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l'objet qui forme le capital, mais de la volonté du propriétaire. Un fonds de terre, une maison, une machine que le propriétaire veut louer, est un capital disponible aussi bien qu'une somme de numéraire que le propriétaire veut prêter.
C'est donc à tort, quant à l'intérêt, qu'on a distingué les capitaux en disponibles et engagés^ attribuant la qualification de disponibles aux capitaux circulants les plus rapprochés de la consommation, et la qualification d'engagés aux immeubles, outils, etc. Le capital représenté par un tonneau de sucre est aussi engagé qu'un capital-terre ; le premier est attaché jusqu'à consommation au corps du sucre, comme le dernier est attaché au fonds de terre jusqu'à consommation.
Par leur nature même, tous les capitaux sont nécessairement engagés, puisqu'ils sont matériels : par la volonté du propriétaire, au contraire, tous deviennent ou peuvent devenir disponibles pour lui : un fonds de terre, une machine, un outil, un lot de fer, de soie, de laine ou de coton, aussi bien qu'une somme d'espèces en numéraire.
En général, les capitaux disponibles sont des capitaux plus ou moins oisifs ou sur le point de devenir tels. Une somme d'argent en caisse, lorsque son propriétaire n'a ni achat au comptant, ni payement à faire, est un capital oisif; une marchandise en magasin, sans utilité, est également un capital oisif; il en est de môme d'un fonds de terre, d'une maison, d'un outil à louer. Les capitaux, comme les hommes, ne sont jamais oisifs par nature et nécessairement ; ils peuvent tous, sans distinction de classe ni d'origine, devenir oisifs par occasion.
Les capitaux disponibles étant les seuls offerts sur ce que nous appellerons le marché du crédit, il en résulte que le taux de l'intérêt n'a aucun rapport nécessaire avec la somme des capitaux existants, ni avec celle des capitaux (épargnés ou accumulés. On peut supposer sans effort un état social où tous les capitaux soient employés comme instruments de travail ou de jouissance par leurs propriétaires respectifs, et, en ce cas, quelque abondants qu'ils fussent, il n'y aurait ni disponibilité, ni offre. De même, les épargnes et accumulations pourraient être employées par ceux mêmes qui les font, et
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ne point paraître, par conséquent, sur le marché du crédit.
A plus forte raison, le, taux de Tintérêl ne peut-il dépendre de l'abondance d'une marchandise quelconque, puisque cette abondance n'a aucun rapport nécessaire, ni avec la somme totale des capitaux, ni surtout avec la somme des capitaux disponibles. L'abondance d'une marchandise n'a d'effet que sur son prix, sur la comparaison de sa valeur avec celle des autres, et non sur le taux général de l'intérêt. Si les existences en indigo ou en coton venaient à doubler en France, cette circonstance pourrait modifier le prix des cotons ou des indigos, mais non le taux général de l'intérêt.
Ceci est vrai de la monnaie, comme de l'indigo ou de toute autre marchandise, parce que les capitaux existant sous forme de monnaie ne sont pas plus nécessairement disponibles que les autres. Leur prix, au contraire, est plus affecté par l'abondance de l'offre que celui des autres marchandises, parce qu'ils ne sont pas destinés à la consommation. Si on évalue à dO la quantité de monnaie indispensable aux échanges, dans un pays et à un moment donnés, et que cette quantité soit portée à 12 par un mouvement de commerce, le prix de la monnaie baissera, puisque, la demande restant la même, l'offre aura augmenté ; en d'autres termes, il faudra, pour se procurer un objet déterminé, plus de monnaie qu'auparavant. Mais cette augmentation de la quantité des monnaies ayant eu lieu par l'effet des échanges, on aurait donné, pour l'obtenir, une somme de marchandises équivalente, et on n'aurait augmenté, par conséquent, ni la somme totale des capitaux, ni celle des capitaux disponibles.
Lorsqu'on parle de capitaux engagés, l'expression ne peut être juste que relativement à leur propriétaire : relativement à la société, à la production, à la science en un mot, tous les capitaux sont également engagés, aussi bien ceux qui circulent que les immeubles eux-mêmes. Il n'y a de différence que dans la faculté plus ou moins grande de réalisation.
