‹ Traitement chirurgical des affections inflammatoires & néoplasiques de l'utérus et de ses annexesChapitre 6 sur 15 · II. — Statistique personnelle · texte numérisé non relu

II. — Statistique personnelle

75 opérations (65 ovarialomies, 9 tumeurs malignes, i grossesse

extra-utérine).

V Ovariotomies. — Nos ovariotomies proprement dites sont au nombre de 65. II s'est agi 62 fois de kystes, et 3 fois de fibromes de

Les kystes de l'ovaire proprement dits sont au nombre de 52, ceux du ligament large, de 10. 3 kystes de l'ovaire étaient suppures.

Nous avons observé trois kystes dermoïdes chez deux sœurs. L'affection était, chez l'une d'elles, bilatérale, et le pédicule du plus gros kyste était tordu. Presque toujours nous avons observé des lésions bilatérales. Une malade, âgée de Ca ans, portait deux kystes énormes, aplatis par pression réciproque, et d'égal volume; ce cas est une exception. Une autre malade présentait à la fois un kyste volumineux et un fibrome calcifié de l'autre ovaire. Le plus souvent il

existait une disproporlion DotaLle entre les 2 lumetirs et la seconde ] ne pouvait &tre trouvée ipie par rexplovaLion méthodique du petit 1 bassin. Nous avons pratiqué l'ablation bilatérale des annexes toutes les Tois qu'il existait du cûtil opposé au plus gros kysle une tumeur J néoplasique non douteuse; c'est le seul moyen d'éviter aux opérées i l'obligation de recourir plus tord à une nouvelle laparotomie, nécessitée par l'évolution d'un kysLe de l'autre ciHé.

Nous avons laissé l'autre ovaire chez les Femmes jeunes, quand il I était normal; il en a été de môme chez les personnes d'un âge I avancé et qui présentaient un second ovaire rétracté et peu propice J h. l'évolution d'une nouvelle tumeur. La durée des opérations les plus ] faciles à varié de 15 à 20 minutes.

ietumeui'ssur 63 (25 °/o) ne présentaient pas d'adhérences dignes 1 d'être notées.

Dans tous les autres cas, nous avons rencontré des adhérences | nombreuses à l'epiploon, au foie, au rein, à l'intestin, etc. Ces der- 1 nières existaient sur une grande étendue chez une femme pesant le ] poids énorme de 140 kilos et qui présentait du sucre dans les urines 1 lors de son entrée à la clinique, 8 Jours avant l'opération. Plusieurs 1 chirurgiens avaient refusé de faire dans ce cas l'ovariotomie. L'intestin [ fut détaché au thermo-caut&re, et la malade, qui, avant l'opératioi avaitsuivi un régime approprié, guérît en peu de temps; elle se porte I àmerveille depuis plusieurs années. Nous nous sommes toujours rendu ' maître des adhérences sans grande difficulté, en opérant vile et en détachant rapidement avec les doigts celles qui ne constituent pas pour la tumeur de véritables pédicules vasculaires (1).

Nous lions en général ces dernières une à une et trfes rapidement, et J nous les sectionnons, aprËsavoir appliqué du côté de la tumeur une pince ] à forcipressure. Ce procédé est plus rapide que la pratique méthodique de l'hémostase préventive, que conseille Péan, et que nous n'cm- i ployons qu'exceptionnellement; en effet on est alors gtné au cours! de l'opération par les pinces, souvent trop nombreuses, et il faut 1 perdre plus tard un temps précieux pour faire les ligatures.

Parmi les autres complications nous signalerons 6 cas de torsion ] du pédicule.

