La comptabilité de la banque du commerce est plus difficile et plus compliquée que celle de la haute banque. Dans les maisons qui ont pour affaire principale les achats de titres, rentes, actions, obligations, etc., l’établissement de la comptabilité est très-simple, et on peut, à la rigueur lui appliquer sans modification celle du commerce , car un titre de rente ou d’action n’est pas autre chose qu'une véritable marchandise.

Si le lecteur éprouvait le besoin d’obtenir des renseignements plus spéciaux et plus détaillés sur l’organisation de la comptabilité d’une maison d’importance moyenne, il les trouverait sans peine dans quelques opuscules courts et substantiels, publiés par M. Husson, gérant de la maison de banque Husson et Cu, de Nancy. Ces opuscules contiennent les principes généraux et le détail de la comptabilité de cette maison, bien tenue, dirigée avec une connaissance profonde des principes de l’art du banquier, et dans laquelle quinze employés suffisent à suivre un mouvement d’affaires où les détails abondent. Le trait le plus original de cette comptabilité est l’introduction d’un Journal-Grand-Livre , dans lequel les articles viennent se classer à la fois par ordre de temps et par ordre de matières. Ce livre , plus large que les Grandslivres ordinaires, est réglé sur la moitié de la page de gauche comme un journal ordinaire, et en effet, toutes les opérations sont inscrites à la colonne de l’extrémité de cette demi-page, dont l’addition donne le total des affaires faites. La seconde moitié de la première page et la seconde sont réglées par dix doubles colonnes verticales , sur lesquelles on inscrit, tant au débit qu’au crédit, chaque article sous un des chefs suivants : 1° Comptes courants ; 2° Caisse; 3° Portefeuille; 4° Bons de caisse '; 5° Mandats; 6° Débiteurs et Créanciers divers; 7° Agios; 8° Frais généraux; 9° Comptes de fonds; 10° Éventualités. A la fin de la page, la

1 La maison Husson et O émet des bons de caisse payables A 45 et à 15 jours de vue, portant intérêt à des conditions déterminées : elle donne un emploi productif aux fonds que ces émissions lui procurent par des opérations

de première classe.

somme qui ressort de l’addition de chacune des dix doubles colonnes, doit être égale à celle qui ressort de l’addition des deux premières colonnes. On a ainsi , à la fin de chaque page , un premier contrôle, exactement comme dans les livres de caisse anglais dont nous avons indiqué la réglure. Les articles Comptes courants et Frais généraux se subdivisent ensuite sur un livre , que M. Husson appelle le «petit Grand-Livre. »

L’emploi du Journal-Grand-Livre convient à merveille dans les petites maisons et dans les moyennes , dans toutes celles en un mot dont un seul employé peut tenir le journal. Dans les maisons où le journal se subdivise , il suffit d’additionner chaque jour le résultat des opérations sur chaque journal spécial, pour avoir le même contrôle partiel et provisoire que par l’emploi du Journal-Grand-Livre.

On peut trouver aussi dans les opuscules de M. Husson d’excellents préceptes sur le réglement de la journée , la distribution du travail entre les employés et sur les détails de l’inventaire d’une maison de banque.

Nous ajoutons en terminant ce chapitre un exposé complet et dé^ taillé de l’organisation d’une grande maison de banque destinée à faire des opérations de toute sorte, telle que cette organisation a été établie par un homme expérimenté sur la place de Paris , et d’une capacité éprouvée et reconnue. Cet exposé d’une organisation, que chacun peut réduire et modifier à son gré, présenté une collection de renseignements utiles pour les praticiens.

Bureau de la correspondance et secrétariat. — tin chef, employés , chargés :

t» De la correspondance relative aux propositions diverses, pour opération* et ouvertures de comptes de toutes natures ; de faire connaître et de débattre, sur les indications du gérant, les conditions de la maison, la nature et l'importance des crédits et avances, soit sur garanties mobilières, soit sur garantie* immobilières, et sur effets présentés à l’escompte : le tout sur les renseignements et tarifs fournis par le bureau des renseignements, celui du contentieux, le chef du portefeuille et celui de l’escompte; 2° de la correspondance avec les actionnaires et de celle à laquelle donnera lieu la suite des opérations, des relations, des comptes et de leur développement; 3° de la tenue et du classement des lettres copiées par la presse mécanique ; 4° du classement des lettres reçues et répondues; 5" de la tenue du livre des adresses de tous les clients et correspondants de Paris, des départements et de l’étranger; 6“ de l’expédition de toutes lettres circulaires.

Nota. — Le chef de correspondance sera appelé à l’ouverture des lettre*

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