CHAPITRE II
Histoire de la Thérapeutique
Les moyens préconisés pour combattre une panophtalmie traumatique ou opératoire, sont très nombreux. La plupart s’adressent au traitement préventif de la suppuration du globe, les auteurs ayant essayé de sauvegarder l’organe, et si possible, sa fonction. Beaucoup d’autres procédés n’envisagent que la cure de la panophtalmie complète, l’œil étant perdu sans espoir. Les cliniciens ont, en effet, été hantés par les conséquences fâcheuses de ce phlegmon oculaire, quelques cas de méningite ayant été signalés, en particulier par Dupuytren, Scarpa, Webster, Pflüger. Panas dès 1888, avait pris la parole à ce sujet à la Société française d'ophtalmologie, et avait cité des exemples typiques.
Reis (Arch. f. Aughkde, t LIIT. 1905), en rapportait un cas, quelque temps après celui de Warlomont; et Terson, en 1908, reprenait encore la question à la Société françaisé d’ophtalmologie (séance du 4 mai 1908).
Dans ce chapitre nous allons brièvement exposer les différents procédés inventés pour lutter contre la marche envahissante de l'infection, ou pour éviter les complications susceptibles de se produire lorsque l'organe est définitivement compromis.
Dans la médecine grecque déjà, Celse, au cours de la
Corrèges 3
La DT t Ld
panophtalmie, incisait le glob:. « Si la suppuration se montre, on incise l'œil du côté de l'angle temporal, afin que par l'évacuation du pus, la douleur et l’inflammation cessent et que les tuniques s’affaissent, ce qui rendra plus tard le visage moins disgracieux.» Jusqu'à nos jours, le ‘phlegmon oculaire tait traité comme les abcès en général. L’évacuation du pus paraissait être la seule conduite susceptible d’être appliquée. Seul Mackensie s’attardait systématiquement dans l’expectative avec traitement de linflammation par des cataplasmes, émissions sanguines, etc.
Valude, en 1881, rapporte un cas d’énucléation pratiquée par le professeur O’Becker. Une panophtalmie avait succédé à l'éclat d’une capsule enflammée. Le malade, dix jours après, sortait avec la région orbitaire simplement couverte d'un bandeau flottant. L'examen bactériologique fut pratiqué, mais ne démontra pas la présence certaine de microbes déterminés.
En 1866, Vossius signale les dangers de l’énucléation et la méningite consécutive fréquente. Il est contredit, en ce pronostic fâcheux, par Rolland, qui conseille toujours et de parti pris l’ablation du*globe, chaque fois que celui-ci ést transformé en fonte purulente. Cette conception est adoptée par J.-B. Dublin, dans le «Dublin Journal of Med. soc. » (1885), qui fait et préconise l’énucléation d'emblée.
Deux ans après, Panas, à la Société française d’ophtalmologie, après une discussion où prirent part: Dufour (de Lausanne), Abadie, Gayet, Fieuzal, Meyer; Vacher, Dianoux, Coppez, Galezowski, Martin (de Bordeaux), Bravais; conclut également à l’énucléation précoce, les cas de méningite n'ayant lieu que parce que l'infection s’est propagée. Il admet le précepte de chirurgie générale, qui veut que «tout foyer local d'infection soit extirpé totalement dès que possible ». Le professeur parisien fait connaître À ce propos un grand nombre d'observations remarquables. Au cours de vingt-cinq années de pratique hospitalière, jl n'aurait vu que deux fois la mort survenir après l’énucléation qu’il pratique systé-
LT