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BANQUES ITALIENNES ET ESPAGNOLES

§ 1. — Banques italiennes.

Les plus anciennes banques de l'Europe moderne étaient italiennes, et ce sont les Italiens qui ont inventé ou conservé et répandu dans le monde des procédés au moyen desquels s'établissent et fonctionnent la plupart des institutions de crédit. Toutefois l'Italie n'est pas actuellement, sous ce rapport, plus avancée que les autres pays. Celles des anciennes banques de dépôt qui avaient duré jusqu'à la fin du sièle dernier périrent dans la grande transformation sociale qui suivit la révolution française. La seule qui ait survécu est une banque appliquée spécialement au crédit foncier et dont on fait remonter l'origine au commencement du xvii"* siècle, époque antérieure à la fondation de la Banque d'Angleterre. C'est le Monte dei Paschi^ de Sienne. Les autres établissements de crédit datent de ce siècle : les plus anciens, comme ceux des deux Siciles, qui reposent il est vrai sur des fondations antérieures, sont de 1816.

La Toscane, le seul Etat du royaume d'Italie, le Piémont excepté, qui eût introduit sur son territoire les institutions de crédit modernes, a une banque établie, comme celles des deux Siciles, sur d'anciennes fondations en 1816, puis refondue et reconstituée dans la forme moderne en 1887. Elle fonctionne à Florence et à Livourne et aie droit d'établir des succursales dans les autres villes de Toscane.

Voici quelle était sa situation à la fin de i 862 :

TRAITÉ ÛES OPÉKXtlOAS 0t BANQUE.

ACtËW,

fMtefeniUe h. SI,tS5,M^M

Prêts sur gages. .. • 4,899,350 •

Bt par 1» ANiteTiwttàeiit . . MmvOOO r

Fonds publics 390,364 »

IspèMS. ^. t/)65,388 60

Divers 459,173 45

Total 40,8S9,405 84

Capttai .....^.4*- w,ooo,ow #

Billets en circulation 97,796, 468 >

DépOttisatts kitérêtsw..^^ »l,6M'4i

Dépôts avec intérêts 4 ,360 80

léefworapoesv ibcérèta, efe. 4 ,596,919 90

Mandateàordre 409,83156

•ivers ^ ^..... 5ff,406 49

Total 40,399,405 84

En dehors du royaume d'Italie, à Rome, existe une Banque de l'État pontifical^ constituée en 1851, dont le capital actuel s'élève à 684,800 écus romains, qui émet des billets aux coupures de 8, Iff, 20, 80 et 200 écus. Cette ban'cjne, autorisée à faire toutes les opérations ordinaires des établissements de ce genre, a jusqu'à pvéseil^i servi k Fétat beaucoup plus qu'au commerce.

n y a encore quelqu'es autres banques moins importantes en diverses parties de l'Italie ; mais laprincipalte S tous égardi* est en Piémont. C'est de là qu'est parti le mouvement de rénovation des institutions de crédit en Italie.

Le Piémont n'a eu pendant longtemps d^autre industrie que l'agriculture, et d'autre commerce qu^un trafic d« consommation peu important ; mais, depuis la' pait de f 81 îf, il a fait, sous l'influence d'un gouvernement écMré, de^ efforls considérables pour imprimer une activité plus grande à toutes les branches du travail national. Dans ce pays comme en Belgique et plus qu'en Bfeligique peut-être, Ife mouvement est venu d'en haut, du pouvoir politique, fl ne faut donc pas s'étonner que les idées et les préjugés qui existent en France, en matière de banques publiques, se soient implantés tout d'adord dkns les Étatis sardes et y aient pris racine.

Les premières tentatives pour fonder un établissement de crédit eurent pour objet de faire revivre, à Gènes-, l'ancienne et célèbre banque de Saint -Georges, qui avait péri en 1797. Ces tentatives furent sans succès, et il n'y a pas lieu de le regretter, car la banque de Saint-Georges était appropriée à des mœurs et à des usages commerciaux qui ont cessé d'exister. Des lettres patentes du roi Charles Albert, en date du 16 mars 1844, autorisèrent la formation d'une société anonyme, au capital de 4 mlilions, pour Tétlablissement d'une

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banque de circulatiob, sous le noïn de Banque de Gênes, et sous la surveillance d'un commissaire et d'un sous-commissaire royal. Cette banque reçut de FÉfat, en 1846 et pen'dant les années suivantes, une subvention de 4 linîllîons, dont cite payait l'intérêt à raison de 2 p. Vo- Le 16 octobre tÊH, une autre banque éé circulation était fondée à Turin, glH éapital de 4 millions. Mais les nécessités de Ta grande èrise de <848 ne permirent pas à celle-ci de se dévelo]()per.

