LA VOIE D'ABORD
La voie naturelle est en effet la plus simple, celle qu vient la première à l'esprit. Il est facile d'ouvrir largement l’orifice buccal et de le maintenir écarté par un écarteur orthostatique. Le jour ainsi obtenu est suffisant et l’on peut commodément attirer la langue au dehors.
Mais assez souvent, la voie buccale simple est insuf-
lisante. Dès qu'on se sent à l’étroit dans l'orifice buccal. ou si l'étendue et le siège des lésions l'indiquent, on peut
F1G. 6. — Résultat d’une incision de Jaeger.
élargir considérablement la voie d’abord en pratiquant une incision jugdle de décharge.
SRE nl
C’est l'entaille commissurale qui, lorsqu'elle est unilatérale prend le nom d’incision de Jaeger et le nom d’incision de Maisonneuve lorsqu'elle est bilatérale.
Elle est d'exécution facile et simple. D'un coup de bistouri rapide et horizontal, on fend la Joue, muqueuse comprise. La restauration est simple et facile, mais il est nécessaire de faire deux plans, l'un muqueux, l’autre cutané et de bien reconstituer la commissure. La cicatrisation s'effectue sans incident en quelques Jours.
Dans 45 cas, où la voie naturelle a été employée, 31 fois l’exérèse linguale a été réalisée sans incision de Jaeger : 14 fois avec celte incision, soit :
sans incision de Jaeger 68,88 % des cas :
avec incision de Jaeger 31,11 % des cas.
Nous n'avons jamais utilisé la double incision commissurale de Maisonneuve.
On remarquera que dans près du tiers des cas, nous nous sommes servis de l’incision de décharge. C’est plus que l’indiquent la plupart des statistiques. Nous croyons que, du moment où l’on veut enlever largement et loin, il ne faut pas hésiter à ouvrir délibérément la joue, puisque l'esthétique même n’en souffre pas (fig. 6).