‹ Traitement actuel du cancer de la langueChapitre 18 sur 247 · RATES · texte numérisé non relu

RATES

Voici la statistique du Centre anti-cancéreux de Lyon:

Cancers antérieurs

Avec envahis- Sans envahissement sement du plancher du plancher Adénopath. sous-maxil-

TPE RER SRE 18 NI Adénopath. carotidienne 12 7 Adénopath. carotidienne

et sous-maxillaire .:.. 16 17 Adénopath. sous-mentale

sous-maxillaire et ca-

rhtidiennen. eu se 1 QE

Les proportions sont à peu près identiques dans les deux cas. Peut-être cela tient-il à la difficulté d'appré- cier exactement par le toucher buccal le degré d'extension du néoplasme dans la profondeur.

Mais en examinant le tableau suivant, on remarque que les cancers postérieurs qui mordent sur les parois du pharynx envahissent surtout les ganglions carotidiens.

Cancers postérieurs

Avec atteinte

des piliers Sans et des parois envahissementpharyngées Adénopath. sous-maxil-

LATE REA ETES 13 6 Adénopath. carotidienne.. 16 y!

Adénopath. sous-maxil-

laire et carotidienne.. 24 D

En pralique, la localisation initiale de l'adénopathie à l'heure actuelle n’a pas, étant donné les moyens thé-

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SANTE Men

rapeuliques employés une importance considérable. C'est la plupart du temps, et l'on s'en apercevra par la lecture de nos observations, en présence d'une adénopathie combinée que se trouve le chirurgien. D'où la nécessité d'une exérèse systématique non seulement des ganglions tributaires, mais de tous les espaces lymphatiques et giles ganglionnaires du cou du côté correspondant à la lésion primaire.

e) LES TYPES ANATOMO-CLINIQUES D'ADÉNOPATIHE.

Les adénopathies ne revêtent pas toujours le même aspect clinique et anatomique. Il est nécessaire, quand on entreprend le traitement d’un cancer de la langue, de bien connaître les formules habituelles.

1°) Forme micro-poly-adénite sous-matillaire. — C'est le type banal, courant, le plus fréquemment observé. L'examen par la palpation des régions sous-maxillaires et carotidiennes révèle la présence de quelques ganglions de volume modéré. [ls sont ligneux, donnent la sensation d'un pois roulant sous le doigt, tantôt d’un haricot ou d'une noisette. C’est une forme favorable au curage.

2°) Forme gros ganglions encore libres. — C'est l'évolution du type précédent. Les ganglions se fusionnent et arrivent à former des masses dures, compactes et volumineuses siégeant sous le bord inférieur du maxillaire ou dans la région carotidienne. Le volume de l’adénopathie n’est pas une contre-indication du traitement.

3°) Forme adénopathie firée. — À une période plus éloignée, les adénopathies se fusionnent en un bloc compact qui adhère au périoste du maxillaire dans la région sous-maxillaire, au sterno-cléido-mastoïdien dans la région carotidienne. En profondeur, la tumeur englobe le paquet vasculo-nerveux. Les carotides et le X sont rarement envahis par le processus néoplasique mais la jugu-

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laire interne l’est souvent. Il faut bien connaître cette forme fréquente de l’adénopathie qui obligera au cours du curage à la résection du sterno-cléido-mastoïdien et de la jugulaire interne, les carotides et le X pouvant être libérés du sein de la tumeur, sans qu’il soit besoin de les sectionner.

4°) Forme adénopathie néoplasique pseudo-inflammaloire. — Elle se présente avec une allure aiguë -ou subaiguë, simulant parfois un véritable adéno-phlegmon. La peau est rouge, tuméfiée, chaude. Parfois l’aspect des ganglions est celui de la tuberculose. A la coupe, les ganglions se présentent comme des masses caséifiées, alors que la formule histologique est celle du néoplasme. Parfois même il existe une association de la tuberculose ou de la syphilis au néoplasme. Ces formes sont particulièrement graves. En cas d’évidement, la suppuration du foyer opératoire est souvent mortelle ; d'autre part, l'infection secondaire rend souvent inapplicables ou inefficaces les thérapeutiques par les agents physiques (REGAUD).

5°) Forme d'adénopathie ulcérée. — Elle est heureusement exceptionnelle, en dehors des récidives. C’est un stade d'évolution ultime de la forme précédente. Elle contre-indique toute tentative opératoire (fig. 5).

f) LES CARACTÈRES HISTOLOGIQUES DES ADÉNOPATHIES.

Tous les ganglions perceptibles cliniquement aa cours de l’évolution du néoplasme ne sont pas nécessairement cancéreux. Cette notion est commune à l'heure actuelle, depuis le travail classique de Soupaurr et LaBBé (1). En se basant sur l'examen histologique, ces auteurs distin-

(1) SoupauLT et LABBE. — Etude sur les altérations et le rôle

des ganglions lymphatiques dans le cancer épithélial (Rev. de Méd., 1900).

guent parmi les ganglions au voisinage d’un cancer 3 variétés :

Eh Les ganglions sains, mais en état d’hypertrophie fonctionnelle.

F1G. 5. — Volumineuse adénopathie néoplasique ulcérée

UE

2°) Les ganglions infiltrés, soit par les microbes pyogènes, soit par la tuberculose.

3°) Les ganglions cancéreux.

Ménecaux, étudiant dans sa statistique les cas où l’examen histologique a porté:sur les ganglions enlevés opératoirement, rapporte que, sur un total de 33 cas, 11 fois il n'y avait pas d'éléments épithéliaux visibles sur la préparation.

Nous-même, sur 33 cas où l'examen histologique a été pratiqué, nous trouvons les ganglions envahis 17 fois, soit dans un peu plus de 50 % des cas.

Il est nécessaire de remarquer cependant que tout dépend de l'endroit où a porté la coupe. I n'est pas possible d'affirmer le non envahissement ganglionnaire sur une réponse histologique négative, car dans un même carrefour lymphatique peuvent exister des ganglions envahis et d’autres qui ne le sont pas, et la biopsie a pu porter sur ces derniers.

De là vient le dogme de l'intervention systématique quelle que soit la réponse histologique fournie. Il serait imprudent sur la foi du laboratoire de mégliger le traitement des ganglions.

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