‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 304 sur 328 · LITRE VI. «AUTRE IV · texte numérisé non relu

LITRE VI. «AUTRE IV

1 On se sert couramment en Espagne de la pièce de 5 fr. au change de 19 réaux. — * loi du 2t février 185J qui établit en fait entre l’or et l'argent un rapport de valeur de 14.89 : I .

DIS CHANGES

Pour changer l'une contre l’autre deux monnaies différentes, il faut nécessairement prendre l’une des deux pour terme de comparaison. Lorsque nous faisons le change de notre plus grosse pièce d’or avec le franc, nous disons qu 'elle vaut quarante francs. Dans lacomparaison que fait notre esprit il y a un terme fixe, c’est . la pièce d'or. Soit que le rapport de valeur qui existe entre la pièce d’or et la pièce d’argent varie par l’enchérissement ou la dépréciation de l’une ou de l’autre, nous disons que la pièce d’or vaut tel ou tel nombre de francs, plus ou moins : la pièce d’or reste comme un terme fixe de comparaison. Dans le langage du change, ce terme fixe s’appelle le certain ; le terme variable de comparaison se nomme l'incertain. On comprend assez que l’un n’est en réalité ni plus certain, ni plus incertain que l’autre, et que ces mots se rapportent au rôle de l’une et de l’autre monnaie dans la comparaison. Ainsi, lorsqu’on dit qu’une livre sterling vaut 25 fr. 21 c., plus ou moins, la livre sterling est le terme fixe, le point de comparaison, ou, pour tout dire en un mot, le certain. Si elle venait à se déprécier, comme à l’époque du papier-monnaie, à subir des variations de 15, 20, 25 p. 0/0, on dirait que le change est à 22, à 20, à 18 fr., mais la livre sterling n’en serait pas moins le certain, le terme invariable de comparaison; le franc, qui n’aurait éprouvé aucune variation, n’en serait pas moins F incertain.

On dit qu’une place donne le certain à une autre, lorsque c’est la monnaie de la première qui sert de terme de comparaison entre les deux places. Londres donne donc le certain à Paris, et réciproquement Paris lui donne l’incertain. Autrefois ces rapports, fixés par d’anciens usages, étaient tels, qu’en général les monnaies les plus vieilles, les plus anciennement connues, donnaient le certain aux plus modernes. Aujourd'hui on prend presque toujours pour terme fixe, pour certain, celle des deux monnaies dont la valeur est la plus élevée, parce qu’il est plus facile, par ce moyen, de constater et de suivre les plus petites variations du change.

Sur les cotes de change des diverses places, on n’inscrit souvent que l 'incertain; on suppose que tous les intéressés connaissent, et ont fixé dans leur mémoire le certain. Ainsi on dit aujourd'hui que le change de Paris h Londres est de 25 fr. 05, ce

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