IV. — ORIGINE INFECTIEUSE DES DILATATIONS BRONCHIQUES
Les arguments qui plaident en sa faveur sont nombreux. Ils ont été défendus par Marfan et V. Hutinel. L’expérimentalion a permis de créer des dilatations bronchiques par injection intra-péritonéale de cultures dé staphylocoque chez le rat (Thiroloix et Debré, 1908), ou par injection de cultures microbiennes dans la paroi bronchique elle-même (Smith, 1930).
L'étude clinique nous apprend, en outre, la fréquence des bronchiectasies post-infectieuses (grippe, rougeole,
coqueluche).
En revanche les objections ne manqueñt pas : l'infection créée par une broncho-pneumonie est aiguë, mais pas assez profonde pour disloquer à ce point l’armature bronchique. La plupart des dilatations post-infectieuses sont d’ailleurs du type cylindrique, et constituent un groupe à part. En outre, l'existence de bronchiectasies sèches, hémoptoïques
NH OpeS
pures, vierges de toute infection endo-bronchique est un argument de grande valeur à opposer à cette théorie.
I1 est certain que les processus inflammatoire du poumon peuvent se compliquer de dilatations bronchiques : mais il faut la gravité des délabrements causés par un abcès (abcès bronchiectasiant de Sergent), la longue évolution progressive d’une sclérose pulmonaire : tuberculose (Grancher), atteinte par les gaz de combat (Bonnamour). syphilis.
L'importance attribuée à la syphilis mérite que nous nous y arrêtions un instant. Pour l’école lyonnaise (Tripier, Paviot, Bériel, Favre), un foyer de pneumonie hyperplasique est tout d’abord élaboré. En son sein apparaissent ensuite des néoformations alvéolaires et des cavités dont les parois empruntent leur structure aux conduits bronchiques. L’infection secondaire &nvahit par la suite ces cavités. L’épithélium cubique de revêtement des néo-bronches ou des néo-alvéoles signerait le processus syphiltique.
L'intervention des spirochètes dans la genèse de certaines bronchiectasies est indiscutable, mais rare. Elle n’explique que les dilatations ampullaires, pseudo-kystiques. Les ectasies cylindriques se développent sous d’autres influences. Bonnamour sépare complètement les formes ampullaires dont l’origine syphilitique serait incontestable, et les formes cylindriques, de causes diverses. Peut-être cet auteur pousse-t-il un peu loin le souci de la schématisation, mais la distinction pathogénique de ces deux aspects s'impose. Ne tombons pas dans l'erreur des Anglo- Saxons qui nient toute intervention de la syphilis, et sachons la rechercher, au cours de l'examen du malade. Celui-ci révèlera parfois d’autres stigmates de spécificité, et l’on ne devra pas négliger les réactions sérologiques.
Quant à l'infection secondaire des cavités, elle reconnaît des sources diverses : inflammation des voies respi-
SP SRE
ratoires supérieures, maladie infectieuse générale (grippe, rougeole), suppurations chroniques des sinus adjacents aux fosses nasales. Hodge (1935), Adams et Churchill (1937), ont montré la fréquence de ces dernières, et la nécessité de les traiter, avant d’opposer aucune thérapeutique aux bronchiectasies elles-mêmes. Nous reviendrons d’ailleurs sur ce sujet, en étudiant les méthodes médicales de traitement. |
On peut donc admettre, à l'heure actuelle, que l'infection endo-bronchique vient se greffer sur des dilatations pré-existantes. Deux théories pathogéniques restent à dis- LEE es PS
—- La théorie vasculaire.
— La théorie congénitale.