‹ Traiteâ sur le bapteãmeChapitre 3 sur 3 · HI · texte numérisé non relu

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Quel etait le but du Bapteme?

Dans I'investigation de celte nouvelle question, nous nous attacherons constamment aux Ecritures ; car nous baptisons au nom de Jesus pour la remission des peches.

Nous lisons que a Jean baptisait dans le desert et prechait le bapteme de la repentance pour la remission des peches. » (Luc III, 3.) II est bien evident, d'apres ce passage, que le bapteme de Jean etait pour la remission des peches. Quand Jesus commanda a ses disciples d'aller precher I'Evangile , reliant intimement le bapteme au salut, il dit: « Celui qui croira, et quisera baptise sera sauve. » Le temoignage de Pierre, au jour de la Pentec6te, Concorde parfaitement avec ce commandement. « Et Pierre dit: Convertissezvous, et que chacun de vous soit baptise au nom de Jesus-Christ, pour obtenir la remission de ses peches. » (Actes II, 38.)

Ce bapteme etait done en parfait accord avec celui de Jean , ainsi qu'avec les instructions de Jesus-Christ : on I'administrait pour la remission des peches.

Jean etait le precurseur du Christ, et il baptisait avec ses disciples. Jesus lui-meme reg;ut le bapteme de Jean; et il enseigna ce meme principe a ses disciples, qui a leur tour I'enseignerent au monde, savoir: que cette ordonnance etait pour la remission des peches. Nous trouvons done un accord parfait entre le bapteme preche par Jean et celui preche par le Christ ; le bapteme etait designe par tous les deux comme etant poup la remission des peches. Et I'lui etait reconnu par I'autre, puisque nous voyons dans \o^

Ecritures que les disciples de Jesus et ceux de Jean baptisaient en memo temps. (Jean III, 22, 23.)

Nous avons un autre exemple a I'appui de cette doctrine dans le cas de Paul. Ananie vint lui rendre la vue et I'instruire sur I'oeuvre qu'il avait a accomplir. Pour I'eclairer sur son devoir par rapport au bapteme et sur le but du bapteme, il lui dit : « Et maintenant, que tardes-tu? leve-toi, et sois baptise et lave de tes pc'ches, en invoquant le nomdu Seigneur. » (Actes XXII, ■16.) Voila la memo doctrine enseignee. Et Paul continua a I'enseigner. II dit, en parlant du bapteme : a Nous sommes done ensevelis avec lui en sa mortpar le bapteme, afin que comme Christ estressuscited'entre lesmorts, nous marchions aussi dans une vie nouvelle. » (Rom. VI. 4.) Pierre, enseignant aussi la meme doctrine, a dit: « A quoi aussi repond maintenant comme a une figure le bapteme qui nous sauve ; non pas celui qui nettoye les ordures du corps, mais I'engagement d'une bonne conscience devant Dieu. » (1 Pierre III, 21.)

Deux choses sont ici bien distinctement designees touchant I'objet du bapteme. II avait pour objet Tune deces choses, etnonl'autre. Ce rCetaitpas pour nettoyer les ordures du corps, pour laver le corps seulement. Cetait I'engagement d'une bonne conscience envers Dieu ; ou, en d'autres termes, pour la remission des peches. Si nous admettons le temoignage des Saintes Ecritures, nous n'avons pas besoind'employer d'autres arguments ni d'autres citations. Ce que j'ai dit suffit. Cette doctrine est aussi scripturaire que le Nouveau Testament.

On m'a souvent demande si le bapteme seul pouvait sauver un homme. Je reponds : Non! II n'y a pas d'ordonnance qui seule puisse sauver un homme; car il est ecrit : «L'homme ne vivra pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matth. IV, 4. ) Une maison n'est pas batie de pierrcs, de bois, de fer, de vitres ou detuiles seules, mais de tons ces materiaux ensemble. Un homme est un compose d'os, de nerfs, de muscles, de chair et de sang; ces matieres, et toutes les parties du corps ensemble, forment un homme parfait, et non une seule de ces parties. 11 en est de meme avec toutes les ordonnances que Dieu a etablies dans son Eglise. Toutes ces ordonnances reunies forment I'Eghse, comme toutes les parties du corps forment I'homme.

