LIVRE II. CHAPITRE VII
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sont de véritables primes à l'exportation des marchandises, de la place qui a le change contraire à celle qui l’a favorable ; et, ordinairement en effet, le commerce ne tarde pas à ramener l’équilibre des changes ou plutôt à déplacer les différences par des oscillations en sens opposé.
Lorsqu’il s’agit de deux places situées dans des États différents, le cours du change semble se compliquer d’un change de monnaies ; mais au fond les lois qui le régissent ne sont pas autres que celles sous l’influence desquelles les changes varient dans l’intérieur du même pays. Si Paris doit àLondres autant que Londres doit à Paris, une livre steakng vaut à Paris et à Londres 25 fr. 21 c. en pièces de 10 et 20 fr. : on dit alors que le change est au pair. Si, toute compensation faite, Londres doit k Paris, la livre sterling perdra de sa valeur sur les deux marchés; elle en acquerra au-dessus du pair, si c'est Paris qui doit à Londres.
Afin d'éviter toute confusion, nous avons supposé que les sommes évaluées en livres sterling étaient échangées en francs contre des pièces d’or, tandis que les choses se passent autrement. Le franc est une pièce d’argent, de telle sorte que le cours du change entre Paris et Londres se compose de deux éléments : le change de place à place, et le change de l’or contre l’argent. En pratique, on néglige avec raison cette distinction et on ne tient compte que du fait, de la différence qui, toutes choses au pair, doit être en faveur de l’Angleterre, lorsque le rapport de 1 à 15 1/2 établi entre la valeur de l’or et de l’argent par nos lois monétaires, vient à varier au profit de l’or.
Autrefois, lorsque la théorie de la balance du commerce était en vigueur, on attachait au mouvement des changes une importance fort exagérée : on y cherchait le signe de la prosjiérité ou de la décadence économique des États. Le temps et la science ont fait justice de cette erreur, et montré que les changes attestaient seulement la différence des effets à recevoir entre une place et une autre, par suite des affaires effectuées à un moment donné, sans conséquences durables.
Depuis l’établissement des chemins de fer, des bateaux à vapeur, des banques à succursales, les différences de valeur qui résultaient du besoin de transporter des monnaies, sont devenues moins sensibles en France et même en Europe. Mais, en même
DES ARBITRAGES
temps, des moyens plus prompts de communiquer et les progrès de la civilisation ont mis à la portée du commerce européen .New-York, Rio-Janeiro, Valparaiso, San-Francisco, Hong-Kong, Calcutta, Sydney, etc.
Les grandes villes de commerce et les États tout entiers peuvent être considérés, quant au change, comme autant de négociants entre lesquels un mouvement continu d’affaires entretient un mouvement correspondant de dettes et créances. Ainsi tandis que Paris doit à Lyon, il est peut-être créancier de Milan, de Turin, etc.; et en même temps l.yon se trouve débiteur des mêmes villes; de telle sorte que le papier sur Paris, déprécié à Lyon, est recherché à Milan, et celui de Lyon, déprécié à Milan, est recherché à Paris.