LIVRE VI. CHAPITRE Ul
écriture de chaque effet séparé , valeur à son échéance , de telle sorte que la tenue de ces comptes prend encore , chez la plupart des banquiers, un temps considérable.
Il ne peut en être autrement lorsqu’on reporte au livre des comptes courants tout le détail des traites et des remises, qu’au lieu d’inscrire le net produit de chaque bordereau, on recommence à établir effet par effet tout le détail du compte et que les opérations faites et inscrites jour par jour ne deviennent définitives que le jour où le compte est arrêté.
Quoi qu’il en soit, l’arithmétique est toujours la même. Pour établir un compte courant du 1" juillet au 31 décembre , par exemple, on peut faire au crédit et au débit le décompte de l’intérêt produit par chaque somme du jour de l’échéance au 31 décembre, additionner ensuite les comptes partiels, balancer la somme de ceux du débit avec la somme de eeux du crédit, ajouter la différence aux capitaux de celui auquel elle appartient et balancer le tout.
En effet, l’intérêt d’une somme versée, valeur au 1er novembre, a bien couru, au profit de celui qui l’a versée, jusqu’au 31 décembre, et ainsi des autres sommes. Le compte des intérêts réciproques se solde nécessairement par la différence des intérêts courus au débit et des intérêts courus au crédit. Cette différence est le seul chiffre qu’il importe de connaître , puisqu’elle est l’objet même du compte.
Pour abréger le calcul, au Heu de rechercher et d’inscrire successivement au crédit et au débit l’intérêt de chaque somme entrée en compte, on recherche seulement le nombre, c’est-à-dire le produit de chaque somme multipliée par le nombre des jours pendant lesquels l’intérêt a couru : en d’autres termes, la somme dont l’intérêt pendant un jour serait égal à l’intérêt cherché. On inscrit successivement chacun des nombre s obtenus dans une colonne spéciale.
Le jour où l’on règle le compte, soit le 31 décembre, l’addition de la colonne des nombres, tant au crédit qu'au débit, donne une somme égale à celle dont l’intérêt pendant un jour serait égal à la somme des intérêts courus au profit de chaque somme, tant au crédit qu’au débit : donc en cherchant l’intérêt de la somme des nombres , au crédit et au débit, par la division indiquée plus
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haut *, on aurait le montant de l’intérêt dù à chacune des deux parties du compte : une soustraction ferait ressortir la différence cherchée.
Mais il est plus simple encore de relever d’abord la différence des nombres et de calculer l’intérêt sur cette différence. En effet, par ce moyen, qui n’altère en rien le résultat définitif, on ne fait qu’une division au lieu de deux, et avec un dividende plus petit.
Avec cette méthode, dans un compte courant composé seulement de cent articles , on ne fait qu’une division au lieu de cent, et on n’achète cet avantage qu’au prix de l’addition des nombres, plus élevée, il est vrai, que l’addition de l’intérêt produit par chaque somme.
Dans les maisons, en très-grand nombre, où les comptes courants sont tenus suivant cette méthode, le livre se règle, au crédit et au débit , comme le bordereau d’escompte dont nous avons reproduit le modèle. Quelques maisons, pour rendre les vérifications plus faciles, ajoutent à gauche la date d'entrée; presque toutes , le folio du journal où l’article est inscrit; la plupart règlent simplement comme le bordereau de négociations. Comme les comptes courants sont toujours relevés tôt ou tard et qu’il est bon de rappeler au correspondant la date de chaque remise , il est plus convenable d’inscrire les dates d’entrée.
Prenons un exemple simple et tel que les calculs puissent être facilement faits, même sans le secours de la plume, sur un petit nombre de sommes, sans changes ni commissions d’aucune part, en supposant que chaque négociation ait été passée par son net produit. On comprend assez que les calculs auxquels donne lieu le net produit d’un bordereau pourraient aussi bien être détaillés effet par effet et que les règles du compte par bordereaux s’appliquent sans modification aux comptes par effets. Le livre s’établit et se règle de la manière indiquée ci-contre :
1 Voir pages 452 et suiv.