I. — Insufflation et injections forcées
Nous ne parlerions même pas de cette méthode de traitement si dans ces dernières années, elle n'avait pas encore été défendue à la Société de Pathologie de Londres (igoi). Qu'un praticien l'essaie comme unique ressource chez un nourrisson dans un cas aigu, cela peTit s'admettre, mais en face d'un cas chronique il n'est plus possible que de penser à la modeste insufflation avec la poire du thermo-cautère pour établir ou parfaire un diagnostic. Simple distension gazeuse du gros intestin : excellent procédé d'investigation clinique ! Insufflation brutale ou distension aqueuse sous haute pression : manœuvres à condamner !
Dangereuses et inutiles, tels sont les qualificatifs qui conviennent à ces méthodes.
Dangereuses. — Il faut méconnaître Tanatomie pathologique et les lésions de la gaine externe pour oser les préconiser df ns les cas d'invagination chronique. Dans les cas rapportés par nous de lésions de l'intussuscipiens constatées à l'autopsie ou durant l'opération, que serait-il advenu si -on avait injecté un liquide sous pression ?
En admettant même que la gaine ne soit pas lésée, qu'elle ne présente pas de parties ulcérées, susceptibles de se rompre sous la moindre pression, ne doit-on pas se rappeler les expé-
DB l'invagination INTESTINALE CHRONIQUE 13
riences de d'Arcy Power (une injection d'un peu plus d'un demi-litre rompt l'intestin d'un enfant de 3 mois).
Inutiles. — i^ Elles ne peuvent agir sur les invaginations du grêle malgré les expériences plus ou moins concluantes sur la perméabilité de la valvule de Bauhin, et les affirmations de Mortimer et Mole.
2® Comment agiraient-elles sur une invagination dont les cylindres moyen et interne sont réunis par de solides adhérences ?
3® Les récidives qui suivaient leur emploi, leur échec alors que tout sembls^it faire prévoir leur succès, sont parfaitement expliqués actuellement.
Lorsque nous traiterons de l'invagination du caput cœci, de l'invagination iléo-colique et de l'invagination de l'appendice, nous verrons que la partie la plus difficile à réduire est toujours la portion terminale de l'invagination, caput cœci, boudin iléal qui œdémalié, rigide résiste aux essais de désinvagination manuelle par expression et nécessite Ja résection.
4*" Est-il besoin maintenant pour combattre cette méthode de se servir des arguments opposés à Pitts :
La publication des faits heureux, l'oubli des insuccès, l'échec dans les cas d'invagination rétrograde.
Les expériences concluant à leur emploi, les statistiques qui les concernent sont tout au long dans le rapport de Wiggin (i).
Ces méthodes sont définitivement jugées : il faut condamner leur emploi dans les invaginations subaiguës ou chroniques.