SOUDE
sion semble échapper à la technique habituelle, qui fait courir à l’opéré d’incontestables dangers. Aussi n'est-ce pas aux solutions anesthésiques «hyperbares» qu'il faut s'adresser. mais à la percaïne hypobare, selon la méthode de Jones.
Nous ne dirons qu’un mot de l’anesthésie péridurale de Dogliotti, dont la technique, très délicate, exige un doigté particulièrement précis. M. le Docteur Bonniot l’a abandonnée après quelques tentatives, devant les dangers d’un échec (injection dans les espaces sous-arachnoïdiens de 200 ce. de Novocaïne).
Shenstone et Shields, de Torento, ont été les premiers à préconiser la méthode de Jones pour les exérèses. Magill l'utilise depuis quatre ans et nous décrirons la technique que nous avons vu pratiquer au Brompton Hospital et qu'il a exposée en 1936 :
Injection préalable d’éphédrine et de morphine (2 cg. 5). 4 ce. de nembuthal, si le malade est pusillanime.
Rachicenutèse entre L3 et L4, le malade étant assis, la tête en hyperflexion.
Injection d'une solution de Percaïne au 1/1.500°, dont la quantité en centimètres cubes correspond au tiers de la distance qui sépare la 7° vertèbre cervicale du point d’in-. jection, exprimée en centimètres.
L’injection est poussée lentement, en 40 secondes environ. Le malade est maintenu dans la même attitude pendant une minute. Puis on l’étend sur le côté, en plaçant un coussin en regard de la 5° dorsale. Le corps épouse la forme d’un V renversé, la tête basse.
L’anesthésie est obtenue en dix minutes environ. Elle dure trois heures : maïs la percaïne se fixe rapidement sur les racines postérieures, et le malade peut être assis dans son lit dès la fin de l'opération, en prenant la pré-
caution de soulever ses jambes. Magill insiste beaucoup sur ce dernier point.
Rinck a légèrement modifié la technique de Magill, er effectuant l'injection dans la position opératoire. Il réalise ainsi une anesthésie strictement unilatérale.
Les avantages de la rachianesthésie pratiquée selon ces principes sont incontestables : elle assure un silence respiratoire parfait, et garantit au poumon opposé une ventilation normale. Elle n’interdit pas l’application d’un masque étanche sur le visage, en vue d’une inhalaton d'oxygène sous pression. Elle réalise, de plus, l’insensibilisation absolue des nerfs intercostaux : la plèvre pariétale peut être incisée sans la moindre sensation pour le malade. Enfin la rachi conserve le réflexe de toux et évite Pintubation trachéale.
On peut lui reprocher, cependant, sa technique délicate : une erreur dans la position de l’opéré suffit à meper le liquide hypobare vers les centres supérieurs et à provoquer une syncope mortelle. Elle est réservée aux lobectomies : l’incision des exérèses totales ne laisse pas une marge de sécurité suffisante, car elle remonte jusqu'à awtou swvertébre dorsale, en arrière. Beaucoup de chf:rurgiens redoutent la chute de tension provoquée par !* blocage des racines postérieures : il faut avouer que le: courbes de pression artérielle établies par Magill ne présentent pas de chute brutale, et leur silhouette rappelle exactement celles des anesthésies générales ou locales. Eaofin il est bon de signaler que les malades ne semblent pas accuser de céphalées post-opératoires.
Les résultats obtenus par Magill, auprès de Tudor Edwards, dans les lobectomies pour bronchiectasies, plaident énergiquement en faveur de la rachianesthésie. Il ne semble pas, cependant, qu’elle lui ait permis d’éviter les quelques rares complications pulmonaires homo ou controlatérales qui se glissent dans sa statistique : il nous a avoué. en novembre 1938, que leur pourcentage était sensiblement le même que celui des anesthésies générales.
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