‹ Traitement Abortif de la Panophthalmie TraumatiqueChapitre 26 sur 27 · LES MO · texte numérisé non relu

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à 50 centimètres les doigts sans pouvoir les compter; on peut espérer, pour plus tard, lui donner un peu d’acuité par une iridectomie, surtout à cause de la transparence complète de la cornée

dans touté sa moitié inférieure,

OBSERVATION XVII (Teulières).

Cataracte sénile; infection post-opératoire. injections sous-cutanées et sous-conjonctivales de sérum de Roux.

Jeanne D. 71 ans, entre à la clinique ophtalmologique de lhô- Pital Saint-André, le 18 avril 1907, pour y subir l'opération de la cataracte à l'œil gauche. Comme elle aveit un orgelet à la paupière inférieure el qu'elle larmoyait, le professeur Badal surseoit à l'opération ‘et institue un traitement antiseptique.

Le 6 mai. — Toute cause d'infection semblant écartée, on pratique l'extraction de la cataracte, L'opération et les deux premiers jours se passèrent normalement. Le troisième, la malade se plaint d’avoir souffert pendant la nuit et on constate que la plaic cornéenne est bordée d’un liseré jaune, que l'humeur aqueuse est trouble, en un mot qu'on se trouve en présence d'un début d'infection. Nous noterons aussi des douleurs vives irradiées au front et à la tempe. — Les moyens usuels sont employés: cautérisation linéaire de a plaie, injections sous-conjonctivales de cyanure de mercure à 1 0/00, applications fréquentes de compresses chaudes.

Le 1% mai. — La cornée était infiltrée dans toute son étendue et avait pris une teinte jaunâtre, la plaie était entr'ouverte, la conjonctive rouge et chémotique. Les douleurs étaient très vives. Devant l’inefficacité du traitement, M. le professeur Badal nous engage à injecter du sérum de Roux pour tâcher de combattre l'infection. Nôus faisons le même jour une injection sous conjonctivale de 1/2 cc. èt une injection sous-cutanée (paroi abdominale) de sérum antidiph'érique; nous continuons l’applicatior

des compresses chaudes,

Le 18 mai. — Nous faisons une seconde injection de 20 cc de sérum et ce n’est que le 19 que les douleurs se calment et que l'infiltration se localise à la partie inférieure de la cornée.

Depuis ce jour-là, le mieux s'est confirmé de plus en plus, sauf l'apparition d'un hypopyon très faible, le ler juin, qui disparaissait le lendemain. Nous avons fait le 26 mai une injection sous-conjonctivale de 12 ce de sérum, et le 1e juin une injection sous-cutanée de 20 cc. Chacune produit très rapidement une sédation des phénomènes douloureux.

La malade sort le 7 juin avec un leucome siégeant à la partie inférieure de la cornée. Le reste est transparent et malgré cela le fond de l’œil s’éclaire très mal et l’acuité visuelle est très faible: c’est à peine si la malade distingue les doigts que l'on

agite devant son œil à 50 centimètres.

Après l'exposé de ces quelques observations, qu’il nous soit permis de résumer en quelques mots le traitement qui nous a paru le plus efficace contre une panophtalmie traumatique au début, ou plutôt contre une uvéite purulente ayant tendance à provoquer une panophtalmie.

Qu'il s'agisse d’une plaie accidentelle, qu’il s’agisse d’une plaie opératoire primitivement ou secondairement infectée, il faut avant tout régulariser les lèvres de la blessure et les débarrasser de tous les débris, quels qu'ils soient, susceptibles de servir de porte d’entrée aux microorganismes, La cautérisation au galvanocautère est le procédé de -choix, car elle détruit les germes pathogènes et favorise la formation de tissu cicatriciel. On aura recours ensuite aux injections de mercure à faible dose dissous dans une grande quantité de liquide vecteur. Nous avons expliqué plus haut le pourquoi de cette manière d'agir. Puis, deux fois par jour des frictions d’onguent mercuriel seront faites aux tempes, à condition que l’état de Pappareil excréteur rénal du sujet le permette.

Les injections hypodermiques de sérum antidiphtérique se-

RAT CNE

ront également un précieux adjuvant contre l’élément douleur et même contre le processus infectieux.

Les soins locaux ne seront pas négligés; et l’atropine, les compresses chaudes, une poudre antiseptique quelconque (iodoforme, vioforme, xéroforme), viendront contribuer elles aussi à la lutte contre l'infection oculaire.

Certes les cas sont nombreux où aucune médication aussi énergique soit-elle, ne parvient pas à enrayer la marche, désolante par sa rapidité, de la panophtalmie, Chacun de nous a vu des yeux transformés en 48 heures en fonte purulente et a assisté impuissant à cette foudroyante évolution. S'agit-il d’une virulence spéciale des germes pathogènes? L’état général doit-il être mis en cause? Peut-être! Mais il n’en est pas moins prouvé que des soins intelligents, une thérapeutique intensive peuvent influencer favorablement aussi les infections oculaires, nous en avons pour preuve les observations relatées plus haut. Réunis en un faisceau compact les différents moyens que nous avons préconisés, se donneront en barrière infranchissable et juguleront des désordres que l’on aurait pu craindre irrémédiables.

Tout doit être mis en œuvre pour sauvegarder un œil, même si la vision est à tout jamais compromise.

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