‹ Traitement actuel du cancer de la langueChapitre 51 sur 247 · B, — LES MESURES OPÉRATOIRES · texte numérisé non relu

B, — LES MESURES OPÉRATOIRES

Elles concernent essentiellement :

L'anesthésie :

L'hémostase.

L'PANESTHES TE

La question de l’anesthésie est d'importance primordiale dans ces interventions s'adressant en général à des malades âgés, souvent en état de moindre résistance, chez lesquels tous les facteurs de choc et de complications post-opératoires doivent être réduits au minimum.

Aussi ne doit-on pas s'étonner que tous les modes d’anesthésie aient été employés et que l'accord ne soit pas fait entre les chirurgiens en faveur de tel ou tel procédé. Mais contrairement à ce qu'on pourrait croire à prior! pour une opération portant sur une région qui se prête particulièrement à une anesthésie loco-régionale et qui se pratique sur des sujets particulièrement fragiles du point de vue des complications post-anesthésiques, la plupart des auteurs depuis la guerre, à Paris en particulier, se montrent partisans de l’anesthésie générale. C'est ainsi que SÉBILEAU, en 1919, recommande l’anesthésie générale continue et éloignée, que R. Moxon, Prousr et MaurErR se montrent partisans de l’anesthésie sénérale par l’éther, sous forme de lavements .éthérohuileux donnés sous faible pression par dose fraction-

(1) CREYSSEL et ET. MARTIN. — De l’anesthésie loco-régionale dans la pratique du curage cervical pour adénopathie néoplasique. Rev. Chir., 1931.

NC

OT à

née ; c'est pour eux le procédé de choix ; il atténue les phénomènes réflexes provoqués par l'éther et le chloroforme, 11 diminue les risques de complications pulmonaires, il prolonge l'état analgésique post-opératoire, il évite à l'opéré l'appréhension qui précède toute intervention. Mais la méthode exige des soins préliminaires assez longs, assez minutieux : généralement elle doit être complétée par l'administration de chloroforme ; enfin surtout, elle ne permet pas de doser, en cours d’intervention, l'anesthésie suivant la susceptibilité et la résislance du sujet. C'est äinsi que DuFOURMENTEL, JEANNE- NEY, LENORMANT, restent partisans de l’anesthésie générale au chloroforme, soit par inhalation directe à la compresse, soit par intubation laryngée ou trachéale avec la pipe de Delbet. La méthode pour eux est simple, et donne une anesthésie parfaite.

Cette opinion cependant n’est pas unanime : c’est ainsi que Roux-BERGER emploie l’anesthésie locale dans les adénectomies (100 à 150 ce de novocaïne adrénalinée à 1 pour 200), sous forme d'infiltration sous-cutanée de tout le quadrilatère compris entre la branche horizontale du maxillaire, la clavicule, la ligne médiane, le bord postérieur du sterno-cléido-mastoïdien, sans chercher à réaliser une anesthésie régionale devant l’apophvse transverse. Mais il paraît peu suivi par l’ensemble des chirurgiens et R. BERNARD écrit dans sa thèse : «1l est à regretter que l'anesthésie régionale ne soit pas plus répandue en France, cette lacune tenant sans doute à l’absence chez nous d’anesthésistes de métier ».

Nous crovons cette opinion de R. BERNARD tout à fait excessive, et 1l nous semble que d’une part l’anesthésie loco-régionale présente assez d'avantages dans de tels

Page 1