‹ Traité théorique et pratique des opérations de banqueChapitre 22 sur 268 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DU COURS DE l'intérêt.

Il importe à la société que le prix de tous les services soit aussi bas que possible, et cependant qu'il donne une rémunération suffisante pour que ces services n'éprouvent aucune interruption. Le loyer des capitaux ne fait point exception à cette règle : il est utile que le taux de l'intérêt soit bas, de manière toutefois à ne pas compromettre le service, qui est la conservation et, en quelque sorte, l'entretien des capitaux. Il faut donc maintenir la prime d'accumulation, si l'on veut éviter que les capitaux soient détruits ou exportés.

Le crédit est un service du même genre que tous les services productifs : on peut l'assimiler, quant à la rémunération, aux marchandises que l'on touche et que l'on voit, car le prix du crédit ou intérêt subit dans son cours ordinaire et dans ses variations de hausse ou de baisse les mêmes lois que celles-ci. Mais comme, en dépit des usages commerciaux et de la pratique de chaque jour, l'opinion des gens du monde se refuse à reconnaître cette vérité, il est nécessaire d'insister et de pousser jusqu'au bout l'analyse des faits spéciaux qui, déterminent l'ofEre et la demande en matière de crédit.

Il y a prêt ou plus exactement crédit toutes les fois que le capital d'un particulier à été confié à un autre particulier. On peut tirer de cette proposition si élémentaire une conséquence qui ne l'est pas moins : « Un capital n'est offert au prêt qu'à la condition que son propriétaire ne veuille on ne puisse pas, pendant le temps du prêt, l'employer lui-même à des conditions aussi avantageuses que celles que lui offre un emprunteur. » En d'autres termes, pour qu'une relation de crédit s'établisse, il faut, de toute nécessité, qu'au moment du prêt, le capital qui en fait l'objet soit disponible.

Observez que la disponibilité ne résulte point de la nature de

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