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RÉSULTATS DES PNEUMOTOMIES EN DEUX TEMPS

Chez 12 de nos malades on eut recours à ce procédé. En réalité, il ne s’agit pas de 12 pneumotomies en deux temps, car trop souvent l’évolution malheureuse après le premier temps empêcha de faire tout autre chose qu'un simple accolement pleural.

Sur ces 12 cas, il y a seulement 3 guérisons, 2 d’entre elles sont complètes et totales. Le troisième malade a conservé une fistule bronchocutanée qui ne donne qu’un peu de mucus. À part cette séquelle, la guérison se maintient complète chez ce malade depuis 2 ans et cependant l'abcès, lorsqu'il fut traité, évoluait depuis 15 mois.

Les 9 cas de mort sont dus à des causes diverses.

Dans 2 cas la mort fut directement causée par le premier temps. L'un de ces malades mourut avec le syndrome de bronchopneumonie gangréneuse que nous avons décrit plus haut. L’abcès avait déjà 3 mois et demi d'évolution lors de l'intervention. De plus, dans le but d’avoir une zone d’accolement plus large, on avait réséqué quatre côtes. Il est certain que cet affaissement relativement considérable est un des facteurs déterminants de la bronchopneumonie gangréneuse terminale. Le deuxième malade était une pyosclérose du lobe supérieur droit. L’affection évoluait depuis plus de 3 ans. La résection d’un segment costal minime et la mise en place d’une mèche iodoformée furent suivies d’hémoptysies extrêmement abondantes. Au moment oùon reprenait le malade pour ouvrir l’abcès dans l’espoir qu’un tamponnement de la cavité en ferait l’hémostase, il a fait une nouvelle hémorragie, foudroyante celle-là.

Dans un cas on employa pour créer l’accolement le ballon de Moxop. En le mettant en place la plèvre fut blessée et le malade mourut d’un pyopneumothorax avant qu’on ait eu la possibilité de pratiquer le deuxième temps.

Dans un autre cas on ne put trouver la cavité de

l’abcès et le malade mourut de l’évolution spontanée de son affection.

Les 5 malades restants furent pneumotomisés 2 moururent très rapidement dans les jours qui suivirent la pneumotomie, l’un de défaillance cardiaque, les deux interventions s'étaient déroulées sans incident sur un abcès vieux d’un mois et demi, mais le malade était âgé de 62 ans et il mourut rapidement de collapsus. Le deuxième fut opéré dans un état très grave, il ne put faire les frais de l'infection et fut emmené au quatrième Jour après la pneumotomie.

Les 3 derniers malades ont eu une évolution analogue. Cette évolution est instructive, car elle montre les possibilités redoutables d’un abcès pulmonaire lorsqu'il n’est pas drainé précocement. Le premier malade fut opéré au bout de trois mois d'évolution. L’accolement fut créé par un ballon de Moxop. Le premier temps fut suivi d’effraction pleurale et d’un pyopneumothorax qu'on fut obligé de drainer. Cet incident retarda le deuxième temps et la pneumotomie ne put être faite que 49 jours plus tard, l’abcès évoluant depuis 4 mois et demi. Elle fut très simple et satisfaisante. Les suites opératoires furent normales pendant un mois, puis au moment où on pensait que le malade s’acheminait vers la guérison définitive : ascension thermique, la plaie devient grisâtre, atone, et le malade meurt d’hémorragie.

Le deuxième malade fut opéré après 3 mois et demi d'évolution : premier temps suivant la technique de CHurcHILL ; deuxième temps, 10 jours plus tard. Pendant 1 mois et demi, suites idéales, puis ascension ther-

mique, cyanose, dyspnée ; mort en 8 jours, soit 2 mois après le drainage. A l’autopsie, abcès bilatéraux.

Le troisième malade évoluait depuis 10 mois lorsqu'il fut opéré. Premier temps sans incident ; deuxième temps satisfaisant 9 jours plus tard. Pendant 3 mois et demi, suites satisfaisantes, puis mort brusque par hémorragie foudroyante.

Ces résultats permettent de dire que, dans certains cas, malgré une intervention correctement conduite et bien que les suites opératoires soient normales et fassent espérer un beau résultat, certains malades sont susceptibles de faire une nouvelle poussée infectieuse qu'ils ne peuvent surmonter. Les 3 malades qui ont présenté un tel tableau avaient été pneumotomisés tardivement (3 mois et demi, 4 mois et demi, 10 mois). Faut-il voir dans le retard à l'intervention une des raisons de cette évolution fatale? On ne saurait l’affirmer, néanmoins on ne peut s'interdire de remarquer que, sur les 45 cas rapportés par NEUHOFF et opérés avant la sixième semaine, on ne note pas une seule fois semblable évolution.

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