‹ Traitement chirurgical des abcès du poumonChapitre 64 sur 73 · LES DIFFICULTÉS PRATIQUES · texte numérisé non relu

LES DIFFICULTÉS PRATIQUES

Elles sont énormes. La majeure partie, pour ne pas dire la totalité de ces difficultés, vient de l’impossibilité dans laquelle nous nous trouvons, malgré un examen clinique et radiologique soigneux, de nous représenter les lésions anatomiques exactes. S'il n’y avait quelque irrévérence à appliquer à un objet aussi matériel un mythe créé pour la traduction d’un des problèmes les plus connus de la métaphysique, nous rappellerions avec KINDBERG et MoNop l’allégorie de la caverne. Le clinicien en présence d’un abcès pulmonaire se trouve un peu dans une situation analogue à celle des prisonniers de Platon qui ne voyaient que des ombres, à cette différence que nous, du moins, nous avons un jour vu

ro la réalité sur la table d’autopsie. Aussi est-il logique de S’efforcer de dépister d’une manière de plus en plus exacte, par l'intermédiaire des ombres parfois trompeuses parce que mal interprétées de la clinique, les réalités anatomiques qu'elles représentent.

Dans de nombreuses affections il existe des symptômes fidèles qui, sans être toujours pathognomoniques, sont d'un secours certain pour l'élaboration du diagnostic et par là même du traitement. Personne ne songe à discuter l’inestimable valeur de la contracture dans les affections aiguës de l’abdomen. En matière d’abcès pulmonaire, aucun jalon ne nous permet de nous repérer avec certitude et de nous dire dans quelle voie nous nous trouvons. À quel moment peut-on dire d’un abcès qu’il n’évolue plus spontanément vers la guérison ? Sur quel signe se baser pour affirmer que tel autre cas sera précocement grave et nécessite une thérapeutique urgente et énergique ? Il faut bien cependant résoudre ces problèmes. On compare volontiers l’abcès pulmonaire à l’appendicite. Dans ce dernier cas la conduite est plus facile, on élude le problème et, quelle que soit la forme, on préconise l’appendicectomie précoce. La conduite est justifiée par ses résultats. Pour un abcès les risques opératoires sont beaucoup plus sérieux, et on ne saurait les proposer systématiquement à un malade peut-être susceptible de guérir spontanément.

Tous ces motifs empêchent de préciser dans les détails la conduite à suivre. Tout au plus peut-on donner quelques directives. Nous distinguerons :

Les abcès aigus.

Les abcès chroniques.

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