LES INTERVENTIONS PAR VOIE TRANSMANDIBULAIRE
lei la question est toute différente, et il faut d'emblée distinguer parmi ces opérations, celles qui mettent en communication les espaces celluleux du cou et la cavité buccale et d'autre part celles qui ménagent la sangle musculaire du plancher, telle l'opération de MOoRESTIN.
La mortalité opéraloire est la suivante :
Hémirésection du maxillaire inférieur : 4 cas
Morts opératoires. ee DONS ÉDÉTALIORAEAMORESTIN » 44e. 20 6 cas MORE DER LOIreS AE LUE 0
Les 4 cas d'hémirésection comportaient une opération primitive.
OBS. . — Epithélioma méso-marginal gauche; ganglions sous-maxillaires et carotidiens gauches. Evidemment carotidien et sous-maxillaire dans un premier temps, 3 semaines après, hémirésection du maxillaire inférieur sous anesthésie générale à l’éther et mise en place de 11 aiguilles de radium dans le foyer opératoire.
Malgré la complexité de l'intervention, suites opératoires immédiates normales.
Os. 150. — Epithélioma méso-marginal sans ganglions percus. Curage sous-maxillaire, hémirésection du maxillaire inférieur gauche, hémiglossectomie empiétant sur la base, le pilier antérieur, la voûte palatine sur 2 cm. de largeur.
Les suites opératoires ont été très peu mouvementées puisqu'un mois après l'opération on pouvait compléter l’opération par la mise en place de radium par voie bucco-nasale.
O8s. 12. — Tumeur du sillon glosso-maxillaire ayant envahi la gencive et le bord gauche de la langue, ganglions carotidiens gauches.
Curage cervical total gauche, ligature de la carotide externe. Hémirésection du maxillaire inférieur gauche et hémiglossectomie sous anesthésie locale.
Le décès est survenu 12 jours après par complications pulmonaires.
OBs. 156. — Epithélioma de la base de la langue à droite sans envahissement; ganglions sous-angulo-maxillaires droits. Sous anesthésie générale à l’éther, curage cervical droit et hémirésection du maxillaire inférieur droit. Hémiglossectomie droite jusqu'à l’épiglotte, suture de l’épiglotte. Tamponnement du plexus ptérygoïdien. Fixation de la langue.
Décès le soir de l'intervention. Aussitôt après l’opération, le malade présente des troubles respiratoires, devient brusquement violacé avec apnée progressive. Respiration artificielle, tonicardiaques, trachéotomie d’urgense. Impossible à ranimer, malgré ce traitement.
Le petit nombre de nos opérés ne nous permet pas de conclure d’une façon catégorique sur cette voie d’abord. Il semble cependant qu'une intervention qui donne 50 % de mortalité immédiate soit à rejeter ; c’est du reste l’opinion de la plupart des auteurs. CAPETTE dans sa thèse. additionnant les statistiques de Wirenean, Kocner. KRÔNLEN et BuBzin arrive au chiffre de : 25 % de mortalité ; SÉBILEAU à 40 % : MENÉGAUX à 100 %.
[Len est tout autrement des interventions, type Mores- TIN.
Nous présentons six observations (13, 14. 18, 19, 20. 34), avec des suites immédiates, simples.
En dehors du n° 34 (épithéhioma marginal antérieur avec envahissement du plancher), il s'agissait de néoplasme du frein ou de la face inférieure de la langue, profon-
dément infiltrant mais sans atteinte, du moins cliniquement apparente, de l'os.
L'observation 20, prise comme type, peut donner une idée de la simplicité des suites opératoires immédiates dans tous les cas :
IS 00aNnS.
Ulcération irrégulière, s'étendant dans toute la concavité de l’arc du maxillaire inférieur gauche et dépassant à droite la ligne médiane de 1 cm. au moins.
Maïpighien mixte spino-cellulaire, ganglions, bilatéraux sous-maxillaires adhérents plus marqués à gauche qu'à droite. Ganglions carotidiens gauches.
16/10/1928 : anesthésie locale des 2 linguaux et des deux dentaires inférieurs. On commence à séparer au maillet et à la gouge la partie du rebord maxillaire qui doit partir avec les lésions, par excision en bloc de cette branche osseuse, de la pointe de la langue, de toute la région envahie du plancher buccal, avec évidement des deux creux sub-linguaux. Suture hémostatique de la langue. Mèche avec sérum antigangréneux -dans le plancher buccal.
8/10/1928: Anesthésie locale. Curage cervical complet carotidien et sous-mental à droite.
27/11/1928 : Anesthésie locale. Curage cervical total gauche.
Suites. 21/11/1928 : Bon état de la cicatrisation de la bouche. Bon état de la cicatrice droite.
5/12/1988 : Cicatrice satisfaisante du côté buccal, avec adhérence au rebord maxillaire. Dans les deux régions cervicales évidées, la réparation s'effectue.
- 16/1/1929: Cicatrice plaquée contre le rebord du maxillaire. mais d’allure dystrophique.
27/3/1929 : Pointe de la langue soudée à la symphyse du maxillaire par une cicatrice souple indolore.
7/8/1929 : Bon état local et général.
Tel est l'aspect des suites normales que présentent toutes ces Interventions. [1 est nécessaire pendant les tout premiers Jours de nourrir les malades avec une sonde nasale. Ultérieurement l’ankvloglosse est souvent
constatée. Nous n'avons pas eu l’occasion d'intervenir pour cette complication.
Nous croyons utile de signaler :
1° Que nous emplovons toujours à l'heure actuelle. l'anesthésie locale qui est simple, sans danger et efficace.
2° Que nous scindons toujours les deux actes opératoires, curage cervical et temps buccal. On a dérogé à cette règle dans un seul cas (observ. 19), où le curage sous-maxillaire bilatéral a été pratiqué dans le même temps que l'intervention buccale.
Moresrin les pratiquait dans la même séance. Mais il est bien établi, actuellement, et c’est logique, qu'ils doivent être séparés.
Deux fois dans nos observations, le curage double à précédé le temps lingual (obs. 13, 34), deux fois, il l'a suivi (obs. 18 et 20). Le malade n° 14 n’a pas eu de curage, mais une ligature préalable des deux carotides externes dans un but hémostatique. Nous verrons en étudiant les indications thérapeutiques, comment on doit comprendre à l'heure actuelle l'horaire des temps opératoires.