III. — LES RÉSULTATS ÉLOIGNÉS DU TRAITEMENT RONTGENTHÉRAPIQUE
Vingt six malades ont eu leur localisation linguale traitée par les rayons X. Le tableau ci-dessous rend compte dans ces cas des suites immédiates et tardives.
Parmi ceux-ci, 13 avaient un cancer de la base, 8 un cancer méso-marginal, 5 un cancer marginal-antérieur.
Nous avons dit antérieurement que les doses utilisées étaient à peu près toujours les mêmes : 60 H, suivant 3 portes d'entrée, 2 latérales et 1 antérieure.
Nous avons utilisé le feu nu dans un cas (obs. 121) pour un cancer méso-marginal avec incision de Jaeger. Le malade a récidivé au bout d'un an. Il est décédé 2 ans après. La méthode du feu nu a été utilisée au centre anticancéreux chez un autre malade qui ne figure pas dans notre Statistique, qui est actuellement guéri et qui a été présenté à la société des Sciences Médicales de Lyon (séance du 4 mars 1931) par MM. Sareox et Nover.
re. hé r
ét aile ram
oo Loca- Nombre Tempsganglion- Suites lisation Dose de séanc. naires immédiates Suites tardives
Marginal antérieur
69 60 H 4 Curage cervical Néant Mort dans les 6 mois Te MO AE 4 Radiothérapie Néant Décès »
SOMETO FT 4 Collier externe radium Néant » »
107 30H 4 Radiothérapie Néant » »
117 60 H 12 Radiothérapie Néant Perdu de vue. Méso-marginal 121 feu nu avec Récidive au bout d’un an Décès 2 ans après Jaeger S 131 45 H 6 . Radiothérapie Néant Décès dans les 6 mois 132 60 H 12 Curage cerv. droit langue pileuse » »
141 45 H 10 Radiothérapie Néant Décès 1 mois + tard 146 60 H 12 Pas de ganglions Néant uécès dans les 6 mois 143 60 H 12 Radiothérapie Néant Revu guéri 18 mois après 151 60 H 12 Radiothérapie Ligat.
CAR ext Décès hémorragie 153 60 H 12 Radiothérapie Néant Décès dans l’année
Marginal postérieur 181 40 H 9 Pas de ganglions Trait. arrêté à cause réaction porcelainique. Décès dans les 6
mois 182 60 H 12 Curage cerv. droit Radiomucite Perdu de vue 18325 H 9 Curage cerv. droit Néant Perdu de vue. 190 60 H 12 Curage cerv. bil. Néant Décès dans les 6 mois 193 60 H 11 Radiothérapie Radio- L mucite Perdu de vue 195 60 H 12 Curage cerv. droit Néant Décès dans les 6 mois 1YOMMOSEET 7 Radiothérapie . Néant Récidive traitée par le radium, décès dans l’année LOTS SD 5 Part en cours trait 199 60 H 12 Radiothérapie Radiodermite Décès dans les 6 mois 203 60 H 12 Radiothérapie Néant Décès dans l’année 206 60 H 12 Curage cerv. droit Néant Guéri 207 45H 6 Curage bilatéral Néant Décès dans l’année 208 60 H 12 Radiothérapie Néant Revu en bon état 6
mois après
Voici le résumé de son observation :
Homme de 63 ans présentant une tumeur de la région sublinguale ulcérée, bourgeonnante, adhérente au périoste de la face interne du maxillaire inférieur. Pas de ganglions sousmaxillaire. La biopsie montre qu’il s’agit d’un épithélioma.
En septembre 1930, on combine le feu nu avec la raüiothérapie profonde. Neuf séances de radiothérapie :
La première : radiothérapie profonde.
La deuxième : feu nu, bien localisé,
Les sept autres : radiothérapie périphérique.
"a tumeur a très vite régressé, si bien que le malade revu le 1‘ octobre 1930 présentait une tuméfaction presque complètement disparue.
Le 22 décembre 1930, le malade paraît complètement guéri. I n’y a plus d’induration et pas de ganglions.
Les auteurs ont soin d'ajouter. « Nous considérons ce résultat thérapeutique par la radiothérapie, comme très beau, mais inespéré ».
«Nous ne pouvons pas conclure d'après ces deux cas sur la valeur de la méthode préconisée par Coste ».
Dans tous les autres cas, quel qu'ait été le temps ganglionnaire, nos résultats sont franchement mauvais. La plupart des malades sont morts de la progression de leurs lésions, six mois où un an au maximum après le début du traitement, sans qu'on ait pu constater une amélioration dans l'évolution.
Nous ne retiendrons comme actuellement vivants que les n° 148, 206, 208.
Le n° 208, n'est guéri que depuis 6 mois ;
Le n° 206, est guéri depuis 2 ans, mais la biopsie est défectueuse (muqueuse malpighienne hyperçlasiée avec granulome sous-jacent), on ne peut donc en tenir comple.
Le n° 148 est guéri depuis un an.
RO POAPDNNE PP
En somme, un seul cas de guérison sur 26 malades traités.
Une conclusion s'impose : « La rôntgenthérapie dans les circonstances actuelles est inefficace dans le traitement des cancers de la langue, aussi bien sur la lésion primaire que sur l'adénopathie secondaire.
On remarquera que la plupart de nos malades sont morts Sans amélioration malgré que des doses fortes aient été administrées dans des conditions de technique impeccables. Nous ne notons de récidives que dans deux cas seulement (obs. 12H, 179). Force est donc d'admettre les conclusions formulées par REGAuD, quant à la cause de l'inefficacité de la rüntgenthérapie : « la rontgenthérapie profonde est inefficace non point parce qu’elle est insuffisamment profonde (les réactions buccales et pharyngiennes très fortes qu'elle donne témoignent du contraire) mais parce qu'elle n'est pas assez élective ».