‹ Traiteâ sur le bapteãmeChapitre 2 sur 3 · VI. Quelqu'un avait-il le droit de la changer · texte numérisé non relu

VI. Quelqu'un avait-il le droit de la changer

En premier lieu , pour ce qui concerne les candidats au bapteme aux jours de notre Sauveur et de ses apotres, c'est une question facile a resoudre par la parole de Dieu. Les predications de Jean-Baptiste , les instructions de notre Sauveur et les administrations des apotres et des elders sont claires et explicites a cet egard, et demontrent combien ce qui nous a ete revele est correct. II est dit de Jean-Baptiste : « En ce temps-la vint Jean-Baptiste, prechant dans le desert de Judee, disant: Convertissez-vous, car le royaume

des cieux est proche Alors ceux de Jerusalem, de toute la Judee et de

tout le pays des environs du Jourdain venaient a lui et Us etaient baptises par lui dans e Jourdain, confessant leurs peches.p (Matth. Ill, 1, 5, 6.) Marc a rendu le meme temoignage ; il dit : « Et toute la Judee et ceux de Jerusalem allaient a lui^ et ils etaient tons baptises dans le fleuve du Jourdain, confessant leurs peches. » (Marc I, 5.) II est evident, par ce qui precede, que les personnes qui vinrent a Jean etaient des adultes; qu'elles etaient capables de craindre, de croire a ses paroles et de confesser leurs peches; car il n'y eut que ces personnes qui vinrent a lui.

Quand Jesus fut sur le point de quitter ses disciples, apr^s sa resurrection, il leur dit : aAllez par tout le monde, prechez I'Evangile a toute creature humaine; celui qui croira et qui sera baptise sera sauve; mais celui qui ne croirapas sera condamne. (Marc XVI, 15, 16.) Nous voyonsdonc iciqueles memos principes mis en pratique par Jean furent enseignes par notre Sauveur. Les candidats au bapteme, les personnes a baptiser, etaient celles qui avaient atteint I'age de raison, capables de juger par elles-memes; c'etaient des CROYANTS : « Celui qui croira et qui sera baptise sera sauve , mais celui qui ne croirapas sera condamne. »

Examinons maintenantce que disent les apotres a ce sujet. Le jour de la Pentecote, apres que Pierre eut preche aux Israelites Jesus cruoifie et ressuscite, ils crurent a ses paroles, ct « ils furent touches de componction en leur cffiur, et ils dirent a Pierre el aux autres apotres : Hommes freres,que faut-il que nous fassions? » (Actcs II, 37.) Toutes ces personnes etaient done capables d'ecouter, de raisonncr, de juger ct d'agir pour olles-memes. —

Quand Lydie eut entendu Paul, !a Soigntiiu' Itil mvtU le eaeur pour accepter les choses annonc6es par Paul, et ella fut baptisee avec sa famllle, Quand le geulier qui avait sous sa garde Paul et Silas cria: aSeigneur, que faut-il que je fasse pour 6lre sauve ? » ils lui dirent : « Crois au Seigneur Jesus-Christ, et vous serez sauves, toi et ta famllle. Et ils lui annonc^rent la Parole deDieu, et a tous ceux qui etaient dans sa maison.p (Actes XVI.)

Je voudrais demander a un lecteur impartial quel est son avis sur la question de savoir quelles etaient les personnes propres a recevoir le bapteme, d'apres le texte qui precede. S'il est exempt de prejuges, ou s'il n'est pas aveugle par des opinions preconcues, il arrivera sans peine a cette conclusion, que c'etait uniquement des gens capables de juger et d'agir pour cux-memes. Dans chaque cas, la chose est clairement demontree, un seul excepte , celui de la famille de Lydie, 11 n'y est pas dit que tous etaient adultes. Cependant, toute la famille du geolier etait capable de juger, car Paul precha, non-seulement au geolier, mais « a tous ceux qui etaient dans la maison. » Et, dans le cas de Lydie et de sa famille, rien n'est prouve ni d'un cote ni de TautrC; mais, comme la foi est une condition du bapteme, nous devons conclure qucsa famille 6tait, ainsi que beaucoup d'autres, capable de juger et de croire. J'ai moi-meme baptise beaucoup de families enti^res, mais jamais un jeune enfant.

