‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 311 sur 328 · LIVRE VI. CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE V

3° « Pour faire des r -mises, sur une place étrangère qui donne le certain, le prix du change le plus bas est le plus avantageux. » Qui remet achète, et il s’agit pour lui d’acheter à bon marché : ce qui a lieu lorsqu’il achète la monnaie du certain à bas prix.

4° « Pour faire des remises sur une place étrangère qui donne l'incertain, le prix le plus haut est le plus avantageux. » Toujours pour le même motif que ci-dessus.

Il est assez difficile de comprendre l’utilité de ces maximes, simples et presque naïves, qui semblent empruntées à l’école et dont l'homme d’affaires n’a aucun besoin. Mais elles sont enseignées depuis si longtemps et avec tant de solennité, que nous n’avons pas voulu les omettre.

Pour spéculer sur les changes, il faut se rendre exactement compte du sens îles cours. On parvient à les comparer ensemble et à les réduire promptement à une mesure commune par la pratique, lorsque l’on jouit d’une excellente mémoire et qu’on est organisé pour les affaires. On raconte que feu M. Nathan Meyer Rotschild, de Londres, concluait chaque jour ses affaires de change, qui étaient immenses, couramment, en causant, sans prendre de notes, au pied d’une des colonnes du Stock exchange, et qu’en rentrant, il dictait le détail des opérations qu’il avait faites, sans erreur ni omission , de manière à ce qu’on pùt en passer écriture sur-le-champ. Peu d’hommes assurément sont doués de facultés semblables : d’ailleurs, avant d’en venir là, il faut commencer, comme tout le monde, par l’arithmétique. Il s’agit toujours de trouver le pair proportionnel de la monnaie sur laquelle on veut opérer, et de plusieurs monnaies, si l’on n’a pas de dessein arrêté sur telle ou telle place. Ceci revient toujours aux opérations indiquées plus haut.

Veut-on savoir, par exemple, s’il serait possible d’opérer utilement à Paris sur Jes livres sterling. On étudie les cours de Londres et de Paris qui se trouvent cotés comme il suit :

COCRS DES

CHANGES

A Londres. \

A Paris.

Paris, 25 fr.

p. 1 livre si.

Londres, 25 fr.

p. 1 livre st.

Cadix, 50 pence.

p. 1 piastre

Cadix, 5 >0 cenl.

p. 1 piasire.

Vienne, Il florins,

p. t livre st. i

Vienne, 217 fr.

p. 100 florins.

Naples, 41 1/2 pence, p. 1 ducat.

Naples. 436 cenl.

p. 1 ducat.

Milan, 30 lire,

p. 1 livre st. !

Milan, 85 fr.

p, 100 lire.

DES ARBITRAGES. 501

Arbitrage entre Paris et Londres , par Cadix.

1 livre st. : 240 pence,

50 pence ; I piastre,

1 piastre : 5 f. 20 c.

: : 1 livre sterliog : x = 24 f. 96.

Entre Paris et Londres, par Vienne.

1 livre sterling : 1 1 florins,

100 florins : 217 francs,

: : I livre st. : x «■= 23 f. 87.

Entre Paris et Londres , par Naples.

1 livre sterling : 240 pence,

41 1/2 pence : 1 ducat,

1 ducat : 436 centimes,

: : 1 livre sterling : x = 25 f. 2 1 .

Entre Paris et Londres , par Milan. ■

i livres sterling : 30 lire de Milan,

100 lire : 85 francs,

: : 1 livre : x = 25 f. 50.

En récapitulant le résultat de ces divers calculs préparatoires, on trouve qu'une livre sterling vaut :

Par voie directe. . .

Par Milan. .....

Par Naples

Par Cadix

Par Vienne

D’où résulte entre les deux extrêmes une différence de 1 fr. 63, soit 6, 84 p. °/0 du prix d’achat, si l’on veut acheter à Vienne pour revendre à Milan, par exemple, ou, ce qui est la même chose, remettre des lettres à Vienne ou en acheter à Naples en livres sterling.

Remarquons, en passant, que les arbitrages présentent rarement une différence aussi grande que celle qui résulte ci-dessus du change par Vienne; cela tient à ce que Vienne, soumise au régime dû papier-monnaie, ne paie que par exception en espèces ou florins réels.

Là s’arrête l’arithmétique : on comprend qu’elle n’a rien à voir dans les convenances pour opérer sur telle ou telle ville, avec tel ou tel correspondait : elle ne peut pas indiquer quelle est la profondeur du cours, si l’on peut ainsi s’exprimer, c’est-à-dire combien il pourrait supporter d’achats ou de ventes sans variations sensibles et quelles sont ses chances de durée.

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