‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 87 sur 328 · LIVRE 11. CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE 11. CHAPITRE XVI

métique des liquidations plus simple, il a été arrêté qu’on n’admettrait dans les marchés à terme que certaines sommes de valeurs ou leurs multiples. Ainsi le minimum de négociation pour divers titres a été fixé de la manière suivante :

2,250 fr. de renie 4 1/2 p. O/o,

2,000 fr. de renie 4 p. O/o,

4,500 fr. de renie 3 p. O/o»

25 actions de la Banque,

25 actions des quatre canaux,

40 obligations du canal de Bourgogne, 25 obligations de l'emprunt Belge.

25 obligations de remprunl Komain,

500 ducats de rente de Naples,

250 piastres rente perpétuelle d’Espagne, 25 obligations de l’emprunt royal d’Espagne,

25 obligations de l’emprunt d'Haïti,

25 actions des chemins de fer,

Et quantités analogues pour autres effets

Ces quantités, on le remarquera, sont calculées de manière à donner toujours les mêmes courtages de 12 fr. 50 c. ou de 25 fr., à l’exception des actions de chemins de fer sur lesquelles le courtage varie avec les cours. Le courtage ordinaire sur les marchés à terme est de 1/8. On ne le paie qu’une fois en cas de vente et achat pendant la même bourse.

En exposant le mécanisme des marchés à terme, nous n’exposons pas autre chose que les dispositions principales des réglements et usages établis par la Compagnie des agents de change. Nous en prévenons le lecteur une fois pour toutes, afin de ne pas le fatiguer par des citations.

Aujourd’hui premier octobre, Pierre veut spéculer à la hausse sur le 3 p. °/0 qui est au cours de 77 fr. Il fait acheter de Paul, par l’intermédiaire de son agent de change, 3,000 fr. de rentes « livrables à fin courant fixe ou plutôt à volonté; » telle est la formule du marché. A fin courant % le cours de la rente s’est élevé d’un franc, et elle se cote à 78, de telle sorte que l’inscription de 3,000 fr., achetée 77,000 fr. en vaut maintenant 78,000, soit 1 ,000 fr. de plus. Pierre peut, s’il le veut, revendre son inscription au cours, en même temps qu’il en prend livraison, et réaliser un gain de 1,000 fr., moins le courtage. Pour faire une telle opération, pas n’est besoin de posséder actuellement les 77 ou 78,000 fr. : il suffit de pouvoir couvrir les différences probables en moins, et l’agent de change n’exige pas d’autre garantie ou couverture que celle de ces différences.

Toute spéculation à la hausse coïncide nécessairement, dans

1 Bëglement particulier, titre v, art. 1”.

* On verra plus loin que le marché est liquidé non sur le cours du dernier Jour du mois, mais sur un cour» de convention du !•' du mois suivant.

les marchés à terme, avec une spéculation simultanée à la baisse. Dans l’exemple que nous venons de prendre, Paul pensait que le prix des fonds baisserait; que 3 fr. de rente 3 p. %, au lieu de se vendre 77 fr., se vendraient à fin courant à 76 ou 75 fr. ; qu’ainsi il pourrait livrer, moyennant 76 ou 75,000 fr., ce qu’il avait vendu 77,000 et réaliser, par conséquent, un gain de 1,000 ou de 2,000 fr.

Dans ce marché, remarquons-le, Pierre n’achète point 3,000 fr. de rente pour placer un capital; Paul ne les vend point pour réaliser un capital dont il ait besoin. Ni l’un ni l’autre, souvent, n’est porteur de l’inscription achetée ou vendue; ni l’un ni l'autre n’est propriétaire du capital nécessaire pour l’acquérir ; ils jouent simplement l’un contre l’autre, pariant, le premier que 3 fr. de rente 3 p. vl0 se vendront plus cher à fin courant qu’au commencement du mois, le second que 3 fr. de rente 3 p. % se vendront moins cher. Tout ce que l'un gagne, l’autre le perd nécessairement et ils ne produisent rien à la société ni l’un ni l’autre.

Afin d’éluder les lois qui défendent les jeux de ce genre, on écrit dans le contrat : « livrable à terme fixe ou plutôt à volonté. » Grâce à cette dernière clause, et à l’interprétation qu’elle reçoit de l’usage, l’acheteur à terme a la faculté d’exiger livraison de l’inscription qui fait l’objet du marché cinq jours après avoir prévenu le vendeur su moyen d’une affiche apposée par son agent dans le cabinet des agents de change. On dit alors que l’acquéreur escompte son marché en le réalisant avant terme.

Si Paul est propriétaire de l'inscription de 3,000 fr., peu lui importe l’escompte, parce qu'il est toujours prêt à livrer. Mais si, comme il arrive très-souvent, la vente a eu lieu à découvert, c’està-dire si le vendeur n’est pas propriétaire du titre, il faut qu’il se le procure, ce qui introduit sur le marché un acheteur qui ne s’y serait pas présenté et qui s’attendait simplement à recevoir ou à payer une différence. Cet acheteur nouveau augmente la demande sur le marché du comptant et concourt ainsi malgré lui et contre son intérêt à élever le cours.

Aussi l’escompte est-il un moyen énergique employé fréquemment par les spéculateurs à la hausse qui disposent de grands capitaux pour élever ou soutenir les cours.

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