II m'a 6te object^, par des personnes qui preconisaient d'autres modes d'administrer le bapteme, que Jesus benissait les petils enfants. Oui, certainement il I'a fait. Mais, je le demande, quel rapport y a-t-il entre une benediction et le bapteme? Aucun. Une benediction est une chose, autre chose est le bapteme. Nous savons que Jesus-Christ ne baptisait pas luimeme, mais seulement ses disciples, mais qu'il benissait les petits enfants. Autre remarque : le bapteme etait pour la remission des peches^ tandis quo Jesus dit : aLaissez les petits enfants venir h moi, car le royaume des cienx est pour ceux qui leur ressemblent.» lis etaient dejapursetn'avaient besoin du bapteme que lorsqu'ils etaient capables pour eux-memes. On m'a fait cette autre objection, que le bapteme remplace la circoncision. Maiscommo ce n'est qu'une simple assertion, sans la moindre preuve, et comme la circoncision n'etait que pour les males , tandis que le bapteme est pour tous, je laisserai de cole cette question jusqu'a ce qu'on me presente des arguments a son appui. Car mon intention n'est pasde scruter les divers dogmes des hommes, mais simplementde chercher ce que disent les Ecritures a cc sujet, atinde constater I'exactitude des doctrines qui nous ont ete revelces. Jesus dit : « Celui qui croira et sera baptise sera sauv^.» Le peuplecrut aux paroles de Pierre le jour de la Pentecote, et fut par consequent touche de componction. Paul dit au geolier : a Crois. » Et j'aurais pu ajouter que Philippe dit a I'eunuque ethiopien, comme une condition de son bapteme : oSi tu crois, tu peux etre baptise.

De tout cela nous coiicluons :

i" Que la foi est absolument necessaire avant le bapteme, et qu'une personne qui n'a pas la foi n'est pasenetat de recevoir le bapteme.

2° Que si la foi est indispensable comme oeuvrepreparatoireau bapteme, nul n'est propre k etre baptise, s'il n'est capable d'ecouter, de comprendre et de croire. S'il est une autre voie, il me reste a I'apprendre, mais je ne la trouve point dans la parole de Dieu.

Maintenant, nous passerons h la deuxieme question.

Quel etait alors le mode de bapteme en usage?

Sans entrer ici dans un examen critique de mots, et sans scruter Ics diverses theories admiscs dans le monde, nous examinerons les Ecritures pour nous eclairer d'une maniere formelle, precise et evidente, sur cette question. J'ai deja dit que nous baptisons des adultes par immersion. Si ce n'est pas Ik la maniere correcte d'administrer le bapteme, alors nous aurons besoin d'etre redresses et remis dans la bonne voie. Cependant , nous croyonsnotre methode correcte, et que c'est la le seul mode designe dans les Ecritures.

Nous lisons que lorsque Jean-Baptiste commeuQa a precher et a baptiser, il administrait ces baplemes a dans la riviere du Jourdain.w (Matth. HI, 6.) Marc dit : (idans le fieuve du Jourdain.» (I, 5.) Nous trouvons dans le temoignage de Jesus a Nicodeme que la meme idee est donnec de la nouvelle naissance. II lui dit : « A moins qu'unhomme ne soit ne do nouveau de I'eau et de I'Esprit, » etc.; ce qui demontre evidemment un changement, une transformation, une sortie. Le meme sens est clairemcnt manifeste dans le passage oii saint Paul dit : « Fnscveli avec lui par lebaptcme en sa mort,afm que, comme Christ est ressuscite des morts par la gloire du Pere, nous marchions aussi dans une vie nouvelle. » Rienne saurait etre plus precis que ce lexte. Quelle est I'idee d'un ensevelissement? C'est la pose, ladescente d'un corps dans un lieu profond. Quelle est I'idee d'une resurrection? C'est une sortie, une delivrance de la terre, de I'eau, ou de tout autre Element. Etre enseveli dans I'eau par le bapteme signifie : etre enseveli comme le fut le Christ dans le sepulcre ; ressusciter de I'eau, s'elever hors de I'eau signifie : en sortir comme le Christ ressuscita du sepulcre. Naitre de nouveau, c'est vivre d'une nouvelle vie , mourir au monde , vivre a Dieu, c'est passer par cet element qui est un embleme de renovation et do purete , ordonnance d'institution divine a laquelle nous nous soumettons pour consacrer notrc corps et notre esprit a notre Crcateur.

