‹ Traitement chirurgical des abcès du poumonChapitre 44 sur 73 · AUS · texte numérisé non relu

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consultation d’un dispensaire. On peut donc, semble-t-il, penser que ce recrutement particulier est plus favorable à l'observation des cas bénins qu’à celle des cas graves qui se rendent sans doute directement à l'hôpital, incapables d'aller spontanément se faire suivre régulièrement dans un dispensaire.

M. Rougrer, dans la thèse de son élève MERMET, donne sur 21 cas un pourcentage de 62 % de guérisons par le traitement médical. Plus récemment, il a publié une nouvelle statistique plus importante, puisqu'elle comporte 46 cas. Les guérisons spontanées ou par traitement médical sont au nombre de 24 cas, soit 52 %,.

La plupart des autres auteurs ont présenté des statistiques avec une proportion de guérisons moins Impor- . tante : GRAHAM, 25 %, ; KINDBERG et Monxop, 20 à 30 % ; COQUELET, 20 %. NEUHOFF, qui opère avant la sixième semaine et à qui, par conséquent, on pourrait d'emblée reprocher d'opérer des malades qui auraient guéri spontanément ou médicalement, signale cependant que 23,5 % des malades qu’il a observés ont guéri sans intervention et, dit-il, « la proportion d’abcès à guérison spontanée est plus importante car nombre d’abcès bénins guérissent rapidement et ne sont pas envoyés à l'hôpital ».

Un point important à connaître est la manière selon laquelle ces malades guérissent, et surtout la durée de leur évolution depuis le début jusqu’à la guérison complète. Ici tous les auteurs sont d'accord. Les abcès qui doivent guérir spontanément le font rapidement. « Cette guérison, lorsqu'elle doit se produire, se réalise presque toujours dans les premières semaines », disent KINDBERG

et Monop, qui ajoutent plus loin : «le petit nombre d’exceptions n'autorise pas dans la pratique d'envisager les exceptions possibles ». M. RouBrer déclare dans le même sens : « Dans le plus grand nombre des cas à évolution favorable, la guérison complète (clinique et radiologique) est obtenue au bout de deux mois et demi, ce temps étant calculé à partir du début véritable de l’affection (et non à partir de la vomique). Toutefois, ce délai de deux mois est loin d’être nécessaire ; dans quelques cas la guérison complète s’est produite au bout d’un temps plus court, un mois et demi environ, » Nous nous permettons d’insister sur ce fait : la rapidité de la guérison, et il s’agit là de guérison complète, totale, avec restlilutio ad integrum.

b) Les cas graves, les cas chroniques. — Nous entendons par là les cas précocement graves. Ces malades, s'ils doivent être améliorés par la chirurgie, ne le seront que si on les opère très tôt. Il serait important d'en connaître le pourcentage exact, car ce sont eux qui justifient les tentatives opératoires dès les premières semaines. Malheureusement il est difficile de trouver des chiffres. Si nous nous reportons à la statistique très claire de M. RoUBIER, nous y trouvons : « Cas précocement graves, ayant abouti à la mort dans les trois premiers mois : 9 cas sur 46, soit 19 %,. »

A côté de cette catégorie nous trouvons la suivante : «Abcès ayant passé à la chronicité ou évolué vers la pyosclérose pulmonaire : 13 cas, soit 29 %,. »

Ainsi il y aurait 48 % des abcès pulmonaires qui, pour des motifs divers, seraient susceptibles de bénéficier d’une thérapeutique chirurgicale. Ce taux est un des

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plus bas parmi ceux que fournissent les différents auteurs qui se sont occupés de la question, beaucoup de médecins ou chirurgiens estimant que les deux tiers ou les trois quarts des malades devraient être opérés.

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