‹ Traité théorique & pratique des moteurs à gazChapitre 8 sur 68 · TomeXni. page · texte numérisé non relu

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plus injuste. Un certain nombre de moteurs furent transformés en machines à vapeur; d'autres furent vendus au prix du fer. Plusieurs revues industrielles ouvrirent une campagne contre Tidole de la veille; et un certain Monsieur von Schwarz ne craignit pas d'intituler un article Ein Humbuff, ce que je traduis par le mot de ûasco {*).

C'était une nouvelle exagération.

En réalité, le moteur Lenoir était un précieux auxiliaire de la petite industrie, dont on ne pouvait méconnaître les qualités.

M. Tresca le soumit à une série d'essais, le 6 janvier 1861. Une machine de 180 millimètres de diamètre sur 100 de course fournit un travail de 0,57 cheval au prix de 3166 litres de gaz par cheval et par heure. La durée de l'épreuve fut de trois heures et demie, durant lesquelles on n'observa que deux arrêts par défaut d'inflammation ; la dépense d'huile fut d'environ 50 grammes par heure (") .

Le savant sous-directeur du Conservatoire rendit le témoignage le plus impartial aux mérites de l'œuvre de Lenoir; l'avenir de ces moteurs reposait d'après lui sur leur emploi exclusif aux petites forces motrices .

Quelque temps après, il écrivait ce qui suit, au retour de l'exposition de Londres de 1862:

t La machine à vapeur ne saurait être menacée par ces ingénieux moteurs qui, en gravitant autour d'elle, et en utilisant une partie des principes qu'elle met en œuvre, ne font que rehausser ses mérites sans parvenir à les égater ».

Ce jugement fut ratifié par tous les hommes compétents. La machine Lenoir rendit de grands services à ceux qui surent l'utiliser; de fait, nous ne possédons pas de moteur à gaz dont le mouvement soit plus doux, ni plus réguher, ni la marche plus sûre. D'après une brochure publiée en 1864 par M. G. Lefebvre, ingénieur, il y avait alors à Paris 127 moteurs Lenoir, en fonctionnement, d'une puissance de

s cheval à 4 chevaux : la dépense de gaz garantie par cheval-heure

était de 2000 litres et cette garantie semblait généralement réalisée. Les jurys des Expositons de Londres en 1862, de Paris, en 1867, de Vienne, en 1873, rendirent hommage au mérite de M. Lenoir et la Société d'Encouragement lui décerna, en 1886, le grand prix de 12,000 francs du marquis d'Argenteuil, aux applaudissements de tous.

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