‹ Traité théorique et pratique des opérations de banqueChapitre 176 sur 268 · LIVRE IV, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE VI

M. Schultze-Delitzsch, sous le nom de « banques d'avances.-»

Ces banques sont des caisses d'épargne, fondées, alimentées et administrées par des ouvriers pour faire des avances à d'autres ouvriers, a Ces banques, dit leur fondateur, ont été établies sans le secours de capitalistes, d'administrateurs ou de protecteurs quelconques, par les efforts combinés de petits fabricants et d'ouvriers. Le capital dont elles disposent se forme d'actions souscrites par les associés et payables par cotisations mensuelles et de fonds prêtés à l'association par des tiers. Ces cotisations sont obligatoires pour les souscripteurs jusqu'à ce qu'elles aient complété une action, à laquelle un dividende est attribué. Ces associations ne font d'avances qu'à leurs membres. »

C'est, comme on le voit, une application de l'association ouvrière à la caisse d'épargne et une affectation très-heureuse des fonds de la caisse d'épargne aux opérations en apparence les plus périlleuses, quoique, en réalité, elles soient passablement sûres. Ces banques, étant fondées et administrées par des ouvriers, connaissent mieux que toutes les autres ceux auxquels elles prêtent et peuvent attendre de ceux-ci plus d'efforts, plus de volonté de remplir leurs engagements et plus de résignation en cas de rigueur que toutes les autres banques. Là est le principe de leur vie. Il ne pouvait se rencontrer dans aucune autre combinaison destinée à faire des avances aux ouvriers.

Les banques populaires sont-elles aussi exemptes de patronage que le dit leur fondateur? Cela est possible ; mais peu de personnes le croient : on pense généralement qu'une partie considérable des fonds déposés sont remis aux banques dans une intention de bienfaisance, d'autant plus louable qu'elle est réellement éclsdrée, puisqu'elle tend à fomenter dans la classe ouvrière, en môme temps que l'esprit d*ordre et d'économie, le sentiment de l'indépendance et de la responsabilité individuelles.

M. Schultze-Delitzsch comptait à la fin de 1862 de cinq à six cents banques de prêts mutuels en Allemagne, dont deux cent quarante-trois lui avaient adressé leurs comptes. Ces deux cent quarante-trois banques comptaient soixante-neuf mille

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deux cent deux sociétaires dont les dividendes, intérêts payés, s'étaient élevés à 404,800 fr. Le capital et le fonds de réserve réunîss'élevaientàl0,8il,768f. etleurs dépôtsà 12,903,875!. Les avances faites aux sociétaires dans le cottraht de Tannée avaient atteint le chiffre de 88,778,480 fr.

Jusqu'ici Tassociation ouvrière n'avait donné nulle part, sî ce n'est peut-être en Angleterre, des résultats anssr remarquables. Toutefois nous ne pouvons insister sur ces banques dont l'influence sur les affaires est et sera toujours probablement fort restreinte.

Il n'y a point encore à proprement parler de système de banques allemandes; mais il y a uti état de crédit particulier à l'Allemagne. En dehors de TAutriche, qui semble aussi vouée que la France au monopole et aux restrictions, les banques de circulation naissent et grandissent en Allemagne, dans des conditions qui permettent d'en espérer beaucoup, et si elles ne se développent pas avec plus de rapidité, c'est plutôt faute de matière pour leurs opérations qlie par négligence de ceux qui les dirigent. Cependant il leur reste encore à spécialiser davantage leurs affaires, à user plus amplement dans leurs relations mutuelles delà liberté qu'elles ont et à conquérir une liberté plus grande. ^

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