En 1848, les chambres ayant investi le gouverneàient du roi de pouvoirs dictatoriaux, un emprunt de 20 minions fut résolu. La banque de Gênes dut fournir h TÉtat cette somme, à raison de 2 p. ^'/o, sous la garantie d'une hypothèque spéciale sur les biens de TOrdré des saints MTaùrice 6t Lazare. Le gouvernement avait donné coui^s forcé à ses billets; il l'autorisa à en émettre pour 20 millions de plus qu'elle n'y était autorisée auparavant, et à porter la plus petiïe coupure de ces billets de 280 fr. à 100 fr.,à condition de ne pïis émettre de billets de 100 fr. pour une sotame supérieure au éinquième de la Valeur totale du papier en circulation. Les 20 millions furent bientôt remboursés à la banque, et le payement des billets à vUe et au porteur reprit âès la An dfc Tannée 1849.

Une ordonnance royale du 14 décembre i849 ântorisa tes deux banques de Gênes et de Turiii à se fondre en une seule, sous la dénomination de Banque nàHonaîe, avec bu'réau à Gênes et à Turin. La durée de la Société fut fixée à ti*enlé ans, à partir du t*"^ janvier 1850 et son capital à 8 millions : il fut porté plus tard à 32 millions.

Une loi du 26 avril 18K2 avait autorisé la créatîoii d*ane autre banque de éirculation à Anùecy, avec une Succursale à Chambéry, sous le nom de Banque de Savoie^ au capital dé 1,600,000 fr. Ses statuts ont étéc Iqués sur ceux de la Baiiqûe nationale. Cette Banque de Savoie^ qui a parcouru une honorable, mais modeste carrière commerciale, se trouvé aujourd'hui eh France, et les garanties légales que lui assui^c Tannexion donnent lieu à une tentative dont nous ne connaissons pas encore le résultat, pour battre en brèche lé privilège de la Banque de France.

Quant à la Banque nationale de Piémont, elle a suivi la fortune du Piémont lui-même et n'a cessé de grandir et d'envahir. Déjà, avant la dernière guerre, elle avait établi une succursale à Alexandrie. En 1856, elle s'obligeait à en établir une autre à Cagliari et à prêter au gouvernement une somme de 450,000 livres pour rembourser une sorte de papier-monnaie qui avait cours en Sardaigne. La succursale de Cagliari était autorisée à émettre pour 2 millions de billets de 20 francs.

Dans la même année 1856, il fallut, pour traverser la crise monétaire, autoriser la banque nationale à dépasser le maximum d'un tiers de l'encaisse que les statuts rédigés selon la routine avaient assigné à l'émission de ses billets.

Le 27 avril 1859, àToecasion de la guerre avec l'Autriche, la Banque obtint le cours forcé de ses billets avec l'autorisation d'émettre 6 millions de billets de 20 francs, et ouvrit au gouvernement un crédit de 30 millions à 2 p. 7o Comme le gouvernement n'usa pas du crédit ouvert et que la Banque elle-même se conduisit avec prudence , son papier ne tomba que de quelques centimes au-dessous du pair, et les billets de 20 francs entrèrent sans difficulté dans la circulation.

Le 11 juin 1859, le cours forcé des billets de la Banque était étendu à tout le territoire occupé par les troupes sardes ; on décrétait l'émission de nouvelles actions et l'établissement d'un siège (sede) de la Banque à Milan. Le capital de cet établissement fut alors porté à 40 millions. Ses statuts, modifiés par décret du 1" octobre, confièrent l'administration générale à un Conseil supérieur de neuf membres et l'exécution à un directeur général nommé par ce Conseil. Trois sièges furent établis à Turin, à Gênes et à Milan, et il fut décrété que les succursales seraient placées sous la surveillance d'un de ces trois sièges.

On comprend que ce système de sièges et cette forme fédérative en quelque sorte donnée à l'administration de la Banque, ont eu pour but de ménager les susceptibilités locales et d'arriver peu h peu et sans secousse à l'unité de banque pour toute l'Italie. C'est un système inspiré par la politique et essentiellement transitoire. Du reste , en même temps qu'on

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