III. —— L’'ANESTHÉSIE LOCALE
Si les méthodes d’anesthésie générale ont presque toutes trouvé leur source dans les pays anglo-saxons, on peut attribuer à l’anesthésie locale en chirurgie thoracique une origine française indéniable. Dès ses premières tentatives
Fic. 13. — Appareil à anesthésie locale sous pression. Le cadre de droite supporte une petite bombe de gaz carbonique et le manomètre qui la contrôle. À gauche, le réservoir et le manche qui supporte le trocart coudé.
de thoracoplastie, le Professeur Bérard et ses élèves adoptèrent l’anesthésie locale ou loco-régionale, pour sa simplicité et la sécurité qui s’attachent à son emploi. L’expérience acquise par le Professeur Santy au cours de nombreuses interventions thoraciques devait amener naturellement à faire confiance à une méthode qui ne lui avait donné jusque là que des satisfactions : les conditions physio-pathologiques des exérèses pulmonaires peuvent s’accorder parfaitement avec la technique que nous utilisons.
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L'emploi de Pappareil à injections sous pression Atomos (voir fig. 13) permet d'infiltrer largement la paroi d’une solution diluée de novocaïne, à 1/200. L’anesthésie des plans à traverser pour pénétrer dans le thorax s’effectue progressivement, et le blocage des nerfs intercostaux n’est réalisé qu'après incision de la peau, du tissu cellulaire sous-cutané, et des muscles larges qui recouvrent les espaces. On parvient ainsi à repérer le paquet vasculo-nerveux avec le maximum de précision, et à l’infiltrer largement.
Cette infiltration doit s'étendre non seulement à toute la. longueur de l’espace incisé, mais encore aux nerfs des deux ou trois espaces sus et sous-jacents. On obtient, de cette manière, une insensibilisation qui permet lécartement large des côtes, et qui s'étend à la plèvre pariétale, sur une vaste surface.
L’anesthésie locale est très facile à réaliser. Elle ne nécessite pas la collaboration d’un spécialiste de la narcosé EFllesconserve le réflexe de toux au cours de l’intervention, et le malade, conscient, évite, par ses réactions, le déclanchement de réflexes dissimulés par une anesthésie générale. Le poumon, auquel on ne demande aucun effort supplémentaire, reste absolument calme et ne subit aucune surcharge fonctionnelle.
L’anesthésie locale est valable pour tous les types d'intervention, aussi bien pour les lobectomies que pour les exérèses {otales (Obs. n° 3 et n° 11).
Sa valeur apparaît dans les observations que nous détaillons plus loin. Les courbes ci-contre (fig. 14 et 15) démontrent la régularité de l’évolution des différents tests de Flanesthésie (pouls, tension artérielle). Nous n’avens d’ailleurs pas la prétention d’être les seuls à nous être engagés dans cette voie. Brunn, en 1932, préconise déià: l'emploi de Passociation « Avertine-Locale ». Burnett. en 1937. en vante les avantages.
Mais on ne doit pas, pour cela, en dissimuler les inconvénients : elle n’assure pas l’analgésie du pédicule et il
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devient nécessaire de la compléter au moment de la :nise en place du tourniquet et de la ligature des éléments du moignon. Nous injectons, à ce moment, une faible dose d’Evipan, que nous préférons à l’administration de cyclopropane. Le circuit fermé impose toujours au gaz une certaine tension : le poumon se gonfle, et les manœuvres pédiculaires deviennent très délicates.