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III. — L'abcès et les bronches

De même que la bronche malade retentit sur le parenchyme voisin, les lésions du parenchyme peuvent avoir leur répercussion sur le système bronchique. Cet enchaïnement crée des lésions complexes, qui peuvent être schématisées assez facilement.

Dans un premier groupe de cas, il faut classer les abcès compliquant une bronchectasie ancienne. Ces bronchectasies abcédées se présentent avant tout et surtout comme des dilatations des bronches. A la coupe d’un tel poumon on trouve des cavités bronchiques souvent de grandes dimensions, et, à côté d'elles, dans le peu de parenchyme restant, un abcès. Ces abcès ne possèdent une individualité anatomique que parce qu'ils sont au contact de la bronchectasie qui leur a donné naissance et dont 1ls se présentent comme la complication. L’abcès n’est qu’un épiphénomène, et la description de tels cas rentre davantage dans l’étude des bronchectasies que dans celle des abcès pulmonaires.

Dans d’autres cas au contraire, la dilation bronchique est secondaire à l’abcès. Il s’agit alors souvent d’abcès putride, mais cette lésion peut se rencontrer dans tout abcès. Elle est due à la sclérose de voisinage qui trouble tout le parenchyme et, s’attaquant à la paroi bronchique, la disloque complètement, permettant sa dilatation secondaire. Ce sont de tels abcès qui ont été décrits sous le nom d’abcès bronchectasiants par M. SEr-

GENT et son éccle. Il semble aussi que ce sont des lésions analogues qui ont été décrites par les Américains ASHNER et LiLIENTHAL sous le nom d’abcès bronchectasique, terme dont on use volontiers outre-Atlantique. Comme l'a montré M. CoRDier, si on lit en détail la description initiale de ces auteurs, on constate que les lésions sont identiques à celles de l’abcès bronchectasiant de SER- GENT. Un seul fait diffère, c’est la compréhension de la genèse de ces lésions. Pour SERGENT, la bronche est disloquée par la sclérose péri-focale ; pour les Américains, le premier stade est celui de la bronchite gangréneuse, ce n’est que secondairement et à partir du foyer suppuré bronchique que se fera l’extension centrifuge de la nécrose dans le parenchyme. Là encore nous retrouvons la dualité entre les idées américaines qui font plus de place à l’origine aérienne, et celles des Européens, qui pensent que le facteur vasculaire est plus souvent en cause.

D'ailleurs, dans son étude sur l’anatomie pathologique des abcès pulmonaires, DURAND, étudiant ces faits du point de vue histologique, décrit les deux origines et montre l’abcès issu tantôt d’une bronchectasie aigué, tantôt d’un foyer de pneumonie pure. Il s’agit au surplus de détails, le fait demeure : la fréquence des dilatations bronchiques au voisinage des abcès avec sclérose. Cette lésion va se surajouter à celles que nous avons déjà décrites pour rendre la guérison plus difficile.

Enfin, dans un troisième groupe, nous classerons les bronchectasies résiduelles. Ce sont les dilatations bronchiques limitées que peuvent laisser après leur guérison les abcès pulmonaires. Elles expliquent la persistance de

certains symptômes alors que l’abcès semble entière-

ment cicatrisé.

De cette étude anatomique il nous faut retenir les

faits essentiels :

— L'importance de l’évolution dans la constitution des lésions, et les différences entre l’abcès aigu et l’abcès

chronique.

— La gravité de certaines localisations d’abcès, à cause des difficultés anatomiques de leur abord. — La fréquence des complications pleurales, mais

aussi celle des symphyses limitées en regard de l’abcès.

— La possibilité de dilatations bronchiques compliquant un abcès et empêchant sa guérison.

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