‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 99 sur 328 · CHANGE SUR PLACE · texte numérisé non relu

CHANGE SUR PLACE

Le change des monnaies ne peut suffire à l’alimentation d’un commerce spécial que dans les grands centres de population, dans les ports et aux frontières, partout enfin où il existe un grand mouvement de personnes appartenant à différents pays. Les changeurs réalisaient autrefois de grands bénéfices dans les foires, et ils font encore des affaires importantes à celle de Beaucaire. Dans l’intérieur, ce commerce est exercé comme un accessoire de la joaillerie.

On peut faire le change des monnaies avec un capital médiocre : cependant, la nécessité de réaliser trop promptement les opérations pourrait faire perdre de belles occasions de bénéfices, lorsque, par exemple, il se manifeste une demande soudaine d’or contre de l’argent ou réciproquement, et de telle monnaie contre telle autre.

Il est facile de comprendre combien la possession d'un grand capital, disponible au besoin, peut être utilisée à certains moments dans cette branche de commerce. Aussi la plupart des changeurs combinent-ils leurs opérations avec l’achat au détail des matières d’or et d’argent, qui ont un prix courant et qui se réalisent avec facilité par la vente ou par le monnayage. Ceux qui ne peuvent, par ce moyen, donner un emploi suffisant à leurs capitaux, et qui veulent les trouver à l'occasion sans les laisser inactifs, s’en servent à l’escompte des bons du Trésor, des bons de monnaie, des bons de Mont-de-Piété, au paiement par anticipation des arrérages de rentes. Ces opérations s’effectuent sur des titres connus, qui ne donnent ni les embarras d’un examen, ni craintes, ni doutes, qui sont négociables facilement, en tout

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