(1) Nous sTons depuis langlcmps Tbibitude d'o]iérer en nons pillant 1 droite de 11 nolida et| ari^c na seul ildc, outre 11 persaiinii i|iii donna Ie chloro larme. Le» Instmincnls, lits, a presses, élu., sont b notre portfo. Jtmiiis une tmislime persuone n'; por[s la m L'isplnllon des kyslei se fail i l'aide d'une irompe i ildc d'Alvergniat qui nom sert égalemeat L 1 remplir nos bocmi de liquides antlsepliqncs. Les bDcnm dc bdoI donc jamais onvnrli. Ha loHt . miuiis de thcrmo- siphon s lit dc régulateurs. Les eompresios et l'cia sont stérllisto paf J iL'nipArature hnmlde dc 130°; Us In si ruinent^, par la tcmpi^raiurc ^tclie dc 1pD>, et l> sole bouillie -J avant diaqnu opération daas l'eau pbiïiiliiucG i 1/90*, selon le procCdù ài: Czcnii, qui est demeure I de tous le plus sur.

334 OPÉRATIONS SDR l'uTÊRUS ET SES ANNEXES. 55

Les tumeurs étaient de moyen volume. Cet accident a produit la nécrohiose des tumeurs et une péritonite adhésive sans symptômes bruyants. Les malades se plaignaient de douleurs abdominales , présentaient du ballonnement , des vomissements ; mais aucune d'elles no gardait le lit. Dans un de ces G cas de torsion du pédicule, il s'agissait d'un fibrome de l'ovaire ; la tumeur était partout adhérente et le péritoine très vascularisé. L'opération se fit eu 20 minutes. Plusieurs de nos kystes étaient compliqués d'ascite; mais cette coïncidence est tout particuliÈrement remarquable dans les cas do tumeurs solides de l'ovaire. 2 de nos fibromes de l'ovaire étaient en elTet accompagnés d'ascite et l'épanchement s'était produit si rapidement dans un cas, que la malade, en moins de 4 semaines, fut prise d'élouffements et d'accidents cardiaques qui nécessitèrent l'opération d'urgence. 4fois le kyste s'était rompu dans le péritoine entre notre premier examen et l'opération : cette rupture a produit une inflammation assez vive de toute la séreuse, qui s'est montrée rouge et vase ula risée, aussi bien h la surface de l'intestin qu'au niveau de son feuillet pariétal. La toilette du péritoine a été faite à l'aide de larges irrigations d'eau stérilisée tiède, le liquide visqueux et sanguinolent qui la remplissait jusque dans la concavité du diaphragme ne pouvant s'éponger aisément.

Nos kystes suppures donnèrent lieu à des complications opératoires assez sérieuses. Des 3 malades, l'une était diabétique; la 2= était atteinte de suppuration pelvienne depuis près de 4 mois, le kysle ayant été infecté par le voisinage d'une salpingite puerpérale suppurée. La 3% âgée de 23 ans, venait d'accoucher, et le kyste fut infecté de streptocoques à la suite des couches. La 1" fut opérée en pleine péritonite généralisée : il y avait du pus (avec staphylocoques) jusqu'à la face supérieure du foie. Grlce à une toilette péri tonéale minutieuse, les accidents immédiats furent conjurés; mais il se produisit une rechute et la mort survint au bout de 10 jours. La 3" survécut, non sans avoir été d'une faiblesse telle, après l'opération, qu'elle demeura presque sans connaissance pendant 4& heures; la température, de 40° avant l'opération, ne tomba que le 3° jour. Chez ces 3 malades, la suppuration du kyste avait déterminé l'évolution d'une péritonite aiguë dans le premier cas, subaiguë dans les 2 autres. Ces femmes se trouvaient dans la misère physiologique la plus profonde. Nous avions pris soin, avant l'opération, de vider la poche à l'aide d'un petit Irocart et de la laver au sublimé à 1/3000' et ù, l'eau siérilisée (1).

l'cneonlre ilc bien îles cbïrureiens, naos ae considéron» comme t le coiilenu e^t réttkmunl parulcnl, el non jws pnrirorilKî 1 lais le S Ire 11 10 coque, î fois le SUph^locoque.

