‹ Traitement Abortif de la Panophthalmie TraumatiqueChapitre 8 sur 27 · SET ES · texte numérisé non relu

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matiquement. Dans le premier cas, il s'agissait d’un soldat qui, pendant la guerre de 1870, reçut dans la région oculosourcilière gauche, un éclat d’obus ayant provoqué dans la suite une panophtalmie. La gravité du traumatisme et les lésions étendues qui en étaient résultées étaient à elles seules capables de déterminer la mort. Le second malade était entré à l’hôpital pour une fonte purulente de l’œil, datant de trois semaines êt s'étendant vers l'orbite. On fit l’énucléation et la mort s’ensuivit. Un examen bactériologique attentif et une nécropsie furent faits; on acquit la certitude que le malade, au moment de l'opération, avait une néphrite albumineuse et une pleurésie purulente avec abcès du poumon; l’opération avait été inutile, mais le malade aurait également suecombé si l’on s'était abstenu.

Quelque temps après, en 1889, le docteur Chibret (de Clermont-Ferrand), rejetant les procédés de Panas (énucléation), de Alf. Grœæfe (exentération), et de bien d’autres auteurs qui ouvrent issue au pus en débridant le globe, ou encore font de lexpectation, recherche la conservation des parties saines, mais en enlevant les parties infectées. Pour cela, il opère au plus tôt, et même avant la disparition des perceptions lumineuses; dès qu'il a posé le diagnostic de la panophtalmie, «il taille un large lambeau inférieur dans la cornée avec le couteau de Grœfe. Avec la pointe de ce couteau, il déchire largement l'iris, les exsudats pupillaires, la capsule antérieure; le cristallin se présente généralement accompagné . de pus. Prenant alors une seringue à grosse canule, remplie d’une solution tiède de cyanure de mercure à 1: 0/00, il décolle et lave les parties suppurantes. Les suites sont simples. La fièvre et la douleur cessent dès le lendemain, quelques compresses chaudes suffisent ensuite. » Cinq observations ‘de suppuration oculaire consécutive à un traumatisme infectieux de l'hémisphère antérieur de l’œil suivent ‘à l’appui de cette manière de voir, dans la « Revue d’ophtalmologie. »

10 M. Mart… 47 ans: début, 4 jours; le lavage entraîne rétine,

choroïde, et corps vitré en suppuration. Part en bon état 4

jours après ie curage de l'œil.

20 M. Beaup.., 16 ans; début: 2 jours. Le lavage entraîne le 1/3 antérieur du corps vitré. Il y avait encore perception lumineuse quand le curage a élé pratiqué. Part en bon état au bout de 4 jours. Revu 4 mois après: Possède un moignon représentant environ les 2/3 de l’autre œil Excellent état.

32 Mlle Me. 13 ans; début: 9 jours. Marche lente; les perceptions lumineuses persistent encore. Le lavage entraine les 2/3 antérieurs du corps. vitré environ. La pièce anatomique. est envoyée au professeur Panas. Part en bon état 4 jours après le curage de l’œil. Revue un mois après: Excellent état; œil réduit environ des 2/3. :

40 M. Rou.., 40 ans; début: 6 jours. Le lavage entraîne la moitié environ du corps vitré. Part le sixième jour en bon état. Au bout de 2 mois: excellent état, œil réduit de moitié.

5o Mme Ro. 43 ans: début: 8 jours. Les parties suppurantes ne se tiennent pas. Elles sont entraînées par le lavage avec difficulté. Part le troisième jour en bon l'état.

Cette méthode de début serait, d’après le docteur Chi- \bret, plus avantageuse: 1° que l’énucléation: dispense de la prothèse: 2 que l’exentération: résultats peu satisfaisants, nécessité de la prothèse comme pour l’énucléation. On conserve ainsi le globe, quoique avec un volume diminué, et Von obtient une cessation très rapide des douleurs et du processus infectieux.

La même année, Truc, dans «Montpellier Médical», se contente d’amputer le segment antérieur de l’œil et avec une curelte, mais sans raclage, sans tou':ter les parois, vide la partie centrale et fait des injections détersives. Siifre ,dans sa thè:e inaugurale, après une courte statistique recueillie dans le service de son maître, M. Truc, de Montpellier, se rallie à l’opinion de celui-ci, et ne conseille l’énucléation que: 1° dans les cas de traumatisme grave avec désorganisation du globe; 2 dans les cas de panophtalmie due à la présence

de corps étrangers, dont on ne connaît pas le siège; 30 dans les cas de panophtalmie avec accidents sympathiques.

En août 1910, au Xe Congrès médical international de Berlin, nous trouvons les résumés des procédés antérieurement employés. De cette revue, il est impossible de savoir qu’elle est la thérapeutique la meilleure pour les oculistes de l’époque. Chibret préconise le curage, Pilüger (Berne), l’exentération, Boé (de Paris) le débridement large et les lavages fréquents sans énucléation.

Une idée originale est émise, en 1891, par Dianoux, qui, aux membres de la Société française d’ophtalmologie, pro: pose l’énervation comme traitement de la douleur, et « arrêt du processus suppuratif. »

En 1892, se forme ‘un parti hostile à la façon d’agir de Panas; Kalt signale deux cas de mort par méningite après énucléation et Thompson une mort par hémorragie diffuse impossible à arrêter. Ces exemples sont analogues au cas. de Delbez (de Périgueux), que Georges Valois félicite d’avoir fait connaître, alors que bien d’autres auteurs font des statistiques assurément fausses, et à celui de Berry (Edinburg. Hosp. Rep. 1894), (mort vingt heures après l’énucléation).

Malgré ces observations défavorables, Brandenburg (de Trèves), se déclare partisan de l’ablation précoce du globe. Puis, avec Dor, nous assistons au panégyrique d’une thérapeutique conservatrice. Ce clinicien essaye les effets de l’iodure dans les différentes étapes de l’évolution du processus suppuratif. De ses recherches, il résulte que, en admettant son pouvoir préventif, encore hypothétique, l’iodure devrait être administré au moins aussitôt après l'infection. Valude est de son avis. La possibilité de sauver l'organe est, pour L. Ferri, la préoccupation la plus grande et cetle qui doit tout d’abord retenir l'attention du chirurgien. Après avoir analysé les divers traitements, il recommande les applications d’un mélange de calomel et de sublimé, et rejette entièrement l’énucléation et l’éviscération (Annali di Otlalmologia). On peut, par un traitement préventif, sauver ainsi des yeux voués jusqu'alors

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