‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 47 sur 328 · COMMERCE DES MÉTAUX PRÉCIEUX · texte numérisé non relu

COMMERCE DES MÉTAUX PRÉCIEUX

Le commerce des matières d’or et d’argent n'est pas ordinairement considéré comme une branche des opérations de banque. Cependant ce commerce a toujours été permis, par une exception unique, aux banques publiqyes, et, dans la pratique, on voit tous les jours le même marchand acheter et vendre en gros les métaux précieux et faire des arbitrages, tandis que l’acheteur au détail se livre au change des monnaies, et le vendeur au détail, à l’escompte.

Cette affinité des deux commerces est très-naturelle, car si celui des matières d’or et d’argent ressemble à tous les autres par certains côtés, il en diffère essentiellement dans ses rapports avec les opérations de crédit. Le marchand de fer, dont les magasins sont remplis au cours de 30 c. le kilogramme, sait que ce cours peut changer en hausse ou en baisse d’après des circonstances qu’il apprécie de son mieux et en vue desquelles il opère. S’il a un engagement de 3,000 fr. à payer à la fin du mois, il ne sait pas au juste s’il lui faudra la valeur de •

10.000 kilogr. de 1er, ou plus ou moins, pour acquitter cet engagement. Le marchand de métaux précieux, au contraire, sait fort exactement que, dans un mois comme dans six, il paiera

3.000 fr. avec la même quantité d’or ou d’argent. En effet, sa marchandise, qui est la matière même dont les monnaies sont faites, en règle ou en suit le cours, parce qu’elle est réalisable à tout instant, soit par un dépôt aux banques publiques, soit par

CHANGE DES MONNAIES

Un transport à l’hôtel des monnaies; d'où résulte, pour un marchand de métaux précieux, cet avantage de pouvoir employer son capital utilement, tout en conservant la faculté de lui donner, à volonté, en peu de temps et sans perte, l’aptitude générale par le monnayage.

On peut remarquer aussi que le cours des métaux précieux varie peu et très-lentement en baisse, parce que les emplois industriels plus abondants ralentissent toujours les mouvements en ce sens. F.n hausse, au contraire, toute crise donne à cette marchandise une valeur très-élevée par un mouvement rapide, de manière à ménager aux marchands de métaux précieux de belles chances de bénéfices.

Les détails de ce commerce sont étrangers à notre sujet, et il serait inutile d’v entrer.

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