LIVRE H, CHAPITRE IV
d^affaires de la banque et la responsabilité des dépôts, il considéra que, n'étant pas encore citoyen, il ne pourrait exiger en justice les sommes prêtées par Pasion sur des terres et des maisons, et il aima mieux l'avoir pour débiteur que d'avoir affaire aux débiteurs mêmes. C'est ainsi que Pasion est débité de onze talents par le contrat de location, comme les témoignages l'établissent \ »
« ApoUodore n'a point fourni (à ceux qui ont loué après Phormion) de capital propre : ils ont loué seulement les dépôts et la faculté de les faire valoir. Les témoignages vous prouvent que les fils de Pasion ont loué la banque sans fournir un capital propre *. »
Les prêts étaient faits sur le capital propre : les dépôts devaient être employés au change des monnaies et aux virements.
On peut remarquer que le virement, qui consiste en un échange de créances et de dettes, est la forme primordiale et rudimentaire de la lettre de change.
* Al [Jiiv o3v ffuvô9)xai xaô' ôç lp.{aÔ(Offev ô flaoCcov toutcj) t^v TpctTreÇav xa\ To dtOTtiSoTnriYeiov ffiri xaô' iauxbv ovri, aStat elaiv, S •ivSpèç 'AÔYivaîoi, Set S' 6{a3ç dbcouaat xa\ {xadelv, ix tîvoç Tp^ou irpoaco^etXE t3i IvSexa xaXavxa 6 Qaa^v iin t^v TpairsCav. Où y^P $(' âiTOp{av xaur' dSipetXsv, iWèi Zià ^ÙA^iv^. H {xèv Y^p ^YY«toç ^ oûiCa flatrCcovi fxaXtora xaXdvtcov sfxoaiv, <îpY'^pwv ôè icpCK TauTTj §Ê$av6ia(A£v(ov ÏSiov tiX^ov ^ icevn^xovra xaXavxa. TEv oSv xoTç TtevxiQXovxa xaXàvxoiç xouxoiç àico xwv irapaxaxaOxiXcov xSv xTJç xpaitéÇi;ç fvôexa xaXavx' ^vEpyà ^v. Mia6ou{Aevoç o3v éf§e xi?Jv épYaa(«v aôxyjv T^v T^ç xpflCTréC'J'lÇ xotl xiç itapaxaxaÔT^xaç Xafxêovcav, ôpûv ^xi, {jlt^itco xÎ)? itoXtxe{aç a&xÇ wotp' ôfiîv oSotjç, oôjç^ oToç x' &oiv' eîoTTpàxxetv éfaa nocaicov lici Y? xa\ owoixCaiç SeSaveixwç ?[v, etXexo fJtSXXov aùxov xov floiataiva '^pyj- OTr,v fjç^etv xouxwv xôiv j^ptjfxfllxwv ^ xotç aXXouç j^pi^crraç, oîç icpoeifiisvoç ^v. Kal o&xb) $ik xaux' ^yP^?^ '^< "^^ [xtoOcoaiv 7rpoao:p£iXMv ô IlacCcav £vd&xa ToXavxa, âairep xai fxejjiapxuprixai &p.tv.
* .... OuSi xouxoe^ icap^Swxev I8iav icpopjA^v dXXà xà; irapaxaxaôiQxaç xai x^v àiro xoux<i>v IpYoïaCocv aôx^v IfAiaOcooavxo. . . Me(Aapxupr,xai fjiiv xoivuv 6{jiîv, (i> divdpeç 'AOT)vatoiy hi xa\ xouxotç I{i.ta0(ooav xat o5 icapiScoxav ISiav a^opui^v oÔ5£{AtOCV.
Je reprodois ici le texte même de ces passages, parce que la composition et l*emploi des mots prouvent que les Athéniens avaient sur le commerce en général, et spécialement sur celui de banque, des idées plus avancées qu'on ne le croit généralement.
Reprenons l'exemple cité plus haut. Irénée doit payer mille drachmes dans le Pont où il va faire le commerce Cléon, créancier de pareille somme dans ce pays, délègue sa créance à Irénée au lieu de lui déléguer celle qu'il a sur Socles. Il écrit à Sosigène, son débiteur du Pont, de payer les mille drachmes à Irénée, et l'ordre est rempli. La créance d'Irénée sur Cléon et celle de Cléon sur Sosigène sont éteintes, sans qu'il ait été fait aucun transport de fonds d'un pays à l'autre et par un seul payement effectif, celui qui a lieu dans le Pont.
Les anciens ont connu la lettre de change telle qu'elle est décrite plus haut. Elle diffère du virement en ce que les deux commerçants, Irénée et Cléon, au lieu d'éteindre la créance de mille drachmes par une délégation sur un débiteur commun et voisin» l'ont éteinte par la délégation sur un débiteur éloigné et avec lequel l'un d'eux seulement était en relation d'affaires.
Aujourd'hui, les virements sont devenus plus rares, et on a quelque peine à comprendre l'importance des banques dont c'était l'opération principale. En effet, les gouvernements ont appris le prix de l'uniformité dans le titre et le poids de leurs monnaies, et celles-ci ont acquis à peu près les qualités qui faisaient rechercher autrefois les monnaies de banque. En outre, tous les gros payements se font en billets-monnaie : les compensations de compte s'effectuent au moyen de dispositions directes faites sur la banque ou le banquier, par celui qui a des fonds déposés. Celui au profit duquel la disposition est conçue s'en sert facilement ensuite pour l'usage qu'il juge convenable.
La Banque de France effectue pourtant des virements proprement dits, et ils s'élèvent à des sommes considérables. En 18S5, le mouvement général des caisses de cet établissement se décomposait ainsi qu'il suit : espèces, fr. 2,066,682,000 ; billets, fr. 9,149,379,800; virements, fr. 19,153,828,600. On voit que plus de moitié des entrées et des sorties de caisse se font par écritures, à la Banque, sans déplacement de monnaie, et que les versements ou payements en espèces métalliques n'entrent que pour moins d'un quatorzième dans le mouvement total.