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LIVRE IV, CHAPITRE III

Las banquiers qui forment la Chambre de compensation ne reçoivent et ne payent entre eux que par cette voie. Ils constituent une sorte de corporation soigneusement fermée dans laquelle il n'est pas facile d'être admis : les banquiers nouvellement établis, quel que soit le capital dont ils disposent et la capacité qu'ils apportent, en sont rigoureusement exclus, au grand dommage des affaires en général, et de ceux même qui les excluent. C'est à grand'peine et après plusieurs années de réclamations que les banques par actions sont parvenues, en juin 1884, à forcer en quelque sorte l'entrée de la Chambre de compensation.

En 1885, les banquiers de Londres étaient au nombre de cent cinq. On comptait dans la même ville six banques par actions, dont la première et la plus importante, celle de Londres et de Westminster, n'avait réussi à s'établir qu'après une opposition obstinée de la part de la Banque d'Angleterre et des anciennes maisons. Il a fallu plaider, obtenir des décisions du parlement et supporter de petites tracasseries sans nombre, pour faire reconnaître qu'une banque par actions avait le droit d'exister à Londres. Les banques par actions (Joint stock banks) qui, depuis vingt années ont surmonté la plupart des obstacles que leur opposaient la Banque d'Angleterre, d'un côté, et la législation de l'autre, ont enfin obtenu en 1862 la faculté de se constituer sous le principe de la responsabilité limitée. Grâce à ce principe elles ont pris et prennent actuellement un développement qui peut-être changera le caractère du système anglais. Mais il reste bien entendu que le privilège de la Banque d'Angleterre ne permet à aucune de ces banques ni à aucune autre, à 60 milles de la capitale, d'émettre des billets à vue et au porteur.

Ce serait une erreur de croire que toutes les opérations de

sentent des affaires réelles. La Chambre de compensation sert principalement à la liquidation des affaires de bourse. A Paris, ces liquidations s'opèrent d'abord entre agents de change, exactement comme à la Clearing house, et entre agent de change et client à la Banque de France. En 1847, les escomptes faUt par cet établissement ont excédé de 885 millions ceux de 1852. Cependant les virements qui, en 1847, atteignaient à peine 8 milliards se sont élevés en 1852 à 15 milliards. Peut on dire que cette augmentation des virements représente une augmentation des affaires réelles?

banque de Londres soient effectuées par les maisons que nous venons d'énumérer. Grâce à Tabondance des affaires que fournit cette place, on a trouvé avantageux d*y diviser, plus qu'ailleurs, le travail. Il y existe un grand nombre de courtiers d'escompte. Mil brokers^ qui négocient directement du papier de commerce auprès des capitalistes et quelquefois auprès des banquiers eux-mêmes. Les maisons qui se bornent aux arbitrages et dont quelques-unes sont de premier ordre ne sont point considérées comme maisons de banque, mais comme de simples négociants, parce qu'elles n'ont point de caisse et se servent, par conséquent, du ministère d'un banquier.

Si, maintenant, nous jetons un coup d'oeil sur l'ensemble du système anglais, nous n'y trouvons pas à la base la même solidité qu'en Ecosse ou même que dans le Massachusetts. Une partie considérable de la population, les agriculteurs, reste presque étrangère aux opérations de banque : elle donne et obtient peu de crédit : il est vrai qu'en Angleterre les agriculteurs ne forment guère que le tiers de la population totale.

On remarque dans l'ensemble du système anglais beaucoup de dureté pour le capitaliste : il ne reçoit que par exception un intérêt sur les fonds déposés ou sur les soldes de compte courant : encore faut-il que son compte ait peu d'activité pour qu'il en retire un bénéfice, parce que dans les provinces chaque demande qu'il fait à la caisse de son banquier est frappée d'une commission. A Londres, cette commission n'existe pas, mais aussi les comptes courants ne rapportent aucun intérêt aux ayants comptes. Les habitudes de la population tendent à procurer aux banquiers, à Londres surtout, l'usage gratuit de capitaux abondants. Quelle que soit la mobilité des comptes courants, les sommes qu'ils représentent ne varient guère que dans les grandes crises.

Toutefois le placement des fonds ainsi obtenus est bien autrement dangereux et difficile que celui des fonds produits par l'émission de billets-monnaie. C'est la mobilité des comptes courants qui donne aux établissements de banque existiïiit en Angleterre l'agitation et, si l'on peut ainsi dire,

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