ROUE
scissures. La certitude de l'intégrité absolue d’un lobe est cependant à ce prix. Bianco et Capurro conseillent de rechercher les zones de condensation du lipiodol: elles cor-
respondent à la lèvre supérieure des scissures. Ce pheno-
Fi. 5 — Disposition schématique des Bronches et de la Scissure interlobaire, à gauche, de face et de profil (d'après BIANCO et CAPURRO).
Lobe Supérieur: |. Bronche dorsale supérieure. 3. Bronche ventrale supérieure.
Lobe Inférieur: 2. Bronche dorsale inférieure. 4. Bronche ventrale inférieure.
mène est très net à la limite des lobes supérieur et moyen. lorsque le premier est sain. Il apparaît sous forme d’une fine bande, plus sombre, plus riche en images alvéolaires. qui tranche sur la clarté du parenchyme sous-jacent. Les cavités bronchiectasiques semblent, en effet, intercepter
AT
la totalité du liquide opaque, au détriment des alvcoles. Si l’on augmente la quantité de lipiodol, on n'obtient rien de plus : ce fait confirme l’atélectasie alvéolaire, le manque absolu d'aération des lobes bronchiectasiques.
Le clinicien, muni des clichés de face et de profil, peut donc affirmer l'existence de Dilatations Bronchiques et en préciser la situation exacte (fig. 6 et 7).
Fi. 6 — La radiographie de face, sans préparation, montre le rehquat d’une pleurésie purulente de la grande cavité, à droite.
3° Pouvons-nous tabler sur linfaillibilité du lipiodol ? Il convient, tout d’abord, d’en réduire le nombre des échecs par la mise au point d’une technique sûre, par la répétition des tentatives et l’emploi d’une anesthésie, si cela est nécessaire.
Nous avons vu, plus haut, l'incertitude qui s'attache aux images de dilatations cylindriques. |
Enfin, il convient d'éliminer un certain nombre de lésions susceptibles d’être opacifiées par le lipiodol :
SR +0 en
__ LES KYSTES DU POUMON. Images annulaires, régulières, uniques ou multiples, aux parois nettes et minces, au sein d’un parenchyme clair, normal. Debré et Gilbrin, Pruvost, Livieratos et Brincourt, Armand-Delille et Lestocquoy les placent dans le cadre des Dilatations des Bronches Congénitales. Nous ne nous rangeons pas à leur avis et nous en
Fic. 7. — Deux mois plus tard, un Fic. 7 bis. — La vue de profil préip olol révèle l'existence de bron- cise la localisation unilobaire des chiectasies moniliformes du lobe lésions.
inférieur.
avons déjà exposé les raisons au chapitre anatomique. De plus, si le problème thérapeutique est un peu analogue, le diagnostic ne pose pas les mêmes questions. Les kystes, parfois très volumineux, peuvent évoquer l’idée d’une caverne tuberculeuse, d’un pneumothorax localisé, lésions
qu'on ne discute même pas en face d’une image lipiodolée de Bronchiectasie.
— LES PLEURÉSIES CHRONIQUES ENKYSTÉES. Charton. dans sa thèse inspirée par le Professeur Santy, a longuement insisté sur la fréquence des fistules bronchiques au cours
des empyèmes chroniques. Une expectoration chronique peut ainsi être entretenue par une collection pleurale enkystée : le lipiodol dessine alors une cavité périphcrique, une < flaque » étalée contre le gril costal ou la coupole diaphragmatique. En face d’un tel aspect, il ne faut pas oublier que la suppuration de ces cavités pleurales est souvent créée par une bronchiectasie. On les recherchera avec soin, au cours de l’analyse du film radiologique, car elles modifient l'orientation de la thérapeutique.
— LES ABCÈS DU POUMON. Il est classique de dire que les AbcèS du poumon ne sont pas opacifiés par le lipiodol. Ce fait, joint au contexte clinique, permettrait de les distinguer des autres images à niveau liquide visibles sur les films sans préparation.
Sergent a cependant présenté des cas d’abcès vrais remplis par l'huile iodée. Et il établit la règle suivante : un abcès du poumon ne s’injecte par le lipiodol que s’il existe des dilatations sur la bronche dont il dépend. Il faut rechercher celles-ci avec soin pour établir la notion d’un
abcès bronchiectasique ou bronchiectasiant.
4° DIAGNOSTIC ÉTIOLOGIQUE. Certains auteurs ont cherché à établir des relations entre l’aspect lipiodolé des Bronchiectasies et leur étiologie. Bonnamour affirme que les images ampullaires correspondent à des lésions syphilitiques (maladie kystique de Tripier) et que les dilatations cylindriques reconnaissent des causes infiniment variables (post-infectieuses, gazés, etc….).
Sous la direction de Sergent, Poumeau-Delille, dans sa thèse, a tenté de modifier le cadre nosologique des Dilatations Bronchiques, à partir des données lipiodo-radiologiques.
Ces essais de classification sont intéressants, mais n’apportent aucune donnée nouvelle à la thérapefitique. Il ne faut peut-être pas demander au lipiodol plus qu’il ne peut
LG UEe
donner. Le chirurgien saura se contenter de trois £ertitudes :
—— L'existence de Bronchiectasies.
= Leur localisation à telle ou telle partie du Poumon. -— L’'atteinte où l'intégrité du Parenchyme pulmonaire. Seul l'examen radiologique sans préparation, puis après injection de lipiodol peut lui fournir ces renseignements. sans iesquels aucune indication thérapeutique ne peut être posée. *
Il. — Tomographie.
L'intérêt des coupes radiologiques du Poumon n’est pas très considérable dans les Dilatations Bronchiques. Leur cure chirurgicales n’exige pas, comme celle des Abcès, une localisation au, centimètre près. Elles sont plus disséminées, plus éparpillées dans le Parenchyme pulmonaire. Enfin, elles échappent bien souvent, comme nous l’avons vu, à l'exploration radiologique sans préparauon.
MM. Paliard, Jaepiot et Viallier-Raynard ont publié, cependant, Pobservation d’un malade chez lequel l2xistence de Bronchiectasies ne fut soupçconnée qu'après une tomographie Sur le film simple, en effet, l’état de l'arbre bronchique était entièrement caché par la sclérose pulmonaire.
L'étape radiologique du diagnostic des Dilatations Bronchiques est celle à laquelle le clinicien et le chirurgien doivent s'arrêter le plus longtemps. Is doivent y apporter tous leurs soins el toute leur attention, et rester en collaboration intime avec le radiologue. Ce temps, ces soins, cette attention ne seront pas perdus : le traitement qu'ils opposeront à la maladie, l'avenir même du malade. en dépendent.