On a dit encore que le bapteme etait une des choses non essentielles. Cela, pour moi, est un non-sens ou une folic. Je ne reconnais aucune or- .ionnance de Dieu comme n'etant pas absolument necessaire. Quoi ! Est-ce que le Seigneur notrePere celeste, n'apas eu la bonte denous envoyer son Fils pour nous enseigner la verite? Est-ce que Jesus ne s'y est pas soumis et ne I'a pas enseignee? Est-ce que les apotres n'ont pas enseigne ces memos doctrines et n'ont pas tons perdu la vie en temoignage de leur verite? Oserons-nous dire que Dieu, que Jehovah, n'a pas su arranger cette matiere, qu'elle avait besoin d'etre revisee par nous, ou qu'elle est non essentielleV

Si le Seigneur a mis cette ordonnance dans son Egllse et nous a ordonne de I'administrer comma moyen de salut, qui a le droit de dire qu'elle n'est pas absolument necessaire ? Le corps de I'homme a-t-il des membres qui ne soient pas indispensables ? Pouvons-nous nous passer du pied, de la tete des jambes, des yeux, des oreilles, de la langue, ou d'aucune autre partic du corps, sans nuire au corps? Je suis persuade que non. Nul homme ne soutiendra le contraire. Jesus a dit : « Allez done et instruisez toutes les nations , les baptisant au nom du Pere , du Fils et du Saint-Esprit, (it leur apprenant a garder tout ce que je vous ai commande. »

Avant de passer a un autre sujet, je recommande h ceux qui pensent qu'ils peuvent so dispenser de cette ordonnance, si bon leur semble, ou do la changer avec impunite , de lire et de reflechir attentivement sur les paroles suivantes de notre Sauveur : « En verite, en verite je te dis que si un homme ne nait d'eau et de I'Esprit, il ne pent pas entrer dans le royaume de Dieu. (Jean III, 5.)

Nous apprenons done, de ce qui precMe, que le bapteme pour la remission des peches fut enseigne par Jean-Baptiste, par Jesus a ses disciples, par Pierre , par Ananie et par Paul , et que c'est la doctrine du Nouveau Testament.

Apres avoir examine les trois premieres questions et demontre que les personncs adultcs etaient les candidats au bapteme, que le mode en usage etait par immersion, et qu'il s'administrait pour la remission des peches, nous poursuivrons le cours de nos investigations sur notre quatrieme proposition.

Cetle doctrine devait-elle ctre enseignee universellement ?

Apres sa resurrection, Jesus dit a ses disciples : « Allcz-vous-en par tout le monde, et prechez I'Evangile a toute creature humaine. Celui qui croira et qui sera baptise sera sauve, mais celui qui ne croira pas sera condamne. » (Marc XVI, 15, 16.) Je demande : Ou est-ce que I'Evangile a du etre prdchee ? La reponse est : «Par tout le monde. » Quelle espece de gens dcvaient I'entendre ? « Toute creature humaine. » Que doit-on faire a ccux qui auront cru par tout le monde ? [Les ^baptiser. a Celui qui croira et qui sera baptise sera sauve. »

Si done nous comptons parmi les vivants dans ce monde , et si nous faisons profession de croire en Jesus-Christ, ceci doit s'appliquer a nous. Rien ne saurait ctre plus clair, par ce qui precede, que cette doctrine doit etre universellement enseignee, comme I'un des moyens du salut. C'est precisement parce que le monde s'est eloignc de cetle doctrine et a quilte d'autres principes de I'Evangile , qu'il y avait nccessitc que I'Evangile fut de nouveau communique du ciel , et que les memcs principes fusscnt retablis sur la terre pour etre proclames a toute creature humaine. Jean a dit ; a Apres

cela, je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, portant I'Evangile eternal pour I'annoncer a ceux qui habitent sur la terre , a toute nation , a toute tribu , a toute langue et a tout peuple , et qui disait d'une voix forte : Craignez Dieu , et lui donnez gloire j car I'heure de son jugement est venue, et adorez celui qui a fait le ciel , la terre , la mer et les sources des eaux. » (Apocal. XIV, 6, 7.)