Quand Jesus rcQUt le bapteme, de quelle maniere fut-il baptise? ce fut aans le Jourdain. Mais pourquoi da7is le Jourdain? Parcc que dans le Jourdain, comme a Enon, « il y avait bcaucoup d'cau, » ou asscz d'cau pour adminislrer rordonnance du bapteme par iniiucrsion, « Mors Jesus vint de

Galilee au Jourdaiu vers Jean pour etre baptise par lui... » Et comment ce bapteme fut-il administre? Nous lisons: a Et quand Jesus eutete baptise, il sortit incontinent hors de I'eau. » (Matth. Ill, 16.) II avait done ete dans I'eaujilavait ete baptise, enseveli dans I'eau, comme dit Paul, et puis il en etait sorti.

II en fut de meme avec I'eunuque ethiopien, baptise par Philippe. Voici ce qu'on en dit : « Et ils descendirent tous deux daiis I'eau, Philippe et I'eunuque, et Philippe le baptisaj et quand ils furent remontes hon c?e I'eau... » (Actes VIII, 38, 39.)

Il a ete dit que les prepositions en et dans, hors et hors de, pouvaient se construire de toutes manieres; et qu'elles pouvaient signifier a I'eau simplement, et non pas c?ans I'eau. Mais nul homme, bien verse dans les Ecritures, ne tentera jamais d'y attacher une telle signification. J'ai converse avec un grand nombre de ministres tres instruits, qui donnent aux enfants le bapteme par infusion ou par aspersion, et qui etaient pourtant bien loin de chercher a pervertir le sens de ses paroles ou d'y attacher une signification si manifestement absurde, et en contradiction avec le sens, clair et precis, des contextes. Mais si on parvenait a etablir une telle maniere de voir, que ferions-nous alors des passages que nous venons de citer des Saintes Ecritures, tels que I'ensevelissement, la nouvelle naissance, on allait a Enon, au Jourdain, etc.; on y baptisait, parce qu'il y avait beaucoup d'eau? Mais, qu'on y pense done, quelques seaux d'eau auraient suffi pour tous, d'apres quelques systemes en usage de nos jours ; et voila justement pourquoi il n'entre jamais dans la pensee de ces opcrateurs d'aller dans des rivieres pour administrer leurs baptemes.

Ainsi, s'il nous est permis de tordre les Ecritures et de leur faire signifier toute autre chose que leur sens naturel, de la maniere que je viens de designer; etsi, parce qu'un passage est un peu ambigu, nous rejetons tous ceux qui sontclairs, positifs et evidenls,nouspouvons, d'apres ce meme principe, pervertir toutes les Saintes Ecritures et abandonner toutes les doctrines importantes qu'elles contiennent. Exemple : nous lisons dans les Ecritures que « Joseph prit le corps de Jesus , et le mit dans son sepulcre. » Et encore: « Les disciples levirent enleve dans le ciel. » Maintenant, si un incredule, cherchant a tordre ces passages, pretendait^ d'apres le meme principe, que Joseph n'a fait que porter son corps vers le sepulcre, ou que Jesus n'esj. monte que vers le ciel, serait-ce la un argument serieux; et devrions-nous le considerer comme tel? Si Jesus n'est pas entre dans le tombeau, s'il n'en est pas sor^t; si, en realite, il n'est pas entre dans le ciel, ou est notre espoir?

Les Ecritures disent que « les mechants seront reprouves dans I'enfer, et que les justes entreront dans la vie eternelle. » Si tout cela est faux, et il nous est permis d'appliquer a ces passages le sens ci-dessus indique, alors les mechants n'ont rien a craindre, et les justes sont sans esperance. Mais

grace a Dieu , il n'en est pas ainsi. Et, comme notre intention n'est pas de refuter ici les opinions des autres, nous laisserons la cette question. Notre unique but est de demontrer que les doctrines que nous professons sont parfaitement d'accord avec les Saintes Ecritures.

Nous apprenons done par les textes qui precedent :

1" Qu'il etait d'usage, aux jours de Jean-Baptiste, de Jesus-Christ et de ses apdtres, de baptiser dans des rivieres ; et la raison qu'en donnent les Ecritures, c'est parce qu'il y avait beaucoup d'eau.

2» Que les personnes , recevant le bapterae , descendaient dans I'eau , qu'elles etaient baptisees, et puis qu'elles remontaient horsde I'eau.

3° Qu'elles etaient plongees ou immergees dans I'eau, et, selon les paroles des Ecritures « ensevelies par le bapteme » et « nees de nouveau de I'eau. »

Ces choses sont tellement claires, qu'il serait superflu de les accompagner de commentaires. Nous dirons seulement que Martin Luther, dans sa traduction de la Bible, a rendu le mot grec bapto, baptiser, par « taufen, » qui signifie: plonger, imnierger. Nous poursuivrons done I'examen de notre troisieme proposition.

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