324 OPÉRATIONS SUR l'UTÉRUS ET SES ANNEXES.

Nous lions en général le pédicule en masse ; le fil est ensuite passé à 1 ou 2 reprises au travers du pédicule, au delà de la i" ligature,et lié de nouveau (Voir Fig. 7). La section se fait à 8 ou 10 mill. de là.

Ainsi la ligature ne peut s'échapper, et il n*y a pas à craindre de blesser, en transperçant primitivement un pédicule très vasculaire, une grosse veine, dont Thémostase est alors fort laborieuse.

Nous signalerons encore, au point de vue du manuel opératoire, un artifice très précieux dans certains cas où les adhérences supérieures du kyste sont nombreuses et difficiles à atteindre. Sans nous préoccuper de ces dernières, nous allons à la recherche du pédicule utérin de la tumeur et nous le sectionnons tout au début de Topération. Le kyste se trouve ainsi mobilisé et sa libération définitive n'est plus qu'un jeu.

Nous ne faisons la toilette du péritoine que s'il a élé contaminé au cours de l'opération par du sang ou du liquide visqueux ; nous employons à cet effet de l'eau stérilisée à 130° et refroidie à la température de 40 à 45°. Toutes les fois que l'opération est simple, nous négligeons la toilette de la séreuse et nous refermons simplement le ventre par une suture à étages, en prenant soin de retirer une à une les compresses stérilisées qui ont protégé l'intestin pendant l'opération. Nous réduisons toujours le ou les pédicules et nous faisons au thermo-caulère la section de la trompe, sa muqueuse pouvant être infectée. 4 fois seulement, nous dûmes par nécessité suturer à la paroi ce que nous n'avions pas pu réséquer de la poche.

Nos opérations d'ovariotomies nous ont donné des résultats très satisfaisants, puisque sur 65 opérations nous n'avons perdu que 3 opérées. Deux de ces dernières étaient les 2 premiers cas de kystes suppures et compliqués de péritonite que nous avons signalés ; la 3« a été enlevée par une broncho-pneumonie double, après un opération des plus simples qui dura à peine 15 minutes : elle était âgée de 75 ans. De telle sorte que, parmi nos 61 opérées de tumeurs non suppurées et âgées de moins de 75 ans, nous n'avons pas eu d'insuccès. Plusieurs de ces femmes avaient plus de 60 ans et nous avons rencontré chez elles les complications opératoires les plus sérieuses. Les cas de guérison les plus remarquables sont ce kyste énorme et partout adhérent, chez une femme d'une cinquantaine d'années ayant, 8 jours avant l'opération, du sucre dans les urines,

Vig. 7. — Ligature du pédicule ovarique. — Iif^^nrftf ; I, nœud dans son ensemble; ligature circulaire, puis ligature hémicirculairc faite avec les cxtrémitÉs du premier til; enûn ligature analogue, aa sortir du 2* nœud. II, détails de chaque nœud.

334 OP^KATIONS sua L'DTÉRUS et ses AMNEXEg.

et pesant 140 kilos, donl nous avons cité le cas plus liaut ; puis un kyate très adhérent du ligamenl large, chez une femme de 03 ans.

Nous avons noté la fréquence relative de la névralgie scialique dans les cas de petites tumeurs enclavées et enflammées du petit bassin ; nous l'avons également rencontrée chez des femmes atteintes de métriles invétérées à forme névralgique, et dans un cas de gros kyste ovarique presque sans adhérences. L'ovarîotomje ou l'bystérectomie ont fait disparaître à tout jamais ces scialiques, traitées en vain depuis nombre d'années par tous les moyens médicaux.