Abordons maintenant notre cinquieme proposition.

Quelles etaient les personnes chargees d'administrer cette ordonnance?

Par toutes les lois ou ordonnances faites par les hommes, il y a toujours des personnes legalement autorisees a administrer ces lois ou ces ordonnances, et toute autre administration serait consideree comme elant illegale. De la vient que, associes avec tons les gouvernements, il y a des ofliciers etablis par ces gouvernements, qui en font reellement particj et sans ces officiers, nul gouvernement humain ne saurait fonctionner et marcher. Si des empereurs, des rois, des corps legislatifs, des Etats, des conseils de viU les, etc., font des lois ou des reglements, ily a des juges, des magistrals, des officiers de police, des gendarmes, etc., pour les faire executer ; et il faut que ces agents soient legalement etablis, sans quoi leur administration ne serait pas valide. Ces personnes agissent au nom et par autorite de la nation, Etat ou ville, avec lesquels elles sont associees, et elles tiennent leur commission des autorites etablies qui ont plein pouvoir de les commissionner. S'il en est ainsi pour les gouvernements purementtemporels, et il est reellement necessaire que des hommes y soient legalement autorises pour remplir leurs fonctions, combien n'est-ii pas plus necessaire et important que les hommes soient revetus d'une autorite legale pour ce qui concerne les choses du royaume de Dieu,puisque, dans les gouvernements humains, ils n'ont a faire qu'avec les choses temporelles, tandis que le royaume de Dieu embrasse eties choses temporelles et les choses spirituelles? Et comme aucun gouvernement mondain ne reconnaitrait ni ne souffrirait que des gens administrassent en son nom, sansqu'il les eut envoyes, comment pourrionsnous nous imaginer que notre Pere celeste le fera? Sous la loi mosaique, la peine de mort etait infligee a ceux qui officiaient sans autorite. G'est pour cela que Core, Dathan et Abiram perlrent : ils avaient ose administrer dans des choses saintes. Des milliers d'hommes de Beth-Scemes furent tues pour avoir seulement regarde dans I'arche de I'Eternel (1 Samuel VI, 49). Le roi Hozias fut frappe de la lepre pour avoir voulu administrer dans la pretrise (2 Chroniques XXVI, 16,22). L' administration dans le ministere de la pretrise levitique appartenait aux fils d'Aaron (Exode XL, 15).

Cela n'etait pas seulement vrai pour la prelrise d'Aaron, mais aussi pour celle de Melchisedeck, c'est-a-dire pour la pretrise ou I'autorite associee avec

I'Evangile. G'est de la que Paul, cherchant acombattre lesprejuges desJuifs touchant I'autorite relalivement a notre Seigneur, dit : « II est evident que notre Seigneur est sorti de la tribu de Juda, a laquelle Moise n'a point attribue la pretrise. Cela est encore plus manifeste en ce qu'il s'eleve un autre sacrificateur semblable a Melchisedeck, qui n'a point ete etabli par la loi d'une ordonnanoe charnelle, mais par la puissance d'une vie qui ne doit point fmir. » (Hebreux Vll, 14 a IQ.) Lisez aussi les chapitres V, VI, VII VIII. De la vient que Jesus dit : a Je ne suis pas venu pour faire ma volonte^ mais la volonte de mon Pere qui m'a envoye. » (Jean V, 30.) Et encore : c( Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-meme; mais le Pere qui demeure en moi, est celui qui fait les oiuvres. » (Jean XIV, 40.) Et apres ce temps-la, Jesus, parlant a ses disciples, leur dit : « Or quand ils vous meneront pour vous livrer, ne soyez point auparavant en peine de ce que vous aurez a dire, et ne le meditez point ; mais dites tout ce qui vous sera inspire a cette heure-la. » (Marc XIII, 41.) Et il leur dit encore, apres sa resurrection : a Gomme mon Pere m'a envoye, je vous envoie aussi de meme. » (Jean XX, 21.)

