‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 29 sur 328 · DF. I.A RÉALISATION · texte numérisé non relu

DF. I.A RÉALISATION

en monnaie pour leur donner l’aptitude générale. Voici les faits sur lesquels s’établit cette loi :

11 y a des marchandises destinées à une consommation trèsprochaine et nécessaire, comme les comestibles préparés, les épiceries, etc. 11 y en a d’autres dont la consommation est moins prochaine, plus lente, plus facultative, ce sont les habits confectionnés, les tissus, et parmi les marchandises de ce genre, tout ce qu'on appelle objets de luxe; enfin il y a des capitaux destinés à une consommation très-lente, ou même à ne pas être consommés du tout, comme les fonds de terre, les maisons, les machines, etc.

Qu’un événement soudain vienne à réduire la somme totale ou seulement une classe importante des capitaux, on s’attaque aux disponibles pour combler le vide, et le prix de ceux-ci s’élevant, tous les capitaux dont l'aptitude est spéciale cherchent à en prendre la forme, à se réaliser, l^es comestibles , et en général les marchandises d’une consommation courante et nécessaire, n’éprouvent pas ordinairement de dépréciation sensible, parce que, l’acheteur n’étant pas libre d’attendre, il suffit que les approvisionnements se ralentissent un seul instant pour que leur prix se maintienne en équilibre avec celui des capitaux disponibles. Celui qui, dans le commerce des marchandises de cette espèce, a des réalisations à faire, les opère facilement, sans altération du prix courant, sans dérogation aux habitudes ; il lui suffit ensuite de ne pas racheter ou d’acheter moins.

Les marchandises d’une consommation plus lente et plus facultative, comme les vêtements et les tissus, sont plus affectées par le prix des disponibles, parce que leur réalisation est ordinairement plus lente, et que leur consommation peut, sans inconvénient grave, sans suspension de la vie sociale, rester quelque temps interrompue. Toutefois, l’interruption ne pouvant être ni longue, ni complète, et la production de ces marchandises étant facultative , leur réalisation plus difficile que celle des comestibles, n’est cependant ni très-lente, ni très-onéreuse, dans les temps où le prix des disponibles est élevé.

Il en est autrement des immeubles , et en général des capitaux sous une forme telle qu’ils ne sont pas destinés à la consommation proprement dite, mais seulement à l’usage. Ceux-ci offrent un placement purement facultatif, avec une aptitude spé-

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