‹ Traitement actuel du cancer de la langueChapitre 28 sur 247 · L'EXÉRÈSE DE LA LÉSION · texte numérisé non relu

L'EXÉRÈSE DE LA LÉSION

La voie d’abord une fois créée, comment extirper la lésion ? Le point essentiel est d’extérioriser la langue le plus possible. Pour cela, il suffit de la saisir, en arrière du point où doit porter la section, avec des pinces de Museux, où mieux, en la transfixant avec deux fils de soie ou de catgut.

Le section se fait au bistouri. Il est généralement nécessaire de pincer ou de lier une ou deux artères linguales. On termine par quelques points de capitonnage au catgut pour assurer l'hémostase.

Il est nécessaire de reconstituer la langue par suture de la muqueuse.

Il est intéressant de signaler que par diathermocoagulation on peut détruire in situ et profondément les cellules néoplasiques sans risque d’essaimage avec hémostase d'emblée. Nous avons emplové cette technique, mais, comme les résultats obtenus sont à peu près analogues à ceux que donnent la chirurgie ou la radiumponcture, nous n'avons pas généralisé son emploi.

Ici se posé une question importante : combien faut-il enlever de parenchyme lingual ? Certains, tels que Jacobson préconisent dans tous les cas l’amputation totale. Elle n'a été exécutée que très rarement dans notre statistique. Comme nous le verrons en effet, plus loin, l’exérese par les voies naturelles s'adresse en général à des lésions assez limitées de la portion mobile qui restent longtemps localisées à une hémi-langue, ou à des cancers de la face inférieure ou de la pointe. Du moment où ces lesions deviennent extensives, ou bien s’il s’agit de cancers de la base qui nécessitent, pour que l'acte d’exérèse soit complet, l’amputation totale, il est tout indiqué de s’adresser aux méthodes radiothérapiques.

Aussi, pensons-nous qu'on peut pratiquer dans la ma- Jorité des cas :

soit l’hémi-section vraie,

soit l’excision d’une bande longitudinale,

soit l'excision cunéiforme,

soit enfin une amputation large, mais non totale, ne laissant subsister qu'une étroite bande de parenchyme sur le bord opposé.

Et cette conservation est importante, car elle permet au malade l'usage de la parole et lui permet aussi de déglutir etc:

Tout dépend en somme du siège et de l'étendue des lésions. En dépouillant nos observations, nous avons pu dresser le tableau suivant qui indique le nombre des in-

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terventions par voie naturelle suivant les localisations de la lésion.

Pelvi- Marginal Méso-

lingual antérieur margin. Base Intervention par les voies naturelles 8 3 4 0 Avec Jaeger 3 9 2 0 Sans Jaeger 5 24 2 (Q

Sur le grand nombre des interventions dans la localisation marginale antérieure, nous n’insisterons pas non plus que sur l'absence des exérèses par les voies naturelles dans les cancers de la base.

Mais nous trouvons que ces voies naturelles conduisent dans un nombre de cas assez important à l’exérèse chirurgicale du cancer pelvi-lingual. Il semblerait que, logé dans cet étroit récessus du plancher, protégé en avant par la portion médiane de l’arc maxillaire, il ne fût pas extirpable autrement que par la voie trans-maxillaire.

Il n'en est rien. Dans les cas où l’incision de Jaeger n'a pas été utilisée (obs. I, IX, XXI, XXII XXX) l'ablalion de la lésion à la demande et du plancher a pu être réalisée facilement.

Dans les 3 cas avec Jaeger (Obs. XV, XVI, XVIT), il s'agissait de cancers adhérents au périoste de la face postérieure de l’arc du maxillaire, au-dessus de son étage buccal. On a pratiqué par les voies naturelles élargies en même temps que l’ablation des parties molles du plancher de la bouche, une résection morcelée d’un segment plus ou moins large de l'étage alvéolaire à la pince gouge.

L'opération par les voies naturelles peut devenir suffisante dans certains cas où les néoplasmes siègent dans la portion para-staphylienne de la langue. Cette localisation est, pour beaucoup, une contre indication à l’inlervention par la cavité buccale. Nous pensons qu’en

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