‹ Traité théorique et pratique des opérations de banqueChapitre 148 sur 268 · LIVRE IT, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IT, CHAPITRE I

monnaie de papier et dont les échanges amenaient fréquemment de grands déplacements d'espèces. Cet inconvénient à été senti par toutes les banques de circulation de l'Europe, mais celles d'Ecosse sont les seules qui aient su fcdi^e disparaître l'obstacle. Par l'établissemelit de comptoirs ou succursales, elles sont parvenues à répandre sur tout le pays, d'une manière uniforme, leur monnaie de papier, si bien qu'aujourd'hui leurs plus grandes oscillations de caisse sotit médiocres.

Chaque fois que leurs capitaux commençaient à surabonder, ces banques fondaient une succm*sale dans les proportions les plus modestes. Le directeur qu'elles envoyaient était un commis intelligent, actif, d'une probité et d'une capacité éprouvées, capable d'apprécier et de trouver les placements utiles. Il était ainsi conduit à reconnaître et à rechercher les aptitudes industrielles et agricoles du pays et de ses habitants, et à favoriser, par l'ouverture de crédits sur hypothèque ou sous caution, le développement des unes et des autres. Le tultivateur, appuyé sur la banque, améliorait sa terre et pros* pérait : ses voisins cherchaient à l'imiter, et bientôt une suctursale, qui d'abord n'avait pas fait ses frais, donnait des bénéfices, trouvait des capitaux dans la contrée où elle était établie et y introduisait à la fois l'usage des comptes courants et des billets-monnaie. Le travail par lequel s'accomplissait un tel changement n'était pas l'exercice d'une aveugle routine, la mise en œuvre d'une sorte de mécanisme matériel; c'était l'emploi d'un jugement éclairé dans les placements consentis^ l'exercice d'une haute intelligence appliquée aux affaires.

C'est sous la puissante influence de ces banques que l'Écossë achangé d'aspect, presque de forme, et que sa terre, pétrie et manufacturée en quelque sorte, est devenue Tune des plus fertiles et des mieux cultivées de l'univers ; que la population agricole de ce pays a pris cette confiance en elle-même et cette intrépidité industrielle qui, dans les enquêtes parlementaires^ contrastent d'une manière si saillante avec l'attitude des agriculteurs anglais.

On a dit, il est vrai, que les banques d'Ecosse avaient fait maintes expropriations, soit par voie judiciaire, soit, plus

sommairement encore, en usant des procurations de vendre à défaut de payement qui leur avaient été consenties par leurs débiteurs. Faut-il leur en faire un reproche? Ont-elles eu tort d'appliquer à la rigueur les usages du commerce à la propriété foncière? N'est-ce pas ainsi qu'elles ont imprimé aux populations rurales un vif sentiment de responsabilité personnelle et les habitudes vigilantes du commerce? N'ont-elles pas été utiles, par ces procédés rigides, au progrès de l'agriculture et à la prospérité du pays?

En 1849, les banques écossaises de circulation étaient au nombre de dix-huit ; elles possédaient ensemble un capital de 11,681,997 l. et avaient en dépôt, à diverses conditions, une somme de 27,000,000 /. environ K Depuis cette époque, les réunions ou les liquidations ont réduit leur nombre à treize. Voici le tableau détaillé de la moyenne de leur encaisse et de leur circulation, pendant les quatre semaines finissant au 25 juillet 1863:

KOHS DBS BÀIIQCES.

Banque d'Ecosse

— Royale

BriUsh linen Company

Banque du Commerce

— Nationale.

— de l'Union

— d'Aberdeen (ville et comté)

— du nord de i'Êcosse

— de Dundee

— de Clydesdale

— de Glasffow

— Calédonienne

— Centrale.

Totaux

DATE rOHDATIOR.

TOTAL du billeu

drculatioo.

ESPÈCES

On remarquera sans doute la modicité du chiffre de la cir« culation des banques d'Ecosse, comparé à celui de leur capi« tal et surtout à celui des dépôts. Si l'on s'imaginait qu'il suffit aux banques libres d'émettre des billets pour s'ouvrir sur le public un crédit illimité, on devrait s'étonner que les

* Lawson, History of hanking.

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