Nousvoyons, par ces passages, que Jesus possedait une autorite qui lui etait donnee du Pere, et que ses disciples avaient le meme pouvoir qu'il tenaitdu Pere. Dela vient que Jesus dit dans sa touchante priere a son Pere, avantsamort: « Moi en eux, et toi en moi, afm qu'ils soient perfectionnes dansl'unite, etque le monde connaisse quec'esLtoi qui m'as envoye. » (Jean XVII, 23.) Jesus avait done une pretrise, mais non pas celle d'Aaron; il possedait une autorite, mais il ne I'avait pas repue de Levi. Ses disciples avaient aussi une pretrise, du pouvoir et de Fautorite. De qui obtinrent-ils leurs pouvoirs? Non pas d'Aaron, mais du Seigneur Jesus-Christ. Or, si le Sauveur etait revetu de la pretrise de Melchisedeck, il s'ensuit necessairement que ses disciples possedaient la meme pretrise, car c'est de lui qu'ils la regurent.

Quand Jesus commen^asa mission sur la terre, Wappela les douze apotres. Puis, il en appela soixante-dix autres. Ces hommes n'y furent pas de leur propre volonte, il les appela. lis n'y furent pas simplement parce qu'ils consideraient sa doctrine comme vraie, on parce qu'ils croyaient qu'ils pourraient faire du bien en prechant, mais parce qu'ils furent specialement appeles et envoyesde Dieu. Cela concorde parfaitement avec ce que Jesus dit a Pierre et a Andre : « Suivez-moi, et je vous ferai pecheurs d'hommes. » (Matthieu IV, 49.) Et en parlant sur cela d'une maniere speciale, il dit encore : « Vous ne m'avez point choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis et ordonnes. » Et leurs devoirs etaient si grands, leur mission si vaste et d'une si haute importance pour le genre humain, que, etant sur le point de les quitter personnellement, il leur dit « de demeurer a Jerusalem, jusqu'a ce qu'ils soient revetus du pouvoir d'en haut. » (Luc XX-IV, 49.) G'est pourquoi, nous les voyons attendre dans une chanibre haute, jusqu'a ce qu'ils aient re^u ce pouvoir. (Actes I et II.)

Les Ecritures Saintes sont d'une admirable precision sur toutes ces choses. Jesus, etant sur la terre, dit ^ ses disciples : « Guerissez les inalades, nettoyez les lepreuX;, ressuscitez les morts, chassez les demons; vous I'avez re^ugratuitement, donnez-le gratuitement. (Matthieu X, 8.) Or, ils devaient donner ces choses qu'ils avaient eux-memes revues. Voilk pourquoi, s'ils entraient dans une maison, ils pouvaient dire : « Que la paix soit sur cette maison, et s'il s'y trouve quelque enfant de paix, votre paix reposera sur lui; sinon, elle retournera a vous. (Luc X, 6.) Et la reception ou la rejection de leur ministere etait d'une telle importance pour le genre humain, que s'ils secouaient seulementla poussierede leurs pieds contre une maison ou une ville, cela devait demeurer comme un temoignage contre elles dans le temps et dans I'eternite ; et ce sera plus tolerable pour Sodome et Gomorrhe au jour du jugement que pour cettc maison ou ville. Jesus leur dit, de plus: « Celui qui vous rcQoit, me regoit, et revolt celui qui m'a envoye; et celui qui vous rejette, me rejette, et rejette celui qui m'a envoye. » (Matthieu X, 40.) Et il dit encore h Pierre : « Je te donne les clefs du royaume du ciel : et tout ce que tu lieras sur la terre sera lie dans le ciel, et tout ceque tu delieras sur la terre sera delie dans le ciel. » (Matthieu XVI, 19.) Et il dit h ses disciples reunis: a A quiconque vous remettrez les peches, ils leur seront remis; et a quiconque vous reliendrez les peches, ils leur seront retenus. » (Jean XX, 23.) Le pouvoir d'administrer dans les ordonnances n'etait pas borne aux seuls apdtres. Apresleur avoir parle de la maniere qu'il faliait agir envers les membres indignes de I'Eglise, Jesus leur dit que, quand I'Eglise aurait pris une decision sur quelque chose, tout ce qu'ils lieraient sur la terre serait lie dans le ciel, et que tout ce qu'ils delieraient sur la terre serait delie dans le ciel.

