‹ Traitement adjuvant du strabisme [electronic resource]Chapitre 12 sur 52 · I . — Strabisme essentiel · texte numérisé non relu

I . — Strabisme essentiel

Nous avons étudié les causes du strabisme convergent et du strabisme divergent, et montré que le plus souvent le premier s'accompagnait d'hypermétropie, le second de myopie, avec ou sans astigmatisme. On ne peut cependant adopter uniquement la théorie de Donders, qui voulait trouver toujours du strabisme convergent chez tous les hypermétropes et du strabisme divergent chez tous les myopes. En réalité, Thypermétropie est très fréquente et le nombre des hypermétropes qui louchent, très restreint. Et puis, comment expliquer avec la théorie de Dondersle strabisme convergent qu'on peut observer chez les myopes et le strabisme divergent chez les hypermétropes, et enfin h: strabisme, convergent ou divergent, qu'on peut rencontrer chez l'emmétrope ?

En réalité, nous l'avons vu, le vice de réfraction ne suffit pas à lui seul à créei' le strabisme, qui a sa

LE TUAIIKMENT ADJDVANT UU STRAlilSMI':

cause dans un trouble d'ordre central (altération du réflexe de convergence en plus ou en moins). 11 n'intervient qu'à titre de cause occasionnelle, favorisant l'exagération du réflexe (hypermétropie) ou sadiminution (myopie). Le vice de réfraction est-il très marqué, cette cause occasionnelle peut paraître la cause essentielle ; c'est ce qui avait trompé Donders. Et de fait dans les variétés que nous avons étudiées jusqu'ici, le vice de réfraction occupe la première place, l'hypermétropie paraissant créer le strabisme convergent, et la myopie le strabisme divergent. Nous avons donc étudié avec le strabisnïe convergent la correction de l'hypermétropie et avec le strabisme divergent la correction de la myopie. Ici, au contraire, la relation entre le strabisme et le vice de réfraction devient beaucoup moins évidente ; c'est pourquoi nous rangerons ces différentes formes de stralîisme sous le terme d'essentiel, qui ne présage en rien de la cause qui a déterminé le strabisme, et qui montre bien que celui-ci, ici plus encore peut-être que tout à l'heure, reconnaît une origine centrale.

L'hypermétropie seule en effet est incapable de créer le strabisme ; elle y prédispose grandement, mais il faut, pour qu'il se développe, le concours d'autres causes (amblyopie, trouble des milieux, convulsions, hérédité nerveuse), toutes raisons qui altèrent la faculté de fusionner les images fournies par chacun des yeux.

Par contre, le strabisme convergent n'est pas très rare chez les myopes d'un certain degré. Pour voir nettement, ils sont obligés de rapprocher beaucoup

STRABISMK ESSENTIEL KT VISION BINOCULAIRE / .>

les objets de leurs yeux. Ils doivent converger en proportion : leurs muscles droits internes acquièrent une tonicité plus grande, les droits externes se laissent facilement surmonter et le strabisme convergent est bientôt constitué. On comprend que la correction totale de la myopie par des verres concaves soit capable ici de guérir le strabisme.

Enfin le strabisme convergent peut ne s'accompagner ni d'hypermétropie ni de myopie. C'est, nous l'avons dit, un trouble d'ordre cérébral et le déséquilibre entre les diverses fonctions que nécessite la vision binoculaire est susceptible de l'engendrer.

Le lecteur comprendra mieux l'étiologie de ce strabisme lorsqu'il connaîtra le mécanisme de la vision binoculaire. Aussi nous résumerons en quelques mots les facteurs de ce mécanisme.

Nous avons défini la vision binoculaire, la faculté de fusionner en une seule les images fournies par chacun des deux yeux. Deux actes sont donc nécessaires : un réflexe qui nous incite à fusionner et la convergence nécessaire pour que les images aillent se former sur despoints identiques des rétines. Un trouble de l'un quelconque de ces deux actes d'ordre cérébral est susceptible de produire le strabisme. Si le trouble porte sur la faculté de fusionner, la convergence persistant seule deviendra prépondérante et le strabisme convergent sera constitué ; s'il porte sur le réflçxe de convergence, c'est le strabisme divergent que nous verrons apparaître.

Dans certains cas de strabismes divergents on peut rencontrer de l 'hypermétropie, généralement moyenne.

LE TRAITEMKNT ADJUVANT DU STRABISME

Le sujet, ne pouvant accommoder suffisamment pour avoir des images nettes, y renonce et rapproche considérablement les objets de ses yeux pour en avoir une image aussi grande que possible. 11 sacrifie la vision binoculaire et un des yeux se dévie en dehors.

Des strabismes divergents peuvent aussi exister sans hypermétropie ni myopie. Ce sont les mêmes causes que nous avons énoncées pour le strabisme convergent sans hypermétropie; seulemeut ici le trouble porte sur l'innervation de convergence.

Sans que l'on puisse dans tous les cas expliquer par quel mécanisme agit la correction optique sur ces strabismes, il est indiqué toujours de prescrire la correction exacte des amétropies (myopie, hypermétropie et astigmatisme). Dans quelques cas, la correction aura pour effet de rétablir la synergie entre la convergence et l'accommodation.

D'ailleurs, en donnant une acuité visuelle meilleure, les verres préviendront l'amblyopie et faciliteront le rétablissement de la vision binoculaire par les exercices orthoptiques.

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