LIVRE V
Maximes et IVotlons pratiques.
On a réduit Fart de la guerre à un principe fondamental et à quelques maiimes générales. Il serait facile de réduire Tart du banquier à quelques principes, de dire, par exemple, « que cet art consiste à se tenir toujours en mesure de remplir ses engagements, tout en obtenant des capitaux dont on dispose le produit le plus considérable que Ton peut ; » mais à quoi bon? Des préceptes si larges et si vagues n'ont jamais d'utilité dans la pratique ; ils s'appliquent uniquement à Tappréciation des faits accomplis, à ce que l'on pourrait appeler l'histoire et le raisonnement des opérations de banque.
Le commerce du banquier ressemble à tous les autres ; il s'en distingue seulement parce qu'il est plus commercial, si l'on peut ainsi dire, en ce sens que toutes les maximes, toutes les règles générales du commerce reçoivent en banque une application plus stricte que partout ailleurs.
Ainsi il est certain que tout commerçant doit proportionner ses entreprises au capital dont il dispose, et tenir ce capital d'autant plus réalisable qu'il se sert du crédit. Mais ce précepte s'applique plus strictement au banquier qu'à tout autre, parce que le crédit occupe dans ses affaires plus de place que dans celles de tout autre négociant.
11 y a du mérite à savoir proportionner ses affaires à son capital propre, et celui-ci aux ressources offertes par la localité dans laquelle on se place, aux débouchés probables, et l'un et l'autre à sa capacité personnelle ; mais ces proportions s'établissent plus souvent par hasard que par conseil, par expérience que par théorie, et les règles qu'on pourrait établir h ce sujet seraient inutiles,