LIVRE VI. CHAPITRE IV
qui signifie qu’une livre sterling ne vaut à Paris que 25 fr. 05.
11 y a des changes directs et des changes indirects. Le change direct est celui qui est inscrit sur la cote. Le change indirect est celui qui résulte d’une place à une autre par une troisième. On peut changer des francs en livres sterling directement à Paris et à Londres; on peut changer indirectement, soit par Hambourg, en changeant des francs en marcs banco et des marcs banco en livres sterling ou réciproquement. Ainsi aujourd'hui les cotes de change établissent que la livre sterling changée directement vaut 25 fr. 05, quelle vaut à Hambourg 13 marcs 4 schellings, et que le marc banco vaut 1 fr. 90 on trouve, en réduisant la livre sterling en marcs et ceux-ci enflants, que par change indirect de Hambourg la livre sterling vaut 25 f . 17 c.
Du change indirect résulte le pair dit politique ou proportionnel. qui, dans l'exemple cité plus haut, serait un cours tel que le change de la livre sterling par Hambourg donnât le même résultat que le chauge direct.
On voit que cette espèce de pair est aussi variable, que le pair intrinsèque, fondé sur le rapport des quantités de fin contenues dans les diverses monnaies, est fixe et invariable. Dans la pratique, du reste, le pair intrinsèque n’est utile à connaître que lorsqu’on fait des opérations de change pour vendre ou acheter des monnaies comme matières d'or et d'argent. Quant au pair proportionnel, ainsi défini (1), ce n’est qu'un degré sur l'échelle d^s innombrables variations des changes indirects sur lesquels on calcule et on opère tous les jours.
11 n’est pas besoin de rappeler' qu'on appelé traite une lettre de change tirée ; remise, une lettre de change négociée ; acceptation, une lettre de change acceptée; qu'une lettre de change représente la monnaie dans laquelle elle est exprimée ; que tirer équivaut à vendre, et que remettre équivaut à acheter. Tout ceci a été dit dans le cours de cet ouvrage ou résulte immédiatement de ce qui y a été dit. 11 est évident, en effet, que celui qui fait sur Londres une traite de 100 livres sterling et qui la négocie sur quelque place que ce soit, vend 100 livres sterling, tandis que celui qui
* Quelques auteurs et un grand nombre de praticiens confondent le pair proportionnel avec le rhange indirect ui même Ce n’est qu’une affaire de nomenclature trop peu importante pour qu'il soit utile d insister sur ce sujet.
DES CHANGES
fait une remise de 100 livres sterling achète cette somme de celui auquel il la remet, puisque la somme est en effet passée à son crédit sur les livres du banquier auquel est faite la remise.
L'arithmétique des changes se présente à l'œil comme quelque chose de difficile et d’effroyable. En réalité elle est fort simple. Cependant la pratique des changes s’acquiert lentement à cause du grand nombre et de la variété des connaissances qui sont nécessaires pour s'y livrer utilement. Il faut connaître en effet le nom, la matière, les subdivisions, le pair intrinsèque de toutes les monnaies des principales places cambistes, se rappeler exactement le certuin, sous entendu sur chaque cote des changes, savoir comment les uiverses places changent entre elles. Ces connaissances positives et qui ne s’acquièrent pas en un jour, sont indépendantes de l’arithmétique. Il faut eu outre à celui qui veut spéculer sur les changes une connaissance approfondie des causes générales qui peuvent faire varier les cours, soit en hausse soit en baisse, et ces causes ne sont autres que l’ensemble du mouvement commercial entre les divers pays, etc. L’arithmétique n’est donc qu’un accessoire dans les opérations qui se font journellement sur les changes.
Encore l'action du temps et de la civilisation a-t-elle merveilleusement simplifié l’arithmétique des changes. Depuis trente ans environ, les opérations sur les changes se sont presque toutes concentrées sur les places de Londres et de Paris, et sur quelques places accessoires, telles que Hambourg, Amsterdam, Livourne, Vienne, Pétersbourg. Les villes cambistes, telles qu'Augsbourg ou Auguste, comme ou l’appelait en banque depuis les premiers banquiers lombards, ont perdu presque toute leur importance spéciale. En même temps plusieurs États, comme la Hollande et bientôt l'Espagne, le Portugal ont perfectionné leur système monétaire et y ont introduit le système décimal. Les décimales ont été admises dans les calculs même dans les pays ou elles n'étaient pas représentées par des monnaies réelles : le commerce, sur ce point, a pris les devants sur les gouvernements.
Enfin on terni de toutes parts à changer l’une contre l’autre les monnaies décompte de chaque pays, et à négliger les anciennes monnaies de change, et l'on cote les changes eux-mêmes, à Paris surtout, de manière à faire prévaloir le système décimal.
