‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 86 sur 328 · LIVRE U. CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE U. CHAPITRE XVI

Actiont. — Après les inscriptions de rentes françaises, les actions des diverses compagnies anonymes et particulièrement celles qui ont pour objet l'exploitation des chemins de fer fournissent les titres les plus connus et dont la négociation est la plus facile. Ijl plupart de ces actions ont pris en quelque sorte un titre uniforme. Leur coupure courante est de 500 fr. et il y en a un grand nombre au porteur, ce qui rend les négociations à la fois plus commodes et plus promptes.

Les litres négociables sont classés ou déclassés. On appelle rentes ou actions classées, celles qui appartiennent à des capitalistes qui les ont acquises pour les conserver et en toucher les arrérages ou dividendes , et qui ont fait cette acquisition comme un placement permanent. Ces capitalistes ne vendent leurs inscriptions ou actions que lorsqu’ils en ont besoin. On considère les rentes et actions classées comme retirées du marché, parce qu’en effet elles y sont rarement vendues et achetées.

On appelle rentes et actions déclassées, celles qui appartiennent à des capitalistes qui ne les conservent pas comme placement, mais qui s’en servent à spéculer; qui n’achètent que pour revendre et ne vendent que pour racheter, afin de réaliser un bénéfice sur la différence des prix d’achat et des prix de vente. Ces rentes et actions sont l’élément habituel de la spéculation qui s'exerce à la fois par des marchés au comptant et par des marchés à terme.

§ 3. — -Des marchés au comptant .

Les achats au comptant sont des affaires sérieuses : ils ont en général pour but des placements durables de capitaux, en vue du revenu que peut produire le titre, plutôt qu’en vue d’un bénéfice résultant de la plus-value du titre lui-même. Ces achats se traitent assez souvent avant l’ouverture de la Bourse, au cours moyen du jour, ou autrement à la criée en la forme ordinaire.

On fait aussi au comptant des spéculations, c’est-à-dire des achats et des ventes pour profiter de la plus-value ou de la moins- value présumée du titre acheté ou vendu.

Toute spéculation, quplle qu'en soit la forme, est fondée sur la hausse ou la baisse des cours. De là la distinction familière,

piais juste, qu’on fait journellement à la Bourse entre les haussiers et les baissiers », Celui qui spécule à la hausse achète, celui qui spécule à la baisse vend. Pierre croit à une hausse prochaine : il achète 15,000 fr. de rente 3 p. % au cours de 75 fr., soit moyennant la somme de 375,000 fr., qu'il échange à l’instant contre une inscription de 15,000 fr. Bientôt ses prévisions sont justifiées; les cours s’élèvent à 77 fr., il vend son inscription et en retire 385,000 fr., soit 10,000 fr. de bénéfice, sous déduction des 625 fr. de courtages d’achat et de vente. Si au contraire le cours tombe à 73 fr., il ne pourra vendre qu’en subissant une perte nette de 10,000 fr., plus les courtages.

Paul présume que le cours de la rente baissera : il vend et attend, pour racheter, que les cours soient redescendus de manière à lui faire prévoir une hausse prochaine. Rien ne force, il est vrai, Pierre à revendre ni Paul à racheter; le premier peut garder son inscription et le second son argent; ni l'un ni l’autre, une fois son marché consommé, n’a d’engagement à remplir. C’est pourquoi les spéculateurs prudents préfèrent presque toujours les affaires au comptant.

Mais toute spéculation est un jeu, et la passion du jeu dédaigne les chances médiocres : peu lui importe la sécurité relative des marchés au comptant! Ces marchés emploient des capitaux considérables en raison de la médiocrité des chances qu’ils offrent. Il n’y a donc qu’un assez petit nombre de spéculations au comptant; les nouveaux venus ou les hommes dont la prudence est à toute épreuve et qui sont riches s’y livrent seuls; les spéculateurs habitués aux opérations de la Bourse préfèrent jouer gros jeu au moyeu du crédit, et ils contractent divers marchés à terme, fermes ou à prime,

§ 4. — Marchés fermes.

La légalité des marchés à terme ayant été toujours au moins contestée par la jurisprudence, ils ont été l’objet, de la part de la Compagnie des agents de change de toute une série de réglements auxquels la constitution puissante de cette Compagnie a donné en quelque sorte force de loi. En premier lieu, pour rendre l’arith-

* Beats and bu Ils, ours el taureaux, dit-on 4 la Bourse d« Louai es.

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