INTRODUCTION
Les anciens redoutaient particulièrement, à juste titre d'ailleurs, l'ouverture du péritoine. Les ctiirurgiens professaient, à son égard, un respect exagéré -, il était, pour la plupart d'entre eux, une sorte de noli tangere.
Les succès innombrables obtenus, depuis une vingtaine d'années surtout, dans la chirurgie abdominale, l'extension rapide de lamétbode antiseptique ont progressivement dissipé les craintes excessives qu'inspirait jadis la susceptibilité morbide du péritoine.
La cuirasse péritonéale tend à devenir un voile léger que le cliii-urgien, sous l'égide antiseptique, peut diviser en tout point pour appliquer sa thérapeutique aux viscères abdominaux.
Grâce aux conditions opératoires actuelles, des affections auparavant mortelles sont aujourd'hui guéries ; d'autres, réputées incurables, plus fréquemment traitées; quelques-unes enfin, naguère du Truc. 1
domaine exclusif de la médecine interne, tendent à entrer dans celui de la chirurgie .
La péritonite est du nombre de ces dernières. Ainsi que le fait pressentir le titre de notre tlièse, l'inflammation péritonéale, primitive ou secondaii'e, peut ressortir, dans certains cas au moins, de l'action chirurgicale. La gravité considérable des formes ordinaii-es de la péritonite, l'impuissance habituelle de la thérapeutique médicale contre cette redoutable affection nous expliquent suffisamment l'intervention du chirurgien. Les agents pharmaceutiques devaient d'ailleurs a priori céder le pas au trocart ou au bistouri dans certaines péritonites avec épanchement septique. La médication interne ne saurait avoir, en l'espèce, qu'une action palliative et insuffisante contre l'infection organique ^ le traitement chirurgical, au contraire, s'adressant presque dii-ectement à la cause morbide, s'efforce de tarir la soui-ce infectieuse du péritoine et doit être parfois efficace. Dans les cas ordinaires où l'économie tolère l'action chirurgicale et ceux, plus rares, où l'organisme n'est pas encore trop profondément altéré, on obtient, en effet, d'assez bons résultats.
Est-ce à dire que le traitement de la péritomte doive passer complètement des mains du médecm dans ceUes du chirui-gien? Assurément non. Une action commune ou successive doit se manifester dans des circonstances déterminées.
L'intervention chirurgicale présente, en un mot, des indications et des contre-indications. Nous •devons les rechercher, les peser, les discuter, les établir sur- des faits certains-, nous devons aussi conisidérer les divers modes opératoires.
La ponction simple, la ponction suivie d'injections, le drainage, les incisions plus ou moins larges, la
laparotomie, sont de valeur inégale, mais doivent être alternativement préférés suivant les conditions pathologiques qui se présentent dans la pratique. Nous les étudierons dans un chapitre distinct.
Il nous reste actuellement, pour terminer ces con- . sidérations préliminaires, à exposer le plan que nous avons adopté et la voie que nous avons du suivre.
Le plan est essentiellement clinique.
11 comprend deux parties : 1° péritonites traumatlques; 2° péritonites non traumatiques. Chacune de ces parties comporte un certain nombre de divisions et de subdivisions. Pour plus de simplicité et de rapidité, nous les résumons dans le tableau suivant :