‹ Traitement Chirurgical des BronchiectasiesChapitre 35 sur 98 · MT · texte numérisé non relu

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coudée porte l'huile iodée, préalabfement chauffée à JO sur la base de la langue. Elle la laisse couler en un mince filet vers le laryrx où Tappellent les profondes inspirations ordonnées au malade.

MM. Cordier et Mounier-Kuhn recommandent le contrôle radioscopique de l'injection. Ils mettent ainsi en évidence les troubles de la cinétique bronchique : ceux-ci n’ont pas toujours la valeur d’un symptôme, au cours des Bronchiectasies. Mais il est utile de les constater, en face d’une bronchorrée chronique qui ne fait pas sa preuve anatomique. Ce contrôle permet, en outre, de saisir la lésion et de la fixer sur le film au moment le plus opportun.

L’opacification des trois lobes à droite, des deux lobes. à gauche, est indispensable. Le malade doit être bascule en position de Trendelenburg pour conduire le lipiodoi dans les bronches du lobe supérieur. On ne peut davantage se passer d’un cliché de profil : Yexamen des deux poumons se fera donc séparément, l’un après l’autre, en commençant par le côté supposé malade. On évitera ainsi la superposition des images qui rend illisible une radiographie de profil.

Nous insistons, enfin, sur les précautions techniques suivantes :

1° JIlne faut pas tenter de lipiodoler un malade qui {raverse une poussée congestive. L'huile iodée n’est pas nocive, puisqu'on l’a conseillée comme antiseptique local. Mais lirritation de l'arbre trachéo-bronchique s'oppose par des quintes de toux énergiques à l'introduction du liquide opaque.

2° Le malade doit être préparé à cette manœuvre par une médication sédative, à base de bromure et de chloral dans les jours précédents. Une injection de morphine, quelques minutes avant, évitera bien des déboires.

3° Le lipiodol doit trouver la voie libre. Les bronches seront débarrassées de leurs sécrétions, les cavités vidées autant que possible de leur contenu. Mieux vaut donc une

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injection matinale, à la suite de la vidange quotidienne, ou mieux encore d’une séance de drainage de posture dont on aura vérifié l'efficacité.

4° Tous les auteurs signalent la persistance du lipiodol dans les bronches dilatées, comme dans les alvéoles sains, pendant au moins trois mois. En règle générale, il s’évacue rapidement des cavités bronchiectasiques d’où il est expulsé par les sécrétions purulentes et les quintes de toux auxquelles elles donnent naissance. Mais le lipiodol demeure plus longtemps l'hôte des parties saines du poumon qui tolèrent facilement sa présence. Elles ne léliminent que par le lent processus de la lipopexie et de la lipodiérèse pulmonaire. Si, au cours de cette période, on demande à ce lobe sain de faire les frais d’une lobectomie, de se soumettre à l'effort d'expansion nécessaire au comblement de la cavité pleurale laissée vide, il sera gèné par le lipiodoi. Celui-ci s’oppose à lhyperventilation et à la distension des alvéoles qu'il remplit. Or, cette expansion des lobes restants est un des facteurs essentiels à la réussite d'une lobectomie.

Nous pouvons, par conséquent, et comme le fait actueliement Tudor Edwards, proscrire de façon formelle tout examen lipiodolé du poumon malade, et même du poumon sain, dans les trois mois qui précèdent ‘une lobectomie. On peut, de plus, se contenter de très faibles quantités d'huile iodée : 3 cc. par lobe représentent une dose largement suffisante.

5° Est-il indiqué d’injecter le lipiodol sous contrôle bronchoscopique ou par l’intermédiaire d’une sonde trachéale souple ? (Cordier et Mounier-Kuhn, 1929). Cette méthode permet des opacifications lobaires électives, dont la réussite est certaine. Elle est d’un grand secours dans les explorations lipiodolées post-opératoires. quand iül existe une fistule bronchique. Mais elle se heurte à une complexité technique plus grande, elle nécessite un synchronisme parfait des actes de l’opérateur et du radio-

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logue, et on peut obtenir d'excellentes images sans ÿ avoir recours de facon systématique.

b) VALEUR DU LIPIODOL DANS LE DIAGNOSTIC DES DILATA- TIONS BRONCHIQUES.

1° Le lipiodol moule exactement les parois des bronches dilatées. Les aspects radiologiques sont donc aussi divers que les formes anatomiques, et le film reproduit fidèlement les dilatations cylindriques, ampullaires, moniliformes ou sacciformes. Les comparaisons les plus imagées ont traduit la richesse d’expression des clichés : crayons, plumes d’oie, grappes de glycine, nids de pigeon, doigt de gant, etc. Tous ces aspects sont pathologiques, et seules les ectasies cylindriques peuvent prêter à discussion : à partir de quelles dimensions peut-on parler de dilatation vraie ? Bonnamour et Badolle, à propos des Bronchiecfasies des Gazés, recommandent d'effectuer des mensurations comparatives. En réalité, il est difficile de fixer exactement le point où le normal devient pathologique. Il devient nécessaire de suivre l'injection à la radioscopie, de répéter les examens, et de ne pas accorder, dans les cas douteux, à l’examen radiologique la valeur décisive qui est ordinairement la sienne.

2° Le lipiodoi bronchique localise exactement les lésions. Encore faut-il savoir interpréter parfaitement les clichés de face et surtout de profil, et connaître de facon précise la topographie lobaire et la situation des scissures. D'Hour, Bianco et Capuro, Mile Renié dans sa thèse, ont apporté, à ce sujet, d’intéressants documents. (Fig. 4 et 5.)

De face, le lobe moyen droit et le lobe supérieur gauche retombent sur le lobe inférieur. Si les lésions sont plurilobaires, elles se superposent et il devient impossible de les Iocaliser avec précision. me

De profil, au contraire, on peut distinguer les bronches lobaires qui se séparent dans le sens antéro-postérieur : la

bronche moyenne se dirige en bas et en avant, au-dessus de la coupole diaphragmatique, tandis que l'arbre bronchique inférieur s’épanouit en arrière, au contact de l’ombre des

corps vertébraux, et jusque dans le sinus costo-diaphrag-

Fic. & — Disposition schématique des Bronches et des Scissures interlobaires, à droite, de face et de profil (d’après BIANCO et CAPURRO) (|).

Lobe Supérieur : Bronche apicale.

Bronche dorsale supérieure.

Bronche ventrale supérieure.

Bronche dorsale moyenne.

5} 5, Bronche dorsale inférieure.

fe

Lobe Inférieur:

Bronche ventrale inférieure.

Bronche ventrale moyenne.

Lobe Moyen :

Bronche infra-cardiaque.

matique, en bas. À gauche, le lobe moyen ou Lingula s’individualise parfaitement, grâce à une topographie bronchique analogue, du reste du lobe supérieur.

Il peut être souvent difficile de repérer exactement les

(1) Nous signalons une erreur de ce cliché. Le n° 2, à gauche, devrait signaler Ja bronche sous-jacente à la bronche apicale (n° |) et indiquer que cette brenche sans repère est la bronche dorsale supérieure droite.

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