2" Tumeurs malignes. — Nous avons opéré 9 cas de tumeurs de mauvaise nature qui se répartissent ainsi : 4 malades présentaient des tumeurs végétantes compliquées d'ascite (épithéliomas cylindriques). Chez deux de ces femmes, la présence d'un kyste avait élé constatée dans un examen antérieur. Les végétations intra-kysliques se sont inoculées au péritoine à la suite de la rupture d'une des loges. Dans le 3' cas, il restait manifestement des débris de la poche. La 4' malade avait supporté de mois en mois, non sans s'épuiser, près de 70 ponctions de 30 à 33 litres chacune et représentant environ 2000 litres de liquide ; la tumeur végétante remplissait le petit bassin. Le péritoine pariétal avait subi la transformation flbro-cartilagineuse, et avait une épaisseur régulière de 6 à 8 millimètres. Cette malade a succombé. Il en fut de même chez une autre, qui était atteinte de kyste dégénéré du ligament large, compliqué d'asrilc et de péritonite (1)

ie pËritoiiiie vIscArale sclCtcuE« cotn qaie lÉ'tsciLe clici un Jcupc liomnie ,'^ FiV. 8. ei.ïonlre.]

fif.t. — FérHonflc cbronlqDC, tbri:u<'

longie. Lu vide pniluit dans la a perilonùilc pur la réliaclion ie la m:

iBleslinile Matt rempli jier 6 a S II de liiiDlde >Kllli|ae. mmi: JiiksLi d'apris une phnloeraphlc).

58 324 OPÉRATIONS stJR l'otérus et ses annexes.

chronique, avec sclérose et induralion du pérlloîne pariétal et viscéral: Vascite évacuée, et la tumeur extirpée, les intestins se trouvÈrentrélraclés sous le diaphragme, de telle sorte qu'il resta à remplacement du kyste UD vide énorme et impossible à combler. Une 6* malade présentait une tumeur maligne et des accidents fébriles qui avaient fait songer à une collection suppurée. Les 3 dernières étaient atteintes de tumeurs mal limitées. Terrier, chez l'une d'elles, avait pensé à l'existence d'un kysle dermoïde de l'ovaire ; il s'agissait de masses colloïdes (1) dilTuses, qui donnèrent lieu à des interventions iucomplÈles ; c'est la plus Agée de ces femmes qui survécut le plus longtemps (prts de 18 mois). Deux de nos opérées de tumeurs végétantes restent sans récidive.

3" Grossesse exira-ulérine. — Nous terminerons cette série de laparatomies en mentionnant un cas de grossesse exlra-ulérine abdominale ; le fœtus remua jusqu'à 9 mois et l'opérnlion ne fut pratiquée que 4 mois plus tai'd : il n'y avait plus trace de liquide amniotique, La malade quitta la clinique au bout de 3 semaines.

Si nous récapitulons les résultats de ees 7S cas, nous trouvons en bloc 6 morts opératoires, qui se répartissent ainsi :

62 tumeurs non suppurées des ovaires et des ligaments larges (39 kystes, 3 fibromes) : i mort, 75 ans, broncho-pneumonie (kysle , sans adhérences).

3 tumeurs suppui'éee, compliquées dans un cas de diabète, dans un autre d'abcÈs de lu trompe, et chaque fois de péritonite subaiguË généralisée : 2 morts. La malade qui guérit, ûgée de 23 ans, demeura près de 48 heures après l'opération presque sans connaissance; la température, de plus de 40» au moment de l'intervention, ne tomba que le 3' jour.

9 tumeurs de mauvaise nature : tumeurs végétantes avec asrile ou péritonite chronique ; cancer colloïde ; 3 morts. 2 de ces opérées vivent encore (tumeurs végétantes avec ascite); deux autres ont eu une survie de plus d'un an (1 tumeur végétante et i cancer colloïde enkysté (60 ans).

|l| Mous iTUDB Observé Éjilemenl eliei un colloldti da péritoine, dont le poial de dépirt n'

324 OPÉRATIONS SUR l'OTÉRUS ET SES ANNEXES. 59

Page 1