‹ Traitement actuel du cancer de la langueChapitre 12 sur 247 · ADO · texte numérisé non relu

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Pour la fréquence relative de ces divers cancers, les statistiques donnent les chiffres suivants :

Statistique de DuBois-Roquegerr (Institut du radium) : Epithéliomas infra-linguaux : 45, Epithéliomas dorso-linguaux antérieurs : 74, Epithéliomas dorso-linguaux postérieurs : 31.

Statistiques de Lexormanr et Moure, de Prousr (Thèse MÉNEGAUX) :

Pelvi-lingual : 28.

Marginal antérieur : 77, Méso-marginal : 25, Marginal postérieur : 25.

Personnellement, au Centre anticancéreux de Lyon, nous avons trouvé (statistique du Professeur Léon Bérard) : :

Pelvi-lingual : 33, Marginal antérieur : 87, Méso-marginal : 35, Base de la langue : 54,

Soit : 209 cas.

Comme dans les statistiques précédentes, la localisation marginale antérieure est de beaucoup la plus fréquente. Viennent ensuite les localisations marginale postérieure, méso-marginale et pelvi-linguale. On remarquera dans notre statistique la place énorme qu'occupe le cancer de la base de la langue. Cela tient, sans doute, au fait que nous voyons aux consultations des malades avancés dont le diagnostic n'a été fait que tardivement ou qui encore ont Sub1 déjà des traitements multiples, presque toujours insuffisants, des cas enfin de thérapeutique particulièrement difficile et décevante.

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III Les variétés d'évolution.

Nous avons déjà brièvement indiqué comment, suivant le siège du néoplasme, se propageait l'infiltration cancéreuse. [l convient d'y insister à nouveau. Schématiquement on pourrait distinguer 3 périodes dans l’évolution locale. Une période de début, phase de localisation à l'organe, l'hémi-langue en général, sauf pour certains cancers de la face dorsale, assez rares du reste ; une deuxième période d'extension, de propagation aux tissus voisins de proche en proche ; une troisième période d’envahissement.

LE CANCER DE LA FACE INFÉRIEURE brûle les étapes, c'est à la deuxième période qu'on le voit habituellement. Il infiltre le plancher, adhère au périoste de la portion médiane ou para-médiane de l’arc maxillaire. Mais longtemps, il ne traduit de ce côté sa marche envahissante que par une simple adhérence périostique ; la rugine décolle encore facilement le périoste et trouve un os sain au-dessous. Plus tardivement il infiltre l'os, surtout dans sa portion buccale et alvéolaire, en même temps qu'il dépasse la sangle pelvienne du mylo-hyoïdien. Enfin, cet envahissement de l'os peut aboutir à une fracture spontanée.

LE CANCER MARGINAL ANTÉRIEUR, Cancer dorsal antérieur de certains auteurs, poursuit une marche moins rapide. On le saisit parfois à la première période. Plus tardivement que le précédent, il se latéralise, envahit le sillon alvéolo-lingual, la partie latérale du plancher, pour atteindre ensuite le périoste et infiltrer la branche horizontale du maxillaire inférieur.

LE CANCER MÉSO-MARGINAL ET LE CANCER DE LA BASE sont très rarement saisis à la période de début. Ce sont des

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cancers à diagnostic tardif et même pour les seconds des cancers de spécialistes, Cela explique qu'ils ne soient vus que tardivement à la deuxième ou à la troisième période alors qu'ils ont envahi les parois latérales du pharynx, l’amygdale, le voile et l'épiglotte. Nous verrons toute l'importance que l'on doit tirer de ces faits au point de vue des indications thérapeutiques.

Nous avons classé nos observations suivant le degré d'envahissement et nous pouvons ainsi présenter les tableaux suivants :

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