Or cette faculté dépend des habitudes. La monnaie, qui est le capital disponible par excellence pour les particuliers, est, relativement à la société, aussi engagé que tout autre. Pour les particuliers, les capitaux dont la consommation est la plus
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prochaine et la plus nécessaire, sont les plus disponibles, parce que ce sont ceux qui, dans le cours régulier des choses, doivent être le plus prochainement convertis en monnaie par la vente ; mais ils sont si peu disponibles pour la société, qu'ils sont détruits aussitôt après l'échange, et cessent de 6gurer dans Pactif social.
Un accroissement, soit de la somme totale des capitaux, soit d'une espèce particulière de marchandises, n'exerce une influence sur le marché du crédit, qu'autant qu'il augmente la somme des capitaux disponibles, qu'autant qu'il a lieu entre les mains d'hommes qui n'emploient, ni ne consomment euxmêmes leurs fonds. Une réduction dans la somme totale des capitaux existants pourrait même avoir pour conséquence un abaissement du taux de l'intérêt, s'il s'était opéré en même temps dans la distribution des richesses un mouvement qui en eût transféré la propriété à des hommes qui ne les emploieraient ni ne les consommeraient par eux-mêmes. La disponibilité dépend toujours beaucoup plus de la distribution des richesses que de l'état de la production, de la somme des capitaux qui existent.
Mais comme un accroissement de richesses a presque toujours pour origine un travail plus actif et l'application de procédés plus savants, des moyens plus énergiques de dompter l'espace et le temps, de mettre à la disposition des hommes les capitaux dont ils ont besoin ; il se trouve presque toujours vrai que l'accroissement de la somme des capitaux entraîne la réduction du taux de l'intérêt. Si l'on admet donc que les habitudes d'emploi et de consommation et que les lois de distribution ne changent pas, on peut dire que toutes les économies réalisées, que tous les procédés qui fécondent le travail ou réduisent l'emploi des capitaux dans la production, tendent à augmenter la somme des capitaux disponibles, de ceux dont l'application est facultative, en augmentant la somme totale des capitaux.
Ouelques-uns de ces procédés vont plus directement, plus exclusivement à ce but. Ainsi les chemins de fer, en rendant les communications plus rapides, ont permis au négociant de faire les mêmes opérations qu'autrefois, sans employer autant
de marchandises qu'il en avait sur les roules, sur les canaux, en magasin. Tous les capitaux représentés par les marchandises dont il n'a plus besoin ont pu devenir disponibles, et concourraient à diminuer le taux de l'intérêt, si l'augmentation de l'emploi, créée par les mêmes chemins de fer, n'avait tendu en même temps à l'élever.
De même les combinaisons de banque dont le résultat a été de mettre en activité de petites sommes, des capitaux empruntés pour peu de temps, ont augmenté la somme des capitaux disponibles, ont amené sur le marché une offre qui n'y était pas auparavant, au plus grand avantage du travailleur et du capitaliste. Ces combinaisons, parmi lesquelles celle qui emprunte la valeur de la monnaie circulante est la plus notable, ont eu pour effet direct une baisse de taux de l'intérêt, en même temps qu'une augmentation dans la somme des capitaux prêtés.
Pour qu'un capital soit disponible, pour qu'il vienne s'offrir sur le marché du crédit, il faut que son propriétaire veuille le prêter : c'est la première condition du contrat de crédit. Donc tous les faits qui peuvent déterminer cette volonté ou en modifier les dispositions, exercent, sur le cours de l'intérêt, une influence très-positive et féconde en conséquences. Au premier rang de ces faits, il faut mettre la sécurité que donnent, à tort ou à raison, au prêteur : V l'état politique de la société et les lois ou coutumes relatives au payement des obligations; 2° les garanties particulières, personnelles ou matérielles, que lui présente l'emprunteur.
Ainsi, dans un pays où la propriété est respectée, où la loi des contrats est inviolable, l'intérêt, à conditions égales d'ailleurs, est toujours pioins élevé que dans un pays placé dans des conditions d'existence différentes.
Ainsi, entre particuliers, à conditions égales d'ailleurs, celui qui offre au prêteur plus de garanties matérielles ou morales de remboursement exact, obtient toujours le crédit à des conditions moins onéreuses.
Ainsi toutes les lois, toutes les jurisprudences qui tendent à rendre l'effet des contrats incertain, ou simplement à retarder l'exécution des engagements qui en résultent, tendent à élever