‹ Traitement actuel du cancer de la langueChapitre 21 sur 247 · A TRES · texte numérisé non relu

A TRES

À. Les principes de la cure chirurgicale.

Ici, nous serons bref. Les caractères anatomo-pathologiques des lésions commandent l’ablation large au delà de ce que les caractères cliniques laissent supposer. L'exérèse chirurgicale en un bloc de la lésion et des ganglions apparaît comme l'opération théoriquement la meilleure. C’est en sa faveur qu'ont plaidé la plupart des chirurgiens dans la période d’avant-guerre, VaLLAS en particulier. Mais, nous verrons que la gravité de l’acte opératoire, lorsqu'on veut ainsi enlever en bloc tumeur et ganglions, gravité non compensée par le nombre des guérisons tardives, a fait rejeter définitivement, par la plupart des auteurs cette méthode théoriquement idéale comme inutile et dangereuse.

Il reste donc deux méthodes :

1°) L’ablation de la lésion primaire sans ‘cure ganglionnaire associée.

2°) L'ablation de la lésion linguale et des ganglions tributaires en deux temps opératoires, séparés ou simultanés.

De ces deux méthodes, la première est définitivement condamnée par la connaissance de l’extension 2anglionmaire constante du cancer lingual. La seconde est donc la seule, dont en principe les modalités doivent être retenues. Mais tout ce que nous savons maintenant des modes d’envahissement et de propagation du néoplasme nous oblige à conclure qu’une thérapeutique qui sera uniquement chirurgicale ne pourra être réservée qu'à des formes très précises et par conséquent peu nombreuses. [Il serait vain de chercher un résultat correct par

le bistouri seul. Celui-ci à moins de devenir effroyable-

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ment grave, ne peut enlever les lésions qu’à la demande, en laissant subsister des territoires intermédiaires entre la lésion initiale et les ganglions.

Il est donc nécessaire, au niveau du cancer de la. langue, d'associer ou de substituer à l’action chirurgicale celle des méthodes radiothérapiques. L'action des agents physiques justifie-t-elle une thérapeutique mixte ou doitelle remplacer celle du bistouri ? C’est autour de ce point qu'ont essentiellement porté les discussions de ces dernières années. Pour en envisager l’étude, 1l est nécessaire de rappeler maintenant, après les principes de l’acion chirurgicale, ceux de la cure radiothérapique.

B. Les principes de la cure radiothérapique.

Pour les exposer, 1l faut rappeler brièvement les notions acquises sur le mode d’action des irradiations sur les tissus néoplasiques. Il suffit pour cela de rappeler les conclusions de LacassAGE et Moxop (1) qui ont étudié les effets des irradiations sur différentes tumeurs.

‘1. Que ce soit par rayons X ou par rayons +, l'irradiation provoque un phénomène presque immédiat. C’est Ja disparition des karyokinèses existantes.

2. La phase de repos complet avec disparition de toute karyokinèse dure quelques heures. Ensuite les karyokinèses reparaissent et deviennent de plus en plus nombreuses pendant quelques jours. Ces karyokinèses normalement nombreuses sont provoquées par l’irradiation, mais elles ne sont pas un signe de multiplication cellu-

(1) LACASSAGNE et Monop. — Les karyokinèses atypiques provoquées dans les cellules cancéreuses par les rayons X. Arch. franc. de pathol. gén. et expérim., 1922.

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