LIVBK VI. CHAFITM IV.
Ainsi déjà les changes avec la Belgique, la Suisse et les États Sardes sont devenus en quelque sorte intérieurs, et l’on ne change pas avec Anvers, Bâle, Genève ou Turin et Gènes autrement qu'avec Lyon et Marseille. Pour les places qui ont un système monétaire différent du nôtre, on a pris la monnaie de compte de chaque pays et on l’a comparée à la nôtre, de telle sorte qu’aujourd’hui, pour parler l’ancien langage, Paris donne partout l’incertain. Voici quelle y est actuellement la cote officielle.
Changes de Paris.
Amsterdam.
. 214 fr. plus
ou moins p. 100
florins
Hambourg.
inarcs.
Berlin. . .
thalers.
Londres. .
liv. sterling.
Madrid. , Cadix. .
piastres de 1848.
Livourne. .
lire de Toscane.
Naples.
ducats.
Païenne. .
Messine.
once d’or.
Vienne.
Trieste.
fl. de c. (Gulden).
Milan. .
lire austriache.
Auguste. .
flor. de conv.
Francfort. .
flor. pied de 24.
Pétersbourg.
roubles.
Bien que les autres places ne comptent pas toutes avec Paris comme Paris compte avec elles, qu’Amsterdam, par exemple, donne 56 florins plus ou moins pour 120 fr., tandis que Paris donne 214 fr. plus ou moins pour 100 florins, les réductions sont devenues, presque partout, infiniment plus faciles qu’autrefois.
Voici les changes ordinaires de Londres, de Hambourg et d’Amsterdam :
Changes de Londres.
Amsterdam.
Copenhague.
Hambourg. , Paris. .
Francfort. .
Vienne. . .
Trieste. . .
Pétersbourg.
Madrid.
Cadix. .
95,1 1 florins, plus ou moins p. 1 liv, sterling.
9 tlialers nxbauq. — —
13,64 marcs banco. — —
25,21 francs. — —
117,93 fl. pied de 24 pour 10 liv. sterl.
9,83 flor. de conv. — 1 —
37,58 pence pour 1 rouble d’argent.
49 pence — 1 piastre forte.
UES CHANGES
. 30,38 lire — 1 livre st.
. 30 lire — 1 d°
. 25,21 lire. d°
. 39,90 pence — 1 ducat del regno.
| 124 pence — 1 once.
. 57,72 pence pour 1 milreis.
. 30 — pour 1 milreis effectif.
25 pence pour 1 roupie.
Changes de Hambourg.
Londres. . . .
. 13,63 marcs
b" p. 1 livre sterling.
Paris
Gênes. . . ,
| 1 88 francs
p. 100 marcs banco.
Livourne. . , ,
. 222,79 liv. tosc. p. 100 marcs.
Pétersbourg. . .
. 34,17 schel).b°p. 1 rouble d’argent.
Madrid. , . .
Cadix
p. 1 piastre forte.
Lisbonne. . .
Porto
p. 1 milreis.
Amsterdam. .
. 35,06 florins
p. 40 marcs b*.
Anvers. .
. 188 francs
F ra ncfor t-sur-Mein .
. 90 florins
Angsbourg, . .
Prague. . .
Vienne. . . .
. 176 fl. conv. p. — —
Trieste. . . .
Breslau. . . . '
Berlin.. . . • Leipzig. . . . ;
154 thalers
Changes d’ Amsterdam.
Paris 11. 56.70 pour
120 francs.
Madrid on Cadix.
100 piastres.
Lisbonne. .
40 crusades de 400 rein.
Londres. .
1 livre sterling.
Gènes
100 livres neuves.
Livourue. . . .
100 livres toscanes.
Naples, . , .
40 ducats del regno.
Francfort. . . .
100 florins pied de 24.
Vienne et Angsbourg. 36,49 —
30 — de conv.
Pétersbourg. ,
100 roubles d’arg.
Hambourg. . .
40 marcs banco ».
Tous les calculs relatifs aux changes se réduisent à évaluer la monnaie du pays où l’on est en monnaie de tel ou tel autre pays
1 On trouvera à l’Appendice les feuilles de Bourse ou cours officiels com • plets des deux grandes places cambistes, Londres et Paris, et la liste des fonds publics et valeurs diverses qui se négocient sur l’une et sur loutre.
Livourne. .
Milan. . .
Gênes. . .
Naples.
Païenne. .
Messine. .
Lisbonne. . Rio-Janeiro.
Calcutta. .
Bombay. .
Madras. .