‹ Traitement Chirurgical des BronchiectasiesChapitre 30 sur 98 · HAT · texte numérisé non relu

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Leurs caractères sont trop classiques pour que nous insistions longuement à leur sujet : toux et expectoration matinales, par quintes successives, qui nettoient les bronches du malade et évacuent le contenu purulent accumulé endant le sommeil.

En général, cette vomique matinale laisse assez de répit pour que la journée s’écoule dans un calme relatif. Mais les sécrétions peuvent être abondantes au point d’obliger le malade à vide: ses bronches plusieurs fois par jour en des quintes pénibles et répétées.

L’expectoration, dit-on, se dépose dans le crachoir en quatre couches. Il est loin d’en être toujours ainsi : le degré de l'infection commande l’aspect des crachats. Tantôt verdâtres, inodores, presque nummulaires, tantôt grisâtres, fétides, extrêmement fluides, ils ne présentent souvent aucune aération : la couche superficielle, mousseuse, est alors absente.

Le malade, le médecin, le chirurgien, aussi différents que puissent être leurs points de vue, reconnaissent le poids du fardeau créé par ces deux symptômes :

se L’expectoration crée le malade. Elle en fait un infirme et le désespère.

— L’expectoration, aux yeux du médecin, est le témoin de l'infection endo-bronchique, du principal facteur de gravité des Bronchiectasies.

— L’expectoration pose au chirurgien un problème infiniment complexe : il ne peut intervenir, en effet, avec quelque sécurité, que sur des cavités préalablement vidées de leur contenu septique, donc chez des malades dont l’ex- pectoration sera préalablement tarie.

Développons ces trois points de vue.

a) L’'expecturation est d’autant plus gênante qu’elle est plus #bondante el plus fétide. Inodore, uniquement matinale et évacuée en petites quantités, elle ne constitue pas un obstacle important à l’activité sociale du malade, qu’il soit.enfant ou adulte. Celui-ci aura l'impression de n’être

qu'un « bronchitique », qui, chaque matin, au réveil, fait « la toilette de ses bronches ».

Elle atteint, en d’autres occasions, une abondance considérable : 100, 200 et jusqu’à 400 grammes par 24 heures. Ce n’est plus une quinte de toux qui secouera le patient, mais dix, quinze, vingt dans la même journée, accompagnées de ces crachats épais, sales et malodorants, auxquels le malade le plus stoïque ne parvient pas à s’habituer. La fétidité, en s’ajoutant à la quantité, aggrave encore linfirmité : l’haleine dégage une odeur infecte ; dans la bouche, un goût écœurant persiste, qui enlève tout appétit au malade.

L’expectoration, la fétidité de lhaleine ne sont pas seulement une gêne pour le malheureux malade. Elles incommodent aussi son entourage, ses parents, ses camarades de travail ou de jeu. Elles donnent à la Dilatation des Bronches un retentissement social sur lequel nous aurons à revenir à propos du pronostic.

Le malade demande donc, avant tout, au médecin de le délivrer de la toux et surtout de cette expectoration, d’au- {ant plus intolérable qu'elle est plus abondante et plus fétide. |

b) Aux yeux du médecin, l'expectoration est un symptôme qui témoigne de linfection des cavités bronchiques. Elle n’existe que dans la mesure où des germes microbiens ont pénétré dans leur intérieur. Une poussée inflammatoire broncho-pulmonaire, sinusienne ou rhino-pharyngée ouvre la porte à l'infection secondaire des Bronchiectasies. Chaque hiver apporte une recrudescence à l’expectoration, même en dehors de tout épisode cliniquement perceptible.

L’infection endo-bronchique commande l'apparition des complications : les caractères de l’expectoration nous jermettent ainsi de les prévoir, et nous apportent un fidèle élément de pronostic.

Sais

c) Le chirurgien est hanté par le taux de l’expectoration. J1 redoute que l'intervention, radicale ou non, la mobilise et la chasse dans les parties saines du poumon, pour y créer des complications post-opératoires redoutables. Il est donc nécessaire de diminuer par un traitement médical l'infection endo-bronchique.

Le chirurgien doit ainsi établir, avec le plus grand soin :

I. — Les caractères de l’expectoration, son aspect, son odeur.

II. — La courbe du taux de l’expectoration qui lui per- mettra de suivre son évolution sous l’influence des diverses thérapeutiques.

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