‹ Traité théorique et pratique des opérations de banqueChapitre 165 sur 268 · LIVRE IV, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE III

ser, pour les banquiers comme pour les particuliers, l'usage de la monnaie.

Les banquiers ont deux manières de faire leurs payements par compensation. La plupart d'entre eux sont en compte courant avec la Banque d'Angleterre, et acquittent par des mandats sur sa caisse les dispositions faites sur eux et présentées par cette banque. Un plus petit nombre, les plus anciens, ont établi une chambre de compensation. Clearing house^ qui jouit depuis longtemps dans le monde conmiercial d'une cer^ taine célébrité.

Chacune des maisons admises à la Chambre de compensation, située dans l'ancien hôtel des postes. Lombard street, a un bureau séparé : un livre spécial et un commis sont affectés par elle aux opérations de cette chambre. Vers onze heures du matin, le commis arrive, chargé des traites et mandats du portefeuille de sa maison, payables sur les autres banquiers qui partagent son privilège. On a inscrit l'acquit au dos des traites, et le nom du banquier présentateur en travers des mandats. Le commis remet dans le pupitre particulier de chaque maison les valeurs payables chez elle, prend note de celles qui se trouvent déposées dans le sien, et quitte la chambre à midi. Il revient à trois heures avec de nouvelles valeurs, les dépose de la même façon que le matin et prend note de celles qui ont été remises dans son pupitre. De trois à quatre heures, on lui envoie de la maison d'autres valeurs au fur et à mesure qu'elles arrivent : il continue de les distribuer et d'annoter celles qu'on lui remet. A quatre heures, les boites sont fermées et on ne reçoit plus aucun effet. Chacun fait l'addition de chaque compte et inscrit les balances sur une demifeuille de papier destinée à cet usage et au milieu de laquelle sont inscrits les noms des membres de la chambre. Deux colonnes réglées à droite et à gauche sont destinées à recevoir l'inscription du solde, débiteur ou créditeur. Le commis inscrit ces soldes, puis il les coUationne successivement avec chacun de ses confrères. Est^on d'accord, la chose est constatée par un paragraphe ; n'est-on pas d'accord, on vérifie jusqu'à ce que Terreur soit découverte. Puis chacun fait l'addition des soldes créditeurs et débiteurs et reçoit ou paye la différepoe,

Les valeurs refusées sont remises dans la boite de la maison qui les présente, avec une note indiquant les motifs du refus ; a défaut d*avis, défaut de provision, etc. » Si la valeur a été présentée à la tournée du matin avant midi, elle est ordinai* rement retournée avant quatre heures ; mais en tout cas, lors-» qu'elle n'est pas retournée avant cinq heures, on la considère comme acceptée. Si elle est remise après quatre heures, on l'inscrit au crédit d'un compte et au débit de l'autre au verso de la feuille de balance.

A cinq heures tout est terminé : deux inspecteurs appointés certifient les payements et vérifient les comptes, lorsque les sommes à payer ne se trouvent pas égales à celles à recevoir, ce qui atteste une erreur positive : si les comptes se trouvent en règle, les payements et recettes se font par des dispositions sur la Banque d'Angleterre où chacune des maisons admises à la Chambre de compensation a un compte courant ouvert. Les liquidations s'opèrent ainsi comme entre les agents de change de la Bourse de Paris.

Les traites des comtés ne sont point acquittées immédiatement à la Chambre : on les présente le matin à la maison sur laquelle elles sont tirées, et on les échange contre des reçus qui passent en compensation dans l'après-midi. — Les mandats qui arrivent après quatre heures sont présentés immédiatement à l'acceptation pour la compensation du lendemain : si l'acceptation est refusée, le banquier porteur peut les retourner le soir même ou le lendemain matin à celui qui les a fournis.

L'utilité de la Chambre de compensation est évidente : c'est par elle que passent la plupart des nombreux mandats auxquels donnent lieu d'heure en heure les opérations de Bourse. Les jours de liquidation, on y a payé quelquefois, en écritures, jusqu'à 14 millions sterling. L'ensemble des opérations pendant l'année 1840 s'élait élevé à la somme énorme do 974,401,000 /., sur laquelle il n'avait été payé en billets de banque qu'un solde de 66,875,000 /., ou 6, 80 p. Vo environ ^

* (I ne faut pat se faire illasion aur cet chifflres ni croire à la lettre qu'ils repré-

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