Voila done une autorite deleguee pour agir au nom du Seigneur, et dont les actes seraient sanctionnes comme s'ils eussent ete fails par lui-meme. Aussi est-il tres clairementetabli, d'apres les Ecritures, que la pretrise doit etre perpeluee ou transmise des uns aux autres. Cela est d'accord avec ce que Jesus dit a ses disciples quand, apres leur avoir ordonne d'enseigner toules choses, apprenant a observer tout ce qu'il leur avail commande, il ajoute : « Et voici, je suis avec vous jiisqu'a la fm du monde. » Et cela s'accorde avec la remarque de I'apotre Pierre au jour de la Pentecote, quand, apr^s avoir promis a ses auditeurs qu'ils recevraient le don du Saint-Esprit, il leur dit positivement : « que la promesse est k eux et h. leurs enfants, et a tons ceux qui sont eloignes , meme a tons ceux que le Seigneur Dieu appellera.)) Nous avons en outre I'exemple d'autres personnes qui, quoiqu'elles ne fnssent pas apotres, adminislrerent dans ces ordonnances. Ainsi, quand Paul fut appele des cieux par le Seigneur, Ananias, qui n'etait pas apotre, lui fut envoye , le baptisa pour la remission de ses peches et lui imposa les mains. En cela, nous avons un exemple fort remarquable de la necessite qu'il y a que les ordonnances de I'Evangile soicnt administrees par

des hommcs ayant I'autorit^. C&v, bien que notre Seigneur Jesus-Christ efit appeic Paul, il devint absolument n^cessaire h ce dernier de recevoir lebapt^me et I'imposition des mains d'un homme dument autorise a administrer dans les ordonnances du royaume de Dieu. Le Seigneur avait confie I'autorite h des hommes. Et Ananias 6tait un de ceux qui avaient ete legalement autorises, quoiqu'il ne fit point partie du corps des apotres, a qui I'autorite fut premi^rement donnee. Jacques nous demontre la raenie doctrine dans les instructions qu'il nous a laissees. II dit : « Y a-t-il des malades parmi vous qu'ils appellent les Anciens (ou Elders) de I'Eglise ; qu'ils prient pour lui et qu'ils I'oignent d'huile au nom du Seigneur; et la priere faite avec foi sauvera le malade, et le Seigneur le guerira. » (Jacques V, 14, 15.) 11 est evident que les Anciens n'administraient pas sans autorite, car le mot nom si^nifie AUTORiTE (comme on dirait : Au nom du penple frangais.) Jesus a dit : a Vous chasserez des demons en mon nom, » ou par mon autorite.

Le mode par lequel cette autorite doit etre obtenue est clairement designe par Paul, quand il ecrit h Timotbee : a Ne neglige pas le don qui est en toi et qui t'a 6te confere suivant une revelation propbetiquC;, par I'imposition des mains de la compagnie des Anciens (Elders). » (I Timotbee IV, 14.) On voit par Ik qu'il y avait des propb^tes dans I'Eglise; que ces propb^tes, par I'Esprit qui etait en eux , designaient les personnes qui devaient recevoir Vordmation , et que ces hommes , ainsi designes par I'esprit de propbetie, etaient alors ordonnes par des Elders ayant I'autorite de le faire. Paul semble indiquer la meme cbose dans les instructions qu'il donne a Timotbee. « Et les chosen que tu as apprises de moidevant plusieurstemoins, commets-les k des personnes fidMes,qui soientcapables de les enseigner aussi ^d'autres. » (2 Timotbee II, 2); et aussi la ou il I'avertit de « ne point imposer les mains hpersonne avec precipitation. » (1 Timotbee V, 22.) Ge que nous remarquons dans les gouvernements terrestres existe egalement pour les cboses celestes : nous voyons qn'h moins qu'un bomme ne soit legalement autorise , son minist^re ne saurait 6tre valide.

II est dit dans la Bible : « Nul bomme ne prend sur lui-meme cet bonneur, mais il fauty etre appele de Dieu comme Aaron. De meme Jesus-Cbrist ne s'est point eleve de lui-meme kla dignite de Grand-Pretre ; mais il I'a regue de Gelni qui lui dit: C'est toi qui es mon Fils, je t'ai engendre aujourd'bui. » (Hebreux V, 4, 5.) Et c'est k cause de cela que Paul, ayant trouve certains individus qui avaient ete baptises parquelqu'unqui n'enavait point I'autorite, il les baptisa de nouveau. Paul « vint a Epb^se oil ayant trouve quelques disciples, il leur dit : Avez-vous regu le Saint-Esprit, depuis que vous avez embrasse lafoi? lis lui repondirent: Nous n'avons pas seulement entcndu dire qu'il y cut un Saint-Esprit. Et il leur dit: Quel bapteme avez-vous done regu? lis lui repondirent : Le bapteme de Jean. Alors Paul leur dit : Jean a baptise du bapteme de repentance, en disant aupeuple qu'ils devaient croire en celui qui venait aprt'S lui. Ge qu'ayantentendu, iis furciK baptist's au nom

du Seigneur Jesus. » (Actes XIX, 1 a 5.) Or, lorsque Jean baptisait, il avertissait constamment le peuple que Jesus viendrait apr^s lui, en leur disant que cclui-la les baptiserait du Saint-Esprit. Paul rappelait cela a leur souvenir; et comme ils n'avaient pas seulement entendu dire qu'il y eut un Saint- Esprit, Paul comprit parfaitementqu'iletait impossible qu'ils eussent ete baptises par Jean, ou meme par aucun de ses disciples, qui les aurait instruits de cela. G'est pourquoi, leur bapteme etant invalide, Paul les baptisa de nouveau.

Les demons memes ne voulaient pas reconnaitre una autorite qui n'etait pas legale. En efFet, quand quelques-uns des exorcistes juifs voulurent chasserdes demons au nom de Jesus, les demons dirent : Nous connaissons J^sus, et nous Savons qui est Paul; mais vous, qui etes-vous? Et ils se jeterent sur eux et s'en rendirent maitres. (Actes XIX, 43, 16.)

II est mentionne comme un des grands signes caracteristiques de la decheance de I'Eglise , dans les dernicrs temps, que les hommes se choisiraient une foule de docteurs qui seraient sans autorite. Apres avoir enumere beaucoup d'autres maux qui caracteriseraient les derniers jours , Paul ajoute : « Le temps viendra quand les homm.es ne souffriront point la saine doctrine ; au coniraire , ayant une extreme demangeaison d'entendre ce qui les flatte, ils auront recours a une foule de docteurs, propres a salisfaire leurs desirs. » II est inutile d'en dire davantage a cesujet.

D'apres ce qui precede, il est evident

i" Que dans les dispensations mosa'ique et chretienne, il y avait une autorite donnee par le Seigneur, pour administrer dans ses ordonnances.

2° Que nul homme ne pouvait donner cette autorite , sans en 6tre luimeme dument revetu.

3° Que nul homme n'avait le droit d'administrer sans cette autorite, et que toute ordonnance, ainsi administree, etait illegale.

4° Que tout homme qui administrait sans autorite, encourait une grande responsabilite.

II nous reste maintenant a rechercher comment cette autorite pent tive conferee a I'homme. En reponse a cela, je dis qu'il n'y a que deux maniercs par lesquelles cette autorite puisse etre donnee et exister sur la terre :

1° Elle a du etre transmise, par une chaine d'autorite non interrorapue et non corrompue, depuis les apotres jusqu'a ce jour.

2" Ou bien elle a du etre restauree, ou donnee de nouveau par revelation directe de Dieu a I'homme.

Peut-etre n'est-il pas inutile de declarer ici que, si nouscroyions a la premiere de ces propositions , nous ne serions pas en France. Nous ajoutons que si Joseph Smith n'a pas regu I'autorite divine par I'ouverture des cieux et par I'administration de saints anges, et si cette autorite n'a pas 6t6 restauree de nouveau sur la terre, alors nous neprofessons pas de I'avoir; ear

nous ne professons pas I'avoir regue, soit des protestants soit des catholiques romains, on d'aucune autre source que celle ci-dessus nommee.

Apres avoir demontre qu'il est necessaire d'avoir I'autorite pour administrer legalement les ordonnances de I'Evangile, et que cette autorite est grande et d'une haute importance pour le genre humain, comme le bapt^me est une des ordonnances de I'Evangile, nous sommes neeessairement amenes a examiner notre sixieme et derniere question.

Quetqu'un avait-il le droit ou V autorite de changer cette ordonmnce?

II y a beaucoup de gens qui n'auraient pas h reflechir longtemps pour repondre a cette question; ils diraient incontinent :Non! Avec d'autres cette question serait plus grave, et ils auraient besoin de faire de bien plus longues reflexions avant de donner une reponse. On pour-rait objector : mais Jesus n'a-t-il pas donne a ses disciples le pouvoir de lier sur la terre;, [en leur discint que ce serait lie dansle ciel? Oui. Et n'a-t-il pas dit que ce qu'ils delieraient sur la terre, serait delie dans le ciel? Oui. Mais je pense qu'il ne leur donna jamais le pouvoir de changer aucune loi fixe. Quand un ministre plenipotentiaire est envoye par une cour pour traiter certaines affaires avec une autre nation, il a toujours ses instructions definies et indefinies. II n'est jamais autorise a changer ou alterer aucune loi de la nation dont il est membre; c'est a la nation a faire cela, et non pas a lui. II en est de meme avec un juge ou un magistral quelconque. Ils n'ont pas le pouvoir d'agir conlrairement a la loi ou de la changer j mais ils doiventjuger selon la loi. Ils n'ont pas le pouvoir non plus de faire des lois nouvelles. Tons ces officiers sont tout-puissants dans leurs emplois, mais non pas en dehors de leur sphere. Ils fonctionnent au nom de I'Etat, ville ou nation; et cet Etat, ville ou nation, est tenu de les maintenir, tant qu'ils agissent selon la loi. Ce qu'ils scellent au nom des autorites est scelle par I'autorite superieure; mais, s'ils n'y etaient point autorises, ou si, etant autorises, ils transgressaient les lois de la nation, ou agissaient au dela de leurs instructions, ou faisaient d'autres lois, leurs acles ne seraient pas reconnus par la nation.

C'est aux rois, aux empereurs, et aux legislatures, a changer les lois, et non a leurs ministres, ou ceux qui les representent, quel que soit leur puissance. Or, comme les lois du royaume celeste emanent de Dieu, c'est h lui a les changer, et non pas a I'homme, si toutefois il y a necessite qu'elles soient changees.

Mais on pourrait objecter : est-ce que les Apdtres et les Elders ne se reunissaient pas souvent; est-ce qu'ils ne deciderent pas ce qu'avaient ?i faire les Eglises sur la question de la viande, etc.? Oui. Mais c'etait la un pouvoir discretionnaire parmi ceux dont ils avaient ete revetus, mais I'alteration du bapteme n'etait pas pour eux une chose discretionnaire; le

bapt(5me 6tait nne loi ecrite, positivo, et bien deflnie, Un magistral a biea souvent un pouvoir discretionnaire, qui le rend libre d'agir d'aprfts son jugenient et selon les circonstances d'une affaire; mais. dans aucun cas, il n'est autorise a transgresser une loi reconnue. Jesus a dit positivement • c< A moins qu'un homme ne naisse de I'eau et de I'Esprit, il ne peut d'aucune maniere entrer dans le royaume de Dieu. » Quel homme a le droit de dire qu'on y entrera sans ces choses? Qui a le droit d'alterer ce que Dieu a arrete? Les Ecrilures sent fort claires et precises a ce sujet. II fut ordonn^ a Sloise d'une reaniere formelle de ne rien ajouter et de nerien retrancher de ce que le Stigneur avait commande (Deut^ronome IV, 2 et XII, 32). Jean dit dans I'Apocalypse : a Si quelqu'un a-joute aux parojes de la prophetic de ce livre, Dieu fera venir sur lui les plaies qui y sont ecrites, et si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophetic, Dieu lui otera la part qu'il a dans le livre de vie. » (Apocalypse XXII, 19, 20.) Jesus ordonna a ses disciples d'enseigner au peuple toutes les choses qu'il leur avait commandees. Et il leur dit aussi que celui qui transgresserait le moindre de ses commandements et enseignerait aux hommes de le faire, serait considere comme le moindre dans le royaume des cieux. Jean designe aussi I'enseignement de correctes doctrines comme une pierre de touche, pour reconnaitre la vraie Eglise, eu un vrai serviteur de Dieu. II dit : « Quiconque transgresse et ne demeure point fidele dans la vraie doctrine du Christ n'a pas Dieu, mais celui qui demeure dans la vraie doctrine du Christ a le Pere et le Fils : si quelqu'un vient a vous, et qu'il n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez point dans voire maison, et ne lui dites pas : que Dieu vous benisse. » (2 Jean, 9 et 10).

II est evident, par ce qui precede, que cette doctrine etait de la dcrniere importance. Mais, est-ce que les Apotres n'avaient pasle droit on I'autorite d'alterer cette doctrine? Non. Et je puis ajouter que non-seulement les Apotres n'avaient pas ce droit, mais meme les anges. Paul regardait ces choses comme etant d'une telle importance, qu'en ecrivant aux Galates, il dit : « Si nous-memes ou un ange du ciel enseigne une autre doctrine que celle que nous avons prechee, qu'il soit anatheme ! » II declare que lui-meme n'avait pas I'autorite de la changer, et que s'il enseignait autrement ils ne devraient pas accepter sa doctrine. Et que si une autre personne le faisait, ils devraient le rejeter, et que si un ange meme le faisait, il devrait etre anatheme. Rien de plus manifeste, de plus clair et de plus precis que ce qui precede. Ce que Dieu a institue pour la famille humaine est sansdefaut; son plan de salat est parfait. G'est Dieu qui a cree I'Evangile, et I'Evangile a pour bat dc conduire le genre humain au ciel. Et personne n'a le droit d'cn changer ou allercr les ordonnances sans encourir son courroux.

PARIS. — ISiPRIMERIE DE 5iARC DUCLOUS ET COMPAGNK,

rue Saint-Beiioit, 7